MasukPoint de vue de LancelotLa bouche du Bêta se referma brusquement et même Ria s'immobilisa. La voix n'avait rien d'un cri, et pourtant elle emplit la cuisine d'une autorité telle que mon loup baissa la tête.La foule se dispersa et chacun se précipita contre les murs, faisant place à la silhouette qui approchait des ténèbres.Une canne de bois frappa le sol de pierre, puis il apparut.« Mon père ? Comment est-ce possible ? » pensai-je.Ses cheveux argentés étaient en désordre et son visage paraissait plus maigre que dans mon souvenir.Une main agrippée à une canne de bois, l'autre appuyée contre l'encadrement de la porte, il reprit son souffle, mais ses yeux étaient ouverts et flamboyaient de la même puissance royale qui s'était éveillée en moi.Je le fixai, incapable de bouger.« Père ? »Mon loup laissa échapper un petit gémissement incrédule. Mon père releva le menton et scruta la cuisine. Son regard parcourut Ria, le Bêta, et les anciens effrayés avant de se poser sur moi.Puis i
Point de vue de Lancelot« Elle ? Une servante que tout le monde méprise ? Une fille au passé criminel et au sang maudit ? » poursuivit Ria.Brielle baissa les yeux et j'entendis le bruit de sa gorge lorsqu'elle déglutit difficilement.Je ne comprenais pas comment, mais je ressentais toutes les émotions qui la traversaient.« Ne parle pas d'elle comme ça », l'avertis-je.Ria me fixa, incrédule.« Pourquoi ? T'a-t-elle déjà ensorcelé ? Est-ce ça ? A-t-elle utilisé un stratagème pour te faire croire qu'elle est ton âme sœur ? »Mes lèvres se retroussèrent.« Dis un mot de plus sur elle, et tu le regretteras. »Ria tressaillit.Le Bêta s'interposa entre nous, son expression se durcissant. « Réfléchis bien à ce que tu fais, jeune Alpha. »Je le regardai, les mains écartées comme s'il expliquait quelque chose à un enfant. « Ton père est malade. Le conseil est divisé. Les meutes de l'alliance surveillent chacun de tes mouvements. Tu viens de réveiller un pouvoir insoupçonné, et au lieu de
Point de vue de LancelotJe passai en trombe devant la table la plus proche.Mon épaule heurta le bord, faisant voler en éclats des coupes d'argent. Du vin éclaboussa la nappe blanche, mais je ne m'arrêtai pas.J'entendis des cris derrière moi.Une voix paniquée appela même les gardes, mais je continuai à courir.Je ne savais pas ce que je cherchais, mais je descendis le grand escalier, passai devant la salle du conseil et tournai au coin.Mes griffes claquaient sur le sol de pierre à chaque pas. Je remarquais à peine la distance, tant l'odeur s'intensifiait à chaque tournant, m'envahissant les narines jusqu'à ce que je ne puisse plus penser à rien d'autre.Mon loup me poussa à accélérer. « Là. » Il me donna un coup de museau.Je m'engageai dans le passage menant aux quartiers de service. Les cuisines étaient au fond, mais je la sentais déjà.Les portes s'ouvrirent brusquement et je me précipitai à l'intérieur. La cuisine était presque plongée dans l'obscurité.Seule la lueur rouge du
Point de vue de LancelotDès que l'horloge de grand-père sonna onze heures, les conversations dans la grande salle s'interrompirent.Les chaises grinçaient sur le sol tandis que les invités reculaient, dégageant l'estrade.Tous les regards se tournèrent vers le grand prêtre, qui se tenait là, une coupe d'argent dans une main et un vieux poignard cérémoniel dans l'autre.« L'heure de la transition est arrivée », annonça-t-il.J'avalai ma salive avec difficulté en montant sur l'estrade. La pierre froide pressa contre mes genoux tandis que je m'agenouillais au centre.Le grand prêtre leva les mains et commença à chanter dans une langue ancienne. Sa voix emplit la salle, s'amplifiant à chaque verset.Il trempa deux doigts dans la coupe d'argent et frotta les herbes sacrées sur mon front. Puis il les fit glisser sur ma poitrine.Je trempai légèrement sous l'impact tandis qu'une chaleur commençait peu à peu à se répandre sous ma peau. Je jetai un coup d'œil à mes mains ; mes doigts tremblai
Point de vue de Lancelot« Tu n'as pas le droit de faire ça. »Ses mots m'ont touché plus fort que je ne l'aurais cru.Avant que je puisse resserrer mon emprise sur son poignet, Brielle a plaqué ses deux mains contre ma poitrine de toutes ses forces.Je ne m'y attendais pas.J'ai trébuché en arrière et mes doigts ont lâché prise autour de son poignet.Elle a profité de l'occasion pour se dégager, me dépassant en courant dans le couloir avant que je puisse l'arrêter.« Brielle ! Attends ! »J'ai tendu la main vers elle, mais mes doigts ont seulement effleuré le bord de sa robe. Elle a tourné au coin et a disparu avant que je puisse la rattraper.Haletant, j'ai fixé l'endroit où elle se tenait. Ma main picotait encore à cause de la façon dont elle s'était éloignée.« Arrrgggg ! » ai-je crié, vaincu et frustré. Je n'avais même pas réussi à empêcher Brielle de partir. Rien dans ma vie ne semblait se dérouler comme je le souhaitais. ** Le lendemain soir, la grande salle de la maison de la
Point de vue de Lancelot« Lancelot ! » cria Rafe.Mon attention était rivée sur les élèves éparpillés dans la cour, qui discutaient et révisaient leurs examens, mais je les remarquais à peine.« Lancelot, il faut qu'on parle de la patrouille du nord. Il y a un créneau dans l'emploi du temps, et je pense qu'on devrait… »« Je m'en fiche », l'interrompis-je. « Débrouille-toi. C'est ton boulot, non ? »Rafe s'arrêta net.Je sentais bien son agacement, mais avant qu'il puisse répondre, quelqu'un m'appela.« Lance ! »Je me retournai et vis Ria s'approcher, vêtue d'une magnifique robe et de talons argentés. Elle arborait un sourire radieux, comme si rien ne s'était passé entre nous deux nuits auparavant.Sans demander la permission, elle passa son bras dans le mien.« J'ai décidé de te pardonner d'avoir été si impoli l'autre jour », dit-elle d'une voix douce. « Je sais que ton anniversaire te stresse. Allez, viens, on va en cours ensemble. »Je regardai Rafe, espérant qu'il dirait quelque







