Mag-log in#Liée au parrain à vie (Enceinte de l'oncle de ma meilleure amie )
#L'imagination mon monde
#Auteur : O.M.F
CHAPITRE 4
*****Sophie Dubois
Le taxi s'arrête devant mon immeuble. Je paie le chauffeur avec les quelques billets qui me restent, sans même vérifier la monnaie. Je monte les escaliers quatre à quatre, mes talons claquant sur les marches usées. Ma robe noire, celle que j'étais si fière de porter, est froissée. Elle sent encore le parfum d'Adrian. Le bois de santal. Le danger. Le regret.
Je claque la porte derrière moi. Je m'adosse contre le battant. Et je m'effondre.
Les larmes jaillissent avant même que je puisse les retenir. Des sanglots violents, douloureux, qui secouent tout mon corps. Je glisse le long de la porte jusqu'au sol, mes genoux contre ma poitrine, mes bras enroulés autour de moi.
— Idiote, je murmure. Idiote, idiote, idiote.
Je revois son visage. Ses yeux gris. Sa bouche sur la mienne. La façon dont il m'a touchée. La façon dont il m'a prise. Comme si j'étais la seule femme au monde. Comme si cette nuit signifiait quelque chose.
Et puis le réveil. Le lit vide. Les draps froids. Le silence.
Il est parti. Sans un mot. Sans un regard. Sans un appel. Comme si je n'étais rien. Comme si je n'avais été qu'un divertissement. Un corps à utiliser. Un jouet à jeter.
Je m'essuie les yeux avec le dos de ma main. Mon mascara coule sur mes joues, laissant des traînées noires. Je m'en fiche. Je m'en fiche de tout.
— Tu savais que c'était dangereux, je me dis à moi-même. Liliane t'avait prévenue. Elle t'avait dit de ne pas t'approcher de lui. Mais non. Il a fallu que tu joues les héroïnes. Il a fallu que tu restes. Il a fallu que tu couches avec lui.
Je me relève péniblement. Je me traîne jusqu'à ma chambre. Je me regarde dans le miroir. Mon reflet me renvoie l'image d'une fille brisée. Les yeux rouges. Le visage décomposé. La robe de mes rêves, maintenant souillée par la trahison.
— Plus jamais, je murmure. Plus jamais je ne me laisserai avoir par un homme. Plus jamais je ne ferai confiance. Plus jamais je ne serai aussi bête.
Je retire ma robe. Je la jette dans un coin de la pièce. Je me glisse sous la douche. L'eau brûlante ruisselle sur ma peau, emportant les traces de sa présence. Mais elle ne lave pas la douleur. Elle ne lave pas la honte.
Je reste sous l'eau jusqu'à ce qu'elle devienne froide. Puis je m'enroule dans un peignoir. Je m'effondre sur mon lit. Je fixe le plafond. Les larmes continuent de couler, silencieuses cette fois.
— Je ne le reverrai jamais, je murmure. Je ne veux plus jamais le revoir.
Je ferme les yeux. Et je prie pour que le sommeil m'emporte. Pour que le matin efface cette nuit. Pour que je puisse oublier Adrian Chevalier. Mais au fond de moi, je sais que c'est impossible. On n'oublie pas un homme comme lui. On survit. C'est tout.
*****Adrian Chevalier
L'avion privé file vers New York. Je suis assis dans mon fauteuil de cuir, un verre de whisky à la main. Le liquide ambré tourne dans le verre, mais je n'y touche pas. Je fixe le hublot, les nuages qui défilent, et je repense à la nuit dernière.
Sophie. Son visage. Sa peau. Ses gémissements. La façon dont elle s'est abandonnée à moi.
Je serre les dents. Non. Ce n'était pas elle. C'était la drogue. La substance que quelqu'un a mise dans mon verre. Et cette personne... c'était peut-être elle.
Je pose mon verre sur la table. Je sors mon téléphone. Je compose le numéro de mon bras droit, Marc.
— Patron. Vous êtes bien arrivé ?
— Peu importe. J'ai besoin d'une enquête. Discrète. Sur Sophie Dubois.
