LOGINChapitre 49
Alina
Adrian s’endort. Sur le canapé. Sa tête inclinée. Ses traits détendus. Presque enfantins.
Je le regarde. Longuement.
Et je comprends.
Je n’ai plus envie. De le détruire.
La pensée me frappe. En pleine poitrine. Comme une lame.
Je n’ai plus envie. De le faire tomber. De le réduire en cendres. De le voir souffrir. De le voir s’effon
Chapitre 49AlinaAdrian s’endort. Sur le canapé. Sa tête inclinée. Ses traits détendus. Presque enfantins.Je le regarde. Longuement.Et je comprends.Je n’ai plus envie. De le détruire.La pensée me frappe. En pleine poitrine. Comme une lame.Je n’ai plus envie. De le faire tomber. De le réduire en cendres. De le voir souffrir. De le voir s’effondrer. Comme mon père. Le jour du verdict.Je n’ai plus envie. De vengeance. De haine. De colère.Je n’ai plus envie. Que de lui.Et cette pensée. Me terrifie.Je me lève. Doucement. Pour ne pas le réveiller. Je marche. Vers la fenêtre.Et je me sens. Coupable.Coupable. D’avoir trahi. Mon père. Coupable. D’avoir oublié. Ma promesse. Coupable. D’aimer. L’homme. Qui l’a dét
Chapitre 48AdrianJe ne quitte pas le manoir cette nuit. Pour la première fois depuis des semaines. Des mois. Je ne retourne pas dans mon bureau. Je ne m’enferme pas avec mes dossiers. Je ne me cache pas derrière mes secrets.Je reste avec elle.Nous sommes dans le salon. Le feu crépite. Les ombres dansent. Sur les murs. Sur nos visages. Alina est assise sur le canapé. Ses jambes repliées. Sous elle. Sa robe de chambre. En soie pâle. Ses cheveux. Défaits. Ses yeux verts. Posés sur moi.— Tu ne dors pas ? demande-t-elle.— Non. Je n’ai pas sommeil.— Moi non plus.Un silence. Tiède. Complice.— Tu veux qu’on parle ?— De quoi ?— De tout. De rien. De nous.Elle sourit. Ce sourire. Qui me désarme. Qui me brise. Qui me sauve.&nbs
Chapitre 47AlinaLa limousine s’engage dans l’allée du manoir. Les phares trouent l’obscurité. Je suis assise à côté d’Adrian. Sa veste est encore sur mes épaules. Je la serre contre moi. Elle sent son parfum. Je respire. Une fois. Deux fois. Pour me calmer. Pour réaliser. Ce qui vient de se passer. Ce qu’il a dit. Devant tous. Devant les caméras. Devant le monde.La voiture s’arrête. Le chauffeur ouvre la portière. Nous descendons. Le gravier crisse sous nos pas. Le manoir est silencieux. Les domestiques sont couchés. Le hall est désert.Je m’arrête au milieu du hall. Je me tourne vers lui.Il est là. Debout. La chemise entrouverte. Les traits tirés. Les yeux gris. Posés sur moi. Avec une intensité. Qui me coupe le souffle
Chapitre 46VictoriaJe suis dans ma limousine. Les mains crispées sur le cuir. Le regard fixe. Le visage brûlant. De honte. De rage. De haine.Je viens de le voir. Devant les caméras. Devant la nation. Devant moi.Il a pris sa main. Il l'a levée. Il a dit ces mots. Ces mots qui m'ont transpercée. Comme une lame.— Cette femme. Alina Velkor. Est mon unique épouse. Mon unique amour. Ma vie.Les mots tournent dans ma tête. En boucle. Un carrousel. Infernal.Il l'aime. Adrian aime Alina. Ce n'est plus une alliance. Ce n'est plus un contrat. C'est de l'amour. Un amour véritable. Profond. Sincère. Un amour que je n'ai jamais réussi à susciter chez lui. Malgré toutes mes tentatives. Malgré toutes mes manœuvres. Malgré ces années. P
Chapitre 45AdrianJe suis au milieu de la salle. Un groupe de sénateurs. Des rires. Des flatteries. Des mains tendues. Je souris. Je hoche la tête. Je joue mon rôle. Mais quelque chose ne va pas. Quelque chose me manque.Alina.Je tourne la tête. Vers la foule. Je la cherche. Des yeux. Partout. Les robes. Les smokings. Les visages. Pas elle.Mon cœur se serre. Une seconde. Deux. Je balaie la salle du regard. Les écrans. Les photos. Victoria. Et ces murmures. Ces murmures que je n'avais pas entendus. Mais que je devine. Que je sens. Dans l'air. Dans les regards. Dans les sourires en coin.— Où est Madame Velkor ? demandé-je à un serveur qui passe.— Elle est sortie, Monsieur le Sénateur. Sur la terrasse. Elle semblait... bouleversée.
Chapitre 44AlinaJ’entre dans la salle de bal au bras d’Adrian. Robe de mousseline bleu pâle. Cheveux relevés. Sourire plaqué. Je suis l’épouse parfaite. L’épouse souriante. L’épouse épanouie.Mais les regards. Dès que je franchis le seuil. Les regards me frappent. Comme des gifles. Des regards lourds. Hostiles. Venimeux.Les écrans géants. Tout autour. Des photos. D’Adrian. Et de Victoria. Souriants. Complices. Heureux. Le passé. Leur passé.Je sens mon cœur se serrer. Mais je ne montre rien. Je souris. J’avance. Je salue. Je remercie.— Madame Velkor. Ravie de vous voir.— Merci.— Quelle belle soirée.— Oui.Les m







