Share

chapitre 5

last update publish date: 2026-08-23 06:47:58

Je ne savais plus quoi croire.

Je regardais Beatriz sans parvenir à sortir le moindre mot.

Une de la Vega.

Ces quelques mots semblaient absurdes.

Toute ma vie, j’avais été Valeria Mendoza. J’avais grandi avec cette famille, avec cette histoire, avec la certitude que mes parents étaient mes véritables parents.

Et maintenant, en une seule nuit, tout venait de voler en éclats.

Je secouai lentement la tête.

— Non…

Ma voix tremblait.

— C’est impossible.

Beatriz fit quelques pas vers moi.

Elle semblait elle-même avoir du mal à contenir ses émotions.

— Je sais que c’est difficile à croire.

Je levai les yeux vers elle.

— Alors prouvez-le.

Elle s’arrêta.

Aucune réponse ne vint.

Je me tournai vers Alejandro.

— Toi aussi, tu le savais ?

Après un bref silence, il hocha lentement la tête.

— J’avais des soupçons.

Je laissai échapper un petit rire nerveux.

— Des soupçons ?

Je n’arrivais pas à croire ce que j’entendais.

— Tu savais que ma mère avait un lien avec ta famille. Tu savais qu’un enfant avait disparu. Et malgré tout, tu m’as demandé de t’épouser.

Alejandro ne détourna pas les yeux.

— Je ne savais pas avec certitude que cet enfant était toi.

— Mais tu le soupçonnais.

Il marqua une pause.

— Oui.

Je me détournai.

J’avais envie de pleurer. Pourtant, mes yeux restaient secs. Comme si mon corps lui-même refusait de comprendre ce qui était en train de m’arriver.

— Pourquoi personne ne m’a jamais rien dit ?

Beatriz baissa la tête.

Lorsqu’elle répondit, sa voix était beaucoup plus faible.

— Parce que nous pensions que tu étais morte.

Je me retournai d’un coup.

— Morte ?

Elle acquiesça tristement.

— Après l’incendie, nous avons cherché pendant des années. Nous pensions avoir perdu les deux enfants.

Je fronçai les sourcils.

— Les deux enfants ?

Beatriz hocha lentement la tête.

— María avait donné naissance à des jumelles.

Je sentis mon cœur s’arrêter.

Des jumelles.

J’avais donc une sœur.

Je dévisageai Beatriz.

— Où est l’autre ?

Elle ne répondit pas.

Alejandro prit la parole à sa place.

— C’est justement ce que nous essayons de découvrir.

Je me tournai vers lui.

— Vous ne savez pas où elle est ?

— Non.

Je secouai la tête, complètement perdue.

— Alors comment pouvez-vous être certains que je suis l’une d’elles ?

Alejandro s’avança vers moi.

— Parce que ta mère nous a laissé quelque chose.

Il glissa la main dans sa veste et en sortit une petite boîte en bois.

Je la regardai avec méfiance.

— Qu’est-ce que c’est ?

— Une preuve.

Il ouvrit la boîte.

À l’intérieur reposait un petit bracelet en argent.

Je cessai de respirer.

Je le connaissais.

Je l’avais porté pendant toute mon enfance.

Ma mère m’avait toujours raconté qu’il appartenait autrefois à ma grand-mère.

Je tendis la main et le pris délicatement.

Mes doigts parcoururent le métal froid.

Puis je remarquai le petit symbole gravé à l’intérieur.

Une couronne entourée de deux étoiles.

Beatriz porta une main à sa bouche.

Des larmes apparurent dans ses yeux.

— C’est le symbole de María.

Je relevai brusquement la tête.

— Comment ma mère a-t-elle pu avoir ça ?

Beatriz essuya rapidement une larme.

— Parce qu’elle était là lorsque María a accouché.

Je fronçai les sourcils.

Puis une pensée me traversa.

— Attendez…

Je regardai Beatriz.

— Vous avez dit que María avait donné naissance à des jumelles.

Elle acquiesça.

— Oui.

Je serrai le bracelet dans ma main.

— Alors où est l’autre enfant ?

Personne ne répondit.

Le silence qui s’installa était plus parlant que n’importe quelle réponse.

Quelqu’un savait.

Quelqu’un avait gardé cette vérité cachée pendant vingt-six ans.

Et soudain, une évidence me frappa.

— Ma mère.

Alejandro me regarda.

— Quoi ?

Je relevai les yeux vers lui.

— Elle sait où est ma sœur.

---

À l’aube, je quittai enfin la chambre.

Je n’avais pas fermé l’œil de la nuit.

Ma tête était remplie de questions, et plus j’essayais de remettre les choses dans l’ordre, plus tout devenait confus.

Je descendis lentement les escaliers.

Lorsque j’arrivai au salon, je trouvai Alejandro debout devant les grandes fenêtres, son téléphone à la main.

Il semblait attendre.

Il se retourna en m’entendant approcher.