Un silence à l'autre bout du fil.
— La styliste ? La meilleure amie de Mlle Liliane ?
— C'est ça. Je veux savoir qui elle est vraiment. Son passé. Ses fréquentations. Ses finances. Et surtout... je veux savoir si elle a approché quelqu'un pour obtenir de la drogue. Quelque chose qui se met dans un verre. Inodore. Incolore.
— Vous pensez qu'elle vous a drogué ?
— Je pense qu'elle a profité de la situation. Elle est jeune. Elle est fauchée. Elle voulait peut-être entrer dans la famille. Ou obtenir quelque chose de moi. Je veux la vérité.
— Comptez sur moi, patron. Je vous rappelle dans 48 heures.
Je raccroche. Je ferme les yeux. Mais le sommeil ne vient pas. Sophie hante mes pensées. Son regard quand je lui ai dit de partir. Sa voix quand elle a murmuré mon nom. Et cette nuit... cette nuit qui aurait dû être un piège, mais qui a ressemblé à quelque chose de réel.
Non. Je ne peux pas me permettre de douter. Dans mon monde, la méfiance est une armure. Et cette armure m'a sauvé la vie plus d'une fois.
******
Deux jours plus tard. New York.
Le téléphone vibre sur mon bureau. C'est Marc. Je décroche immédiatement.
— Parlez.
— Patron. J'ai les résultats de l'enquête sur Sophie Dubois.
— Je vous écoute.
— Sophie Dubois, 20 ans. Fille unique. Père décédé il y a dix ans d'une crise cardiaque. Mère infirmière à la retraite. Elle est étudiante en dernière année à l'école des Beaux-Arts. Elle travaille comme assistante dans un petit atelier de création à Paris pour payer ses études. Elle a des dettes. Des factures impayées. Elle vit dans un appartement modeste.
— Rien de suspect ?
— Rien. Son casier est vierge. Ses fréquentations sont limitées. Elle ne sort pas beaucoup. Ses seuls contacts proches sont sa mère et Liliane Chevalier. Elle n'a aucun lien avec le milieu. Aucun lien avec la drogue.
Je serre le combiné. Mon estomac se noue.
— Et... est-ce qu'elle a approché quelqu'un pour obtenir de la drogue ?
— Non, patron. J'ai vérifié. Elle n'a jamais acheté de substance illicite. Elle n'a même jamais touché à la drogue. Ses amis la décrivent comme quelqu'un de droit, de gentil. Un peu naïve, peut-être. Mais pas calculateur.
Le silence s'installe. Je ferme les yeux. Les pièces du puzzle s'assemblent dans mon esprit.
— Marc... vérifiez autre chose pour moi. Le verre de whisky. Celui que j'ai bu ce soir-là. Est-ce qu'il a été analysé ?
— Oui, patron. J'ai fait analyser les restes. La substance était du GHB. Un sédatif puissant. Mélangé à une hormone de désir. Quelqu'un voulait que vous perdiez le contrôle. Totalement.
— Qui avait accès à mon verre ?
— Beaucoup de monde. Les serveurs. Les invités. Mais j'ai vérifié les caméras de sécurité. Une personne s'est approchée de votre verre pendant que vous étiez sur l'estrade.
— Qui ?
Un silence. Puis :
— Silvia Delacroix.
Le nom me frappe comme une gifle. Silvia. Ma fiancée. La femme que je devais épouser dans six mois. La fille d'un homme d'affaires influent. Une alliance stratégique. Rien de plus. Je n'ai jamais aimé Silvia. Elle le sait. Mais elle veut mon nom. Mon pouvoir. Mon argent.
— Vous êtes sûr ?
— Les caméras ne mentent pas, patron. Elle a versé quelque chose dans votre verre. Puis elle est partie. Elle vous a regardé boire. Et elle a souri.
Je raccroche sans un mot. Ma main tremble. Non pas de peur. De rage.
Silvia. Cette garce. Elle a essayé de me droguer pour me compromettre. Pour me filmer. Pour me faire chanter. Pour m'obliger à l'épouser. Et à cause d'elle... j'ai cru que Sophie était la coupable.
