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Chapitre 3 – Minuit au Souk

last update Tanggal publikasi: 2026-04-01 00:11:56

Merah Vishua fixait l’écran de son téléphone, le cœur tambourinant comme les tambours d’un temple lors d’une fête de Diwali. La photo de son père au volant, avec Zayed souriant à l’arrière, semblait la narguer. La menace était limpide : « Un accident est si vite arrivé. Sois gentille demain, Vishua. »

Elle rangea rapidement le portable dans la poche de son kurti et jeta un regard autour d’elle. Le chemin bordé de palmiers qui menait au dortoir des boursiers était presque désert à cette heure. Seules quelques lumières brillaient encore dans les résidences luxueuses au loin, où les fils et filles de milliardaires devaient probablement siroter des mocktails sur des terrasses avec vue sur la mer.

Minuit. Le souk de Deira. Près du temple Shiva.

Merah savait que c’était risqué. Très risqué. Dubaï la nuit pouvait être magique comme dangereuse, surtout pour une jeune Indienne seule dans les ruelles anciennes de Deira. Mais la voix féminine au téléphone avait semblé sincère, presque urgente. « Ne fais confiance à personne… même pas à moi. »

Elle n’avait pas le choix. Si quelqu’un pouvait l’aider à comprendre le jeu des Kings, elle devait y aller.

Après un rapide dîner froid dans le réfectoire presque vide (du dal et du riz basmati réchauffé au micro-ondes), elle attendit que ses colocataires s’endorment. À 23h40, elle enfila une abaya noire simple par-dessus ses vêtements, rabattit la capuche pour cacher ses cheveux et son visage, et glissa un petit couteau de cuisine dans son sac cadeau discret de son oncle à Mumbai, « au cas où la grande ville deviendrait trop grande ».

Elle sortit du dortoir par la porte de service, évitant les caméras de surveillance autant que possible. Un taxi ordinaire l’attendait à l’entrée du campus. Elle donna l’adresse en hindi au chauffeur pakistanais qui ne posa aucune question.

Le trajet dura une trentaine de minutes. Dubaï changeait de visage la nuit : les gratte-ciel scintillants de Downtown laissaient place aux quartiers plus anciens, plus authentiques. Deira, avec ses souks d’or, d’épices et de textiles, respirait encore l’âme d’un Dubaï d’avant les tours de verre et les îles artificielles.

Merah descendit près du Creek. L’air était chargé d’odeurs d’encens, de safran, de poisson grillé et de shisha. Les ruelles étroites du souk étaient encore animées malgré l’heure tardive : quelques touristes, des marchands qui rangeaient leurs étals, des travailleurs indiens et pakistanais qui discutaient à voix basse.

Elle marcha rapidement vers le petit temple Shiva, un bâtiment modeste coincé entre deux immeubles anciens. La statue de Nandi gardait l’entrée. Merah s’arrêta dans l’ombre d’une arcade, le souffle court.

Une silhouette féminine apparut soudain à quelques mètres d’elle. Grande, mince, vêtue d’un hijab noir élégant et d’une abaya brodée discrètement. Son visage était à moitié caché, mais ses yeux sombres brillaient d’intelligence.

« Merah Vishua ? » murmura-t-elle en s’approchant.

Merah hocha la tête, la main serrée sur la lanière de son sac.

« Qui êtes-vous ? Et pourquoi ce rendez-vous secret ? »

La jeune femme regarda rapidement autour d’elle avant de répondre à voix basse :

« Appelle moi Lina. Je ne peux pas te dire mon vrai nom, pas encore. Je travaille… disons, dans l’ombre, à l’Oasis Crown. J’ai vu ce que Zayed t’a fait aujourd’hui. Et je sais pour la photo de ton père. »

Merah sentit un frisson glacé lui parcourir le dos.

« Comment savez-vous tout ça ? »

Lina sourit tristement.

« Parce que j’ai été à ta place il y a deux ans. Boursière. Intelligente. Trop fière. Ils m’ont brisée en trois mois. J’ai failli tout perdre : ma bourse, ma famille, ma santé mentale. Je suis restée, mais en changeant de rôle. Aujourd’hui je surveille pour d’autres. »

Elle sortit un petit téléphone jetable de sa poche et le tendit à Merah.

« Prends ça. Il est sécurisé. Utilise-le seulement pour me contacter. Les Kings ont des yeux partout : caméras, hackers, même des étudiants payés pour espionner. Zayed ne joue pas. Il collectionne les gens comme des trophées. Aryan s’amuse à les humilier publiquement. Et Kai… Kai est le plus dangereux parce qu’il observe en silence. Il voit ce que les autres ne voient pas. »

Merah prit le téléphone, les doigts tremblants.

« Pourquoi m’aidez-vous ? Qu’est-ce que vous voulez en retour ? »

Lina regarda vers le Creek où un abra (petit bateau traditionnel) passait lentement, illuminé de lumières colorées.

« Parce que je veux voir quelqu’un leur tenir tête enfin. Parce que ton algorithme… oui, je sais pour ton projet secret. Tu n’es pas la seule à avoir des talents cachés. Si tu réussis à les faire tomber, ou au moins à survivre en les faisant saigner un peu, ça changera les choses pour toutes les filles comme nous. »

Merah ouvrit la bouche pour poser une autre question, mais Lina leva soudain la main.

