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Le Souffle du Bourreau

last update publish date: 2026-09-16 22:58:17

Le silence de la nuit était redevenu le maître absolu des appartements privés. Dans le grand lit dévasté, les draps de soie noire n'étaient plus qu'un océan de plis et de froissements, témoins muets de l'embrasement de leurs corps. Laurale reposait la tête sur le torse puissant de Basile, écoutant le rythme enfin apaisé de son cœur. La main du soldat caressait distraitement la cambrure de son dos nu, dans un geste d'une tendresse possessive qui contrastait avec la fureur de leur étreinte. Ils f
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  • Les amants maudits   Le Souffle du Bourreau

    Le silence de la nuit était redevenu le maître absolu des appartements privés. Dans le grand lit dévasté, les draps de soie noire n'étaient plus qu'un océan de plis et de froissements, témoins muets de l'embrasement de leurs corps. Laurale reposait la tête sur le torse puissant de Basile, écoutant le rythme enfin apaisé de son cœur. La main du soldat caressait distraitement la cambrure de son dos nu, dans un geste d'une tendresse possessive qui contrastait avec la fureur de leur étreinte. Ils flottaient dans cette léthargie délicieuse et coupable qui suit les grands cataclysmes charnels.Soudain, le corps de Basile se figea. Sa main s’arrêta net sur la peau de Laurale.Chaque muscle de son dos se tendit comme un câble d'acier sous tension. Ses yeux gris d'orages, quelques secondes plus tôt embrumés de sommeil et de plaisir, s'ouvrirent, d'une clarté de prédateur.— Basile ? murmura Laurale, surprise par ce changement d'atmosphère subit. Qu'est-ce qu'il y a ?— Chut, fit-il d'un ton se

  • Les amants maudits   L’Heure du Crime

    Vingt heures. Le crépuscule étirait ses ombres mauves sur les façades de pierre de la demeure, installant un calme trompeur sur le domaine. C’était l’heure du dîner du personnel de maison, un intermède de quarante-cinq minutes durant lequel les domestiques, les cuisiniers et les intendants se rassemblaient dans l’office du sous-sol. À l'étage noble, les couloirs se vidaient de leurs pas feutrés. La prison dorée s'endormait pour un court répit, laissant Laurale seule dans l'immensité de sa suite privée.Elle n'avait pas dîné. Assise sur la méridienne de velours bleu nuit de son boudoir, elle fixait la porte close. Sa robe gris anthracite de la journée était froissée, déboutonnée de quelques crans au col pour laisser sa gorge respirer. La tension de l'après-midi, cette proximité étouffante dans la galerie des tableaux, s'était muée en une attente fébrile. Elle savait que la corde était trop tendue. Elle savait que l’un d’eux allait céder.Le déclic fut presque imperceptible.La poignée

  • Les amants maudits   Le Poids du Secret

    La lumière blanche du matin succéda à la fureur de l'orage, lavant le ciel de ses teintes de soufre pour ne laisser qu'une clarté crue, presque clinique. Dans sa chambre, Laurale s'était éveillée bien avant l'aube, le corps encore vibrant des secousses de la veille, mais l'esprit submergé par une ombre nouvelle. Le réveil n'apportait pas la délivrance, il apportait la réalité.Sur son drap de lit resté désespérément lisse, elle fixait ses propres mains. Elles avaient touché la peau brûlante d'un autre homme. Elles avaient pactisé avec l'interdit. Dans le silence oppressant du domaine, la culpabilité s'installa, lourde, visqueuse, s'insinuant dans la moindre de ses pensées. Si Hubert découvrait ce qui s'était passé dans la serre, la survie de son père et sa propre existence voleraient en éclats. La peur, froide et méthodique, venait de remplacer l'ivresse de la transgression.Elle passa la matinée enfermée, prétextant une migraine auprès de la gouvernante. Mais à treize heures, l'enfer

  • Les amants maudits   L'Embrasement du Verre

    Le fracas de la tempête s’atténua d’un coup lorsque Basile poussa la lourde porte métallique de la serre, y entraînant Laurale avant de la refermer derrière eux. À l’intérieur, le vacarme de l'orage se transforma en un tambourinement assourdissant sur les milliers de vitres de la structure. L’air y était chaud, moite, saturé de l’odeur de la terre noire et des essences capiteuses des fleurs exotiques. Un climat tropical, étouffant, qui trancha radicalement avec la fraîcheur de la pluie dont ils étaient encore ruisselants.Ils étaient essoufflés, le cœur battant à tout rompre. Laurale se tenait au milieu de l’allée centrale, les bras ballants, l'eau coulant en cascades de ses cheveux sombres pour imbiber le sol de gravier blanc. Sa robe de coton gris, collée à sa peau comme une seconde enveloppe, dessinait sans la moindre pudeur la cambrure de ses hanches, la ligne de ses jambes et le relief de sa poitrine tendue par le froid et l’excitation.Basile restait près de la porte, les muscle

  • Les amants maudits   Le Baptême de l'Orage

    Le ciel sur la capitale avait fini par céder sous le poids de l’encre et du soufre. Dès la fin de l’après-midi, les nuages s’étaient amassés au-dessus du domaine des Valtierre, lourds, ventrus, d’un violet presque noir qui effaçait la ligne d’horizon. Puis, la première estocade du tonnerre avait ébranlé les vitrines du château. Une pluie diluvienne, sauvage et verticale, s’était abattue sur le parc, transformant les pelouses impeccables en un marécage de boue et de feuilles arrachées.À l’étage, Laurale étouffait. Hubert était parti depuis vingt-quatre heures à peine, mais la demeure, vidée de sa présence, lui semblait paradoxalement plus étroite que jamais. L’air intérieur, saturé par la climatisation et le parfum des lys blancs disposés dans les vases de Sèvres, lui brûlait les poumons. Chaque seconde passée entre ces murs lambrissés augmentait l’électricité qui lui courait sous la peau depuis sa rencontre manquée avec Basile au bord de la piscine.Elle n’en pouvait plus d’attendre.

  • Les amants maudits   Le Répit Électrique

    Le vrombissement lourd du moteur de la limousine noire s’estompa le long de l'allée des hêtres, laissant derrière lui un silence inhabituel. Sur le perron de la demeure, Laurale observa les imposantes grilles de fer forgé se refermer. Hubert venait de partir pour Francfort. Trois jours. Soixante-douze heures de négociations exclusives et de fusions bancaires qui, pour elle, résonnaient comme une libération conditionnelle.Aussitôt, l’air du domaine sembla s'alléger. Le personnel de maison troqua sa rigidité protocolaire contre des gestes plus souples, et le château, d'ordinaire si semblable à un mausolée, retrouva une brise de vie. Mais pour Laurale, cette légèreté apparente était un leurre. L’absence du maître des lieux ne faisait que braquer les projecteurs sur l’autre présence masculine de la maison. Celle qui ne la quittait jamais.Dès le premier après-midi, la liberté retrouvée prit une tournure obsessionnelle. Sans Hubert pour imposer ses rituels de soumission, Laurale décida de

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