Sophie. La douce, l'innocente Sophie. Qui n'a que 20 ans. Qui est venue à mon secours. Qui m'a offert sa peau, son corps, sa chaleur. Qui m'a donné une nuit que je n'oublierai jamais. Et moi, je l'ai rejetée. Je l'ai traitée comme une moins que rien. Je suis parti sans un mot.
Je me lève brusquement. Je renverse mon fauteuil. Je frappe le mur de toutes mes forces. La douleur explose dans mes jointures. Mais je m'en fiche. La douleur physique est plus facile à supporter que la culpabilité.
— Patron ? Vous allez bien ?
Marc est encore en ligne. Je ne l'ai pas entendu raccrocher.
— Préparez l'avion. Je retourne à Paris. Immédiatement.
— Tout de suite, patron.
Je raccroche. Je saisis ma veste. Je sors de mon bureau comme un fou. Les employés s'écartent sur mon passage. Ils connaissent ce regard. Le regard du loup. Celui qui annonce une tempête.
#Liée au parrain à vie (enceinte de l'oncle de ma meilleure amie)#Auteur : O.M.F#CHAPITRE 11 ******Adrian Chevalier Je reste là un moment, tapi dans l'ombre de cette ruelle, derrière une poubelle qui empeste l'urine et la bière rance. Mon cœur cogne encore contre mes côtes, mes mains tremblent et ma chemise est trempée de sueur. Pourtant, je ne bouge pas. Je reste immobile, les yeux rivés sur le coin de la rue, à attendre, à guetter, à espérer qu'elle revienne. Mais elle ne revient pas. Sophie ne revient jamais.Je le sais depuis cette nuit à Paris, celle où je me suis réveillé dans un lit d'hôtel avec un trou noir dans la mémoire. Cette nuit où j'ai cru qu'elle m'avait drogué, qu'elle avait profité de moi, qu'elle n'était qu'une arriviste.Je sors mon téléphone de ma poche. Mes doigts composent le numéro de Marc, et il répond dès la première sonnerie.— Monsieur Chevalier ?Sa voix est calme, professionnelle, mais je perçois cette pointe d'inquiétude qu'il ne peut pas cacher. Mar
#Liée au parrain à vie ( Enceinte de l'oncle de ma meilleure amie)#Auteur : O.M.F#Chapitre 10AIl se tient là, dans son costume noir, les mains dans les poches, le regard dur. Il n'a pas l'air en colère. Il a l'air... calme. Trop calme. C'est ce qui fait peur. C'est ce qui fait que l'homme qui me tenait lâche prise immédiatement.— Qui... qui êtes-vous ? Demande-t-il, la voix mal assurée.— Peu importe qui je suis. Ce qui importe, c'est ce que vous êtes. Un homme qui importune une femme qui ne veut pas de vous. Dans mon monde, ça ne se fait pas. Et je n'aime pas ce qui ne se fait pas.— Votre monde ? De quoi vous parlez ?Adrian ne répond pas. Il s'approche. Lentement. Chaque pas résonne dans le silence qui s'est installé autour de nous. La musique continue, mais les clients proches se sont tus. Ils regardent. Ils attendent. Ils sentent que quelque chose de dangereux se profile.— Vous allez partir. Maintenant. Et vous allez oublier cette femme. Et vous allez oublier ce club. Parce
#Liée au parrain à vie (Enceinte de l'oncle de ma meilleure amie )#Auteur : O.M.F#CHAPITRE 9 Après réflexion, je me lève pour mon boulot de servante dans une boîte de nuit. Car oui, je fais deux boulots. Je suis à l'hôtel la journée et la nuit, je suis au club pour servir des boissons.Ce soir, comme toutes les nuits, je couche les jumeaux. Je leur lis une histoire. Je les embrasse sur le front. Je vérifie que la porte est bien fermée. Je vérifie que la fenêtre est bien verrouillée. Je vérifie que le babyphone fonctionne puis je pars.Ils sont seuls. Endormis. Dans leur petit lit. Dans notre petit appartement. Et moi, je marche dans la nuit, le ventre noué, le cœur serré, en essayant de ne pas penser à ce qui pourrait arriver. Un incendie. Un cambriolage. Un cauchemar. Un réveil en pleurs sans maman pour les consoler.Mais je n'ai pas le choix. Les factures n'attendent pas. La vie n'attend pas. Et les enfants ont besoin de manger.Le Club Éclipse se trouve dans une rue sombre, derr
