ANMELDENNIQUEJe luttais pour entrer par la porte d’entrée de mon appartement ; ces sacs étaient lourds. Les yeux de Raquel s’écarquillèrent.– Mon Dieu ! Tu as acheté toutes les boutiques ? –– Peut-être – je grimace.J’avais fait le plein, j’avais besoin de tout ce qu’il fallait pour mon week-end secret avec Adrien.Je posai les sacs et courus vers la salle de bain.– Comment s’est passée ta journée ? – lançai-je en passant.– Bien – répondit-elle – Mon dieu ! Cette lingerie… c’est pour qui ?Mes yeux s’agrandirent, oh non… Elle avait fouillé dans mes achats.– Euh… – je fermai ma braguette et me lavai les mains – Qu’est-ce que je pouvais dire ?– J’ai un rendez-vous ce week-end – mentis-je, enfin… pas tout à fait un mensonge. Il y avait un peu de vérité là-dedans.Je contournai l’angle et vis la lingerie en cuir noir et dentelle étalée sur la table de salle à manger.– Avec qui ? – railla Raquel – Et bon Dieu, il y a de quoi habiller dix rendez-vous !Je pris un teddy en dentelle et le lev
NIQUEMon souffle s’accrocha alors que je le regardais. Il avait l’air si perdu, si brisé, ses yeux étaient sauvages– Je ne vais pas épouser Louis –Il fronça les sourcilsJe fis un pas vers lui, franchissant encore une fois cette ligne que ma conscience me criait de ne pas franchir– Moi non plus je ne veux pas du second choix –On se fixa, immobiles– Mais… tu es retournée avec lui –– Non. Je ne le suis pas –– Kavish me l’a dit –– Il s’est trompé – dis-je, plus ferme cette fois, prenant ses deux mains dans les miennes – Pourquoi es-tu venu en France ?– Je devais te voir –– Pour me dire que tu m’aimais ? –Ses mots étaient beaux et damnation, je voulais juste me jeter dans ses bras, mais savait-il le poids qu’ils portaient ?– Oui –– Dans un monde parfait, Adrien, où nous mènerait ta déclaration d’amour ? –Son front se plissa, il réfléchissait– Comment cela pourrait-il marcher ? – le pressai-je. C’était un séducteur, un briseur de cœur. Je ne survivrais pas à sa trahison– S
NIQUEJe buvais mon café en scrutant les plans. Peut-être que je devais ajouter un mur ici… Ça pourrait servir de nouvelle entrée, créer un espace supplémentaire… Oui, ça pourrait marcher. J’avais désespérément besoin de plus de place dans ce coinIl y avait une agitation sourde dans l’air. Les voix se mêlaient, occupées, légères, presque joyeuses… Moi, je restais dans ma bulle, mon refuge : mon bureauJe ne pouvais pas travailler de chez moi. Pas maintenant. J’étais déjà au bord, je savais à quel point le vide était proche… et je ne voulais pas m’en approcher.Alors, pour l’instant, c’était le bureau.Les interruptions ne me dérangeaient pas. Qu’elles viennent. C’était toujours mieux que de pleurer seule sur mon canapé.On frappa à la porte– Entrez – lançai-je sans lever les yeux –La porte s’ouvrit, puis se referma derrière lui. Le silence s’étira, lourd, presque suffocant. Je relevai la tête… et le choc me coupa le souffleAdrienL’émotion me submergea. Sans réfléchir, je me levai
ADRIENJe frappe contre la vitre alors que ma mère s’effondre, mourante. – Maman, je suis là. Tiens bon.Sa tête tombe tandis que j’essaie de défoncer la porte. – Je suis là, Maman. Ne pars pas, attends-moi.Je regarde, impuissante, ses gardes arriver en courant. – Élise ! crie l’un d’eux. Appelle une ambulance !Je frappe frénétiquement à la porte, je n’ai jamais connu une panique pareille.Un cri me réveille. Je me redresse d’un bond, regardant autour de moi dans la chambre sombre et silencieuse, le cœur battant à tout rompre. Qui criait ?C’était moi. Ce sont mes cris qui m’ont réveillée. Putain.Je m’assois et balance mes jambes hors du lit, trempée de sueur. Les coudes sur mes genoux, je reste assise dans l’obscurité. Qu’est-ce qui m’arrive ? Je perds pied.Je sens Jean-Marc entrer dans mon bureau. – Tu es silencieux aujourd’hui, dit-il en posant ses mains sur mes épaules par derrière.– C’est parce qu’il est épuisé, taquine Julien. Sale veinard. Je souffle lourdement. –
NIQUEJe traverse le restaurant et Louis se lève à mon approche. Il m’embrasse sur la joue. – Bonjour. – Salut. Je souris en m’asseyant.– Tu es magnifique. – Oh… j’essaie d’esquiver le compliment. – Comment ça va ? – J’ai connu mieux. Il force un sourire tordu. Un silence gênant s’installe entre nous.Nous essayons de parler en même temps, puis nous nous arrêtons tous les deux.– Vas-y la première, je propose. – Je ne sais pas pourquoi nous avons rompu, mais je veux réparer notre relation. Il saisit ma main sur la table. – Dis-moi qu’on peut le faire, s’il te plaît.– Louis… je laisse échapper un long souffle. Putain. – J’ai des problèmes, soupirai-je. Et ce n’est pas juste de les mêler à notre relation. – Comme quoi ?Je le regarde, cherchant une manière douce de le repousser. Comment faire sans le blesser ?– C’est quelque chose que j’ai fait ? – Non. – La demande… on peut attendre. Si tu n’es pas prête pour le mariage, ce n’est pas grave.Mon cœur tombe et je serre sa
ADRIENJe suis assis dans ma voiture, devant le club. Les garçons m’attendent à l’intérieur… mais j’ai du mal à y entrer.Je suis à plat. Ça ne passe pas… au contraire, ça empire. Chaque jour loin d’elle me semble une éternité. Je n’aurais jamais dû aller à Santorin, depuis je suis déconnecté du monde. Ni ici ni là… vivant ou mort. Je ne peux pas m’empêcher de me demander où elle est, ce qu’elle fait. Je me sens mieux quand je le sais.Je compose le numéro de Kavish ; je surveille ses allées et venues par son intermédiaire.– Salut, boss. – Salut, les ordinateurs seront prêts ce soir. – Parfait. – Tu peux aller les chercher et les livrer à l’aéroport ? L’avion décolle à vingt-trois heures. – Bien sûr.Mon ordinateur a explosé et, vu la sensibilité du contenu qu’il contient, il faut qu’il soit récupéré par quelqu’un de notre équipe. Malheureusement, il vit en France, donc il faut littéralement faire voler notre avion jusqu’à lui avec mon ordinateur, puis revenir. J’ai deux aut