— Tu savais que je descendrais ?

— Oui.

Je m’arrêtai à quelques pas de lui.

— Je veux rentrer chez ma mère.

Son regard se posa sur moi.

— Je viens avec toi.

Je secouai immédiatement la tête.

— Non.

Ses sourcils se froncèrent.

— Valeria…

— C’est ma famille.

Je pris une inspiration avant d’ajouter :

— Je veux lui parler seule.

Alejandro me fixa quelques secondes.

Je m’attendais à ce qu’il insiste.

Pourtant, il finit simplement par acquiescer.

— D’accord.

Son acceptation si rapide me surprit.

Je m’apprêtais à partir lorsqu’une sonnerie retentit dans le salon.

Alejandro regarda son téléphone.

Son expression changea aussitôt.

Je le remarquai immédiatement.

— Qu’est-ce qu’il y a ?

Il ne répondit pas.

Son téléphone continuait de sonner.

— Alejandro ?

Il décrocha enfin.

— Parle.

Il écouta sans dire un mot.

Quelques secondes plus tard, il raccrocha.

Je m’approchai.

— Qu’est-ce qui se passe ?

Il me regarda.

Son visage était devenu sérieux.

— Nous avons un problème.

Mon estomac se noua.

— Lequel ?

Il soutint mon regard.

— Quelqu’un vient de cambrioler la maison de ta mère.

Je me figeai.

— Quoi ?

— La personne n’a rien volé.

Je le regardai, perplexe.

— Alors qu’est-ce qu’elle cherchait ?

Alejandro serra la mâchoire.

— Les documents concernant ta naissance.

Je ne répondis pas.

Pendant quelques secondes, je n’entendis plus rien autour de moi.

Quelqu’un connaissait le secret.

Et cette personne venait probablement de comprendre que moi aussi, je le connaissais désormais.

Alejandro s’approcha.

Sa voix se fit plus basse.

— Valeria, à partir de maintenant, tu ne dois faire confiance à personne.

Je le regardai longuement.

Puis une question me vint naturellement.

— Même pas à toi ?

Il resta silencieux.

Son regard ne quitta pas le mien.

Enfin, il répondit d’une voix douce :

— Surtout pas à moi.

Un frisson me parcourut.

Je ne savais plus quoi penser de cet homme.

Alejandro était mon mari, du moins sur le papier.

Il connaissait ma famille.

Il connaissait mon passé.

Et pourtant, il continuait à garder certaines choses pour lui.

À cet instant, je compris que mon faux mari détenait probablement encore une partie de la vérité.

Une partie qu’il ne m’avait pas révélée.

Continue to read this book for free
Scan code to download App

Latest chapter

  • Mariée au milliardaire pour me venger    Chapitre 6

    Je restai devant Alejandro sans parvenir à dire un mot. Les documents concernant ma naissance… Cette simple pensée me donnait la chair de poule. — Les documents concernant ma naissance ? Alejandro acquiesça lentement. — Oui. Mon cœur se mit à battre plus vite. — Donc… quelqu’un savait qu’ils existaient. — C’est ce que je pense. Je sortis mon téléphone avec des doigts fébriles et composai immédiatement le numéro de ma mère. Une sonnerie. Puis une deuxième. Une troisième. Rien. Je raccrochai avant de rappeler aussitôt. Encore une fois, aucune réponse. Je fixai l’écran de mon téléphone. — Elle ne décroche pas… Alejandro attrapa ses clés. — On y va. Je levai les yeux vers lui. — Je viens avec toi. Il me lança un regard bref, presque surpris que je puisse penser le contraire. — Évidemment. Quelques minutes plus tard, nous étions déjà en route. Je regardais par la fenêtre, mais Madrid défilait devant mes yeux sans que je distingue vraiment les bâtiments ou les voitur

  • Mariée au milliardaire pour me venger    chapitre 5

    Je ne savais plus quoi croire.Je regardais Beatriz sans parvenir à sortir le moindre mot.Une de la Vega.Ces quelques mots semblaient absurdes.Toute ma vie, j’avais été Valeria Mendoza. J’avais grandi avec cette famille, avec cette histoire, avec la certitude que mes parents étaient mes véritables parents.Et maintenant, en une seule nuit, tout venait de voler en éclats.Je secouai lentement la tête.— Non…Ma voix tremblait.— C’est impossible.Beatriz fit quelques pas vers moi.Elle semblait elle-même avoir du mal à contenir ses émotions.— Je sais que c’est difficile à croire.Je levai les yeux vers elle.— Alors prouvez-le.Elle s’arrêta.Aucune réponse ne vint.Je me tournai vers Alejandro.— Toi aussi, tu le savais ?Après un bref silence, il hocha lentement la tête.— J’avais des soupçons.Je laissai échapper un petit rire nerveux.— Des soupçons ?Je n’arrivais pas à croire ce que j’entendais.— Tu savais que ma mère avait un lien avec ta famille. Tu savais qu’un enfant ava