#Enceinte de l'oncle de ma meilleure amie #L'imagination mon monde #Auteur : O.M.F#CHAPITRE 8 *******Sophie Dubois******Cinq ans.Cinq ans depuis cette nuit. Cinq ans depuis l'hôpital. Cinq ans depuis la lettre. Cinq ans depuis qu'Adrian Chevalier a disparu de ma vie.Je m'appelle Sophie Dubois. J'ai vingt-cinq ans maintenant. Je suis femme de chambre à l'Hôtel du Lac, à Annecy. Un petit hôtel trois étoiles, coincé entre le lac et les montagnes. Un endroit tranquille. Discret. Loin de Paris. Loin de tout.Personne ici ne connaît mon passé. Personne ici ne sait d'où je viens. Personne ici ne sait qui est le père de mes enfants. Mes enfants. Mes jumeaux. Ma raison de vivre.Lucas et Léa. Cinq ans. Deux petits monstres adorables qui remplissent ma vie de chaos et de bonheur. Lucas a mes yeux bruns et mes cheveux bouclés. Léa a les yeux gris de son père. Un gris glacial, presque transparent. Chaque fois que je la regarde, je vois Adrian. Et mon cœur se serre.Mais je les aime. Plus q
#Liée au parrain à vie (Enceinte de l'oncle de ma meilleure amie )#Auteur : O.M.F#CHAPITRE 7 ********Adrian ChevalierLe bureau est plongé dans la pénombre. Je suis assis dans mon fauteuil, une cigarette consumée entre les doigts, le regard perdu dans le vide. Deux mois. Deux mois que je la cherche. Deux mois que je vis dans l'obsession. Sophie Dubois. Son nom ne quitte pas mon esprit.La porte s'ouvre brusquement. Marc entre en courant, le souffle court, une chemise cartonnée contre sa poitrine.— Patron !Je lève à peine les yeux.— Quoi ?— Patron, on a du nouveau. Sur Sophie.Mon cœur s'arrête. Je me redresse lentement.— Parle.— Elle n'a jamais quitté Paris.Je me lève d'un bond.— Quoi ?— Elle est restée dans son appartement tout ce temps. Elle ne sortait pas. Elle ne répondait à personne. Elle semblait malade.— Malade ? Comment ça, malade ?— On ne sait pas exactement. Mais elle a été à l'hôpital. Deux fois.— Deux fois ? Quand ?— La première, il y a deux mois. La deuxiè
#Liée au parrain à vie (Enceinte de l'oncle de ma meilleure amie )#Auteur : O.M.F#CHAPITRE 6 ********Sophie DuboisTrois semaines ont passé. Trois semaines depuis cette nuit. Trois semaines depuis qu'Adrian Chevalier a disparu de ma vie comme un voleur dans la nuit.Je n'ai pas quitté mon appartement. Je n'ai pas répondu aux appels de Liliane. Je n'ai pas mis les pieds à l'atelier. J'ai prétexté une grippe. Une fatigue passagère. Un besoin de repos. Mais la vérité, c'est que je ne peux pas affronter le monde. Pas encore.Je passe mes journées recroquevillée sur mon canapé, un plaid sur les épaules, les rideaux tirés. Je regarde des séries que je ne regarde pas vraiment. Je bois du thé que je ne bois pas vraiment. Je pense à lui. Tout le temps. À ses yeux gris. À sa voix grave. À la façon dont il m'a tenue contre lui.Et puis je me souviens du réveil. Du lit vide. Du silence. Et la colère monte. Une colère froide, amère, qui me ronge de l'intérieur.— Plus jamais, je murmure pour la







