LOGINL'appel de Chloé arriva un mardi. Aria était dans le couloir du premier étage, à mi-chemin entre la chambre de Xavier et la sienne, quand son téléphone vibra contre sa cuisse. Elle décrocha d'un geste machinal, l'oreille attentive au moindre bruit pouvant provenir des appartements de Xavier.
— Il est là, dit Chloé sans le moindre préambule.
Mora a suggéré un dîner, Fontaine a lancé l'alerte, et toute la géométrie du mensonge a fini par s'effondrer. Maintenant, il n'y a plus de rumeurs de Veridia, plus de menaces de Cassandra, plus de bruits de couloir. Il n'y a que le silence de la nuit et cette feuille blanche posée sous la lampe de bureau.Aria a écrit la lettre complète cette nuit-là.Les heures ont coulé sans qu'elle ne lève les yeux, le glissement de la plume sur le grain épais du papier étant le seul repère temporel dans l'obscurité d'Oakhaven. Elle a tout consigné. Elle a écrit la colère des premiers jours, le plan initial échafaudé dans la solitude, cette volonté farouche de venir chercher des réponses auprès de l'homme qui avait brisé leur trajectoir
Elle frappa à la porte du bureau. Les coups contre le bois résonnèrent de manière étrangement solennelle dans le calme de l'étage.— Entrez.Il était au téléphone — elle l'entendit distinctement en poussant la lourde porte, une conversation technique avec Mora qui touchait visiblement à sa fin. Il prononça quelques phrases courtes pour conclure, raccrocha le combiné dans un déclic net, puis tourna son visage vers elle, guidé par le bruit de ses pas.— Rose.— Je dois vous parler, Xavier. Maintenant.Il perçut immédiatement l'inflexion particulière de sa voix — elle le vit à la façon dont ses épaules se modifièrent lé
Aria n'avait pas encore posé son manteau dans le grand hall d'entrée d'Oakhaven que son téléphone personnel se remit à vibrer énergiquement dans sa poche. Les vibrations répétitives contre son flanc la firent sursauter, rompant brutalement le silence de la demeure. Elle s'extirpa de sa torpeur, saisit l'appareil et jeta un coup d'œil à l'écran.Le nom de l'avocat s'affichait en lettres capitales.Fontaine.Elle pivota sur ses talons, rebroussa chemin vers le porche et ressortit sur le perron de pierre pour s'assurer une totale confidentialité, loin des oreilles attentives d'Harold ou de Xavier. Elle décrocha d'une voix pressée.— J'ai quelque chose d'une urgence absolue à vous communiquer, dit l'homme de loi sans mê
L'appel de Chloé arriva un mardi. Aria était dans le couloir du premier étage, à mi-chemin entre la chambre de Xavier et la sienne, quand son téléphone vibra contre sa cuisse. Elle décrocha d'un geste machinal, l'oreille attentive au moindre bruit pouvant provenir des appartements de Xavier.— Il est là, dit Chloé sans le moindre préambule.— Qui ça, « il » ?— Mathieu. Il est arrivé hier soir. Il loge à l'hôtel du village — le seul hôtel de la place, celui avec la vieille devanture verte et les volets fatigués.Aria s'immobilisa net, la main suspendue au-dessus de la rampe en fer forgé.— Il m'a appelée, continua Chloé, la vo
Il y avait deux noms dans sa tête.Xavier s'en était rendu compte un soir — pas un soir précis, pas un moment identifiable que l'on pourrait marquer d'une croix sur un calendrier, mais progressivement. C'était venu comme on réalise qu'un bruit de fond que l'on entendait depuis des heures n'est plus un simple parasite, mais une mélodie entêtante que l'on aurait dû écouter dès le début.Deux noms qui s'entrechoquaient, se complétaient, s'effaçaient tour à tour.Rose.Aria.Il était allongé dans le noir de sa chambre — son noir particulier, cette obscurité dense et sans bords qui était devenue son unique décor depuis sept mois — et il laissait ces deux i
Le vendredi soir, il faisait doux. Assez doux pour qu'ils restent dans le jardin après le dîner — quelque chose qu'ils n'avaient pas fait depuis le soir du baiser, comme si le jardin nocturne était devenu un territoire à ne pas réoccuper trop vite.C'est Xavier qui y alla le premier. Aria le vit depuis la fenêtre du salon — sa silhouette haute se découpant au fond de l'allée, près du kiosque, la main posée sur la fonte comme toujours.Elle sortit. Il l'entendit arriver sur le gravier. Il ne se retourna pas.— Je pensais à quelque chose, dit-il quand elle fut à côté de lui.— Oui ?— La première fois que j'ai rencontré Aria Quinn, dit-il. C'était lors d'