  • Mariée au milliardaire pour me venger    chapitre 4

    Chapitre 4 — Ma véritable identitéJe restais plantée devant Alejandro, incapable de bouger.Ma véritable identité.Ces mots revenaient sans cesse dans ma tête.Je finis par secouer la tête.— Qu’est-ce que tu veux dire par là ?Alejandro s’avança doucement, sans me quitter des yeux.— Ta mère ne t’a jamais raconté toute la vérité concernant ta naissance.Je fronçai les sourcils.— Je sais qui je suis. Je m’appelle Valeria Mendoza.— C’est le nom que tu portes.Son ton était calme, mais son regard ne l’était pas.— Seulement, ce n’est pas toute ton histoire.Mon cœur se mit à battre plus vite.Je sentis mes paumes devenir moites.— Alors qui suis-je ?Alejandro garda le silence.Cette fois, je perdis patience.— Réponds-moi !Il détourna les yeux.— Je ne peux pas.— Tu ne peux pas ou tu ne veux pas ?Il resta silencieux quelques secondes.Puis il répondit :— Les deux.Je reculai, complètement bouleversée.J’avais l’impression que le sol se dérobait sous mes pieds.— Tu m’as épousée

  • Mariée au milliardaire pour me venger    chapitre 3

    Je restai sans bouger.Les mots de Sebastián tournaient en boucle dans ma tête.Ta mère a détruit notre famille il y a vingt-six ans.Je regardai Alejandro.Il ne disait toujours rien. Son visage était fermé, mais son regard avait changé. Il semblait plus tendu qu’auparavant.Je finis par demander :— Qu’est-ce que ça signifie ?Sebastián croisa lentement les bras.— Demande-le à ta mère.Je serrai les mâchoires.— Je vous pose la question à vous.— Tu n’es pas prête à entendre la réponse.Cette phrase fit monter ma colère d’un cran.— Je viens d’épouser votre frère. Je pense que j’ai le droit de savoir pourquoi toute votre famille me regarde comme si j’étais une criminelle.Alejandro s’approcha de moi.— Valeria, monte dans la chambre.Je le fixai, abasourdie.— Non.— Ce n’est pas une discussion.Je laissai échapper un rire nerveux.— Justement ! Depuis que je suis arrivée ici, personne ne veut me parler franchement.Je désignai Sebastián du doigt.— Votre frère vient de m’annoncer

  • Mariée au milliardaire pour me venger    chapitre 2

    Je restai quelques secondes à regarder ma signature au bas du contrat.C’était fait.J’avais vraiment accepté de passer six mois mariée à un homme que je connaissais à peine.Alejandro, lui, ne semblait pas le moins du monde troublé. Il récupéra les documents, les rangea soigneusement dans son dossier, puis le referma.— C’est fait.Je levai les yeux vers lui.Son calme m’agaçait presque.— Tu n’as même pas l’air surpris.— Je savais que tu accepterais.Je fronçai les sourcils.— Tu sembles bien sûr de toi.Il haussa légèrement les épaules.— Je connais les personnes qui n’ont plus rien à perdre.Je ne trouvai rien à répondre.Je détournai le regard vers la réception.La musique continuait de jouer derrière les grandes portes. Les invités riaient, discutaient, levaient leurs verres… comme si rien ne s’était passé.Ils étaient venus célébrer mon mariage avec Mateo.Et maintenant, ce mariage n’existait plus.Je pensai à lui.Il devait probablement encore me regarder partir.Pourtant, co

  • Mariée au milliardaire pour me venger    chapitre 1

    Je n’aurais jamais pensé qu’une seule soirée pouvait suffire à détruire toute une vie.Quelques minutes plus tôt, j’étais encore heureuse. Vraiment heureuse.La grande salle de réception brillait sous les lustres. Les conversations se mêlaient aux rires, les verres s’entrechoquaient et des centaines d’invités étaient venus assister à mon mariage avec Mateo Salazar.L’homme que j’aimais depuis trois ans.Ma robe blanche glissait derrière moi tandis que je me préparais à entrer dans la salle. Mes mains tremblaient légèrement, mais je n’arrêtais pas de sourire.J’étais nerveuse.J’étais heureuse.Je croyais même être la femme la plus chanceuse du monde.Puis mon téléphone vibra.Je sortis l’appareil de mon sac, pensant recevoir un message d’un proche.Mais lorsque la photo apparut à l’écran, mon sourire s’effaça.Je restai figée.Sur l’image, Mateo embrassait une femme.Je connaissais cette femme.Camila.Ma cousine.Pendant quelques secondes, je cessai simplement de respirer.Non.Mes y

More Chapters
Explore and read good novels for free
Free access to a vast number of good novels on GoodNovel app. Download the books you like and read anywhere & anytime.
Read books for free on the app
SCAN CODE TO READ ON APP
DMCA.com Protection Status