« Chut. On nous observe. »

Au bout de la ruelle, une silhouette masculine se détachait sous un lampadaire. Grand, épaules larges. Merah reconnut immédiatement la démarche : Aryan Kapoor. Il n’était pas seul. Deux autres étudiants, probablement de son cercle, l’accompagnaient.

Lina recula dans l’ombre.

« Va-t’en maintenant. Ne rentre pas directement au campus. Fais un détour par le Gold Souk. Je te contacterai demain. Et Merah… ne sous-estime jamais Kai. Il est déjà en train d’analyser ton profil. »

Lina disparut entre deux étals comme un fantôme.

Merah tourna les talons et marcha vite dans la direction opposée, le cœur battant. Elle entendit des pas derrière elle. Plus rapides.

« Hé ! La petite Indienne ! » cria Aryan d’une voix moqueuse qui résonna dans la ruelle. « Tu te promènes seule la nuit ? C’est dangereux pour une boursière. »

Merah accéléra sans répondre. Ses sandales claquaient sur les pavés irréguliers. Elle tourna à droite, puis à gauche, essayant de se perdre dans le labyrinthe du souk. Les odeurs d’épices lui montaient à la tête. Derrière elle, les pas se rapprochaient.

Elle déboucha sur une petite place où quelques marchands fermaient encore leurs boutiques d’or. Un homme âgé, barbu, la regarda avec inquiétude.

« Beta, tout va bien ? » demanda-t-il en hindi.

Merah secoua la tête et continua. Elle aperçut un abra amarré au Creek. Sans réfléchir, elle sauta dedans.

« Allez ! De l’autre côté ! Vite ! » dit-elle au batelier en lui tendant un billet de 50 dirhams.

Le petit bateau démarra juste au moment où Aryan et ses amis arrivaient sur le quai. Aryan cria quelque chose, mais le bruit du moteur couvrit ses paroles. Merah vit son visage déformé par la colère sous les lumières du Creek.

De l’autre côté, elle descendit et courut vers un taxi. Cette fois elle demanda au chauffeur de la déposer près d’un centre commercial ouvert 24h, puis elle marcha le reste du chemin jusqu’au campus en passant par des rues secondaires.

Il était presque 2 heures du matin quand elle regagna enfin le dortoir. Ses colocataires dormaient profondément. Merah se glissa dans son lit, encore habillée, le nouveau téléphone jetable serré contre sa poitrine.

Elle n’arrivait pas à dormir. Les mots de Lina tournaient en boucle dans sa tête. Zayed collectionnait les gens. Aryan humiliait. Kai observait.

Et elle ? Elle était déjà dans leur viseur.

Vers 3h30, son téléphone personnel vibra. Un message d’un numéro inconnu.

Photo jointe : elle, montant dans l’abra au souk de Deira, le visage clairement visible malgré la capuche.

Le texte disait :

« Jolie promenade nocturne, Vishua. Le souk de Deira à minuit… intéressant choix. Demain, en cours privé, tu vas me raconter exactement avec qui tu as parlé. Sinon, ton père conduira une voiture très différente demain matin. Une ambulance, peut-être. »

Merah sentit la nausée monter. Ils savaient. Ou du moins, ils avaient des photos.

Elle ouvrit le téléphone jetable et tapa un message rapide à Lina :

« Ils m’ont vue. Aryan était là. Qu’est-ce que je fais maintenant ? »

La réponse arriva en moins d’une minute :

« Reste calme. Joue la fille effrayée demain avec Zayed. Donne-lui un petit morceau de vérité pour qu’il se sente puissant. Et prépare-toi. La vraie partie commence bientôt. Tu n’es plus seule. »

Merah éteignit les deux téléphones et fixa le plafond fissuré du dortoir.

Dehors, le Burj Khalifa continuait de briller de mille feux, symbole d’un Dubaï où tout était possible… pour ceux qui avaient le pouvoir.

Elle, Merah Vishua, fille de chauffeur et de mère silencieuse, n’avait rien. Sauf son intelligence. Sauf son secret. Sauf cette rage froide qui grandissait en elle.

Demain, elle affronterait Zayed dans la salle 777.

Demain, elle commencerait à mentir. À manipuler. À survivre.

Et un jour, bientôt, elle ferait en sorte que les Kings regrettent d’avoir posé les yeux sur elle.

Le sommeil finit par l’emporter, agité, rempli d’images de ruelles sombres, de regards perçants et de sourires dangereux.

Le lendemain matin, en arrivant à la Tour Al-Rashid pour le cours privé, Merah découvre que la salle 777 a été complètement transformée. Au centre de la table : son ordinateur portable personnel (celui qu’elle cachait sous son matelas au dortoir). Zayed est assis là, un sourire triomphant aux lèvres. « Tu as cinq minutes pour m’expliquer ce que fait cet algorithme de prédiction financière… et pourquoi il a déjà généré plus d’un million de dollars sur des comptes anonymes. Sinon, je l’envoie directement à la direction de l’académie. Et à ton père. »

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