LOGINChapitre 31
Éléonore
Le hall se vide, les échos des talons s'éteignent, et je me retrouve seule dans l'ascenseur, adossée à la paroi froide, les jambes flageolantes, le cœur cognant si fort dans ma poitrine que je crains qu'il ne se brise à nouveau. Les portes se referment, la cabine s'élève, et je ferme les yeux, essayant de chasser l'image de cette femme, de sa main posée su
Chapitre 50DamienLe silence de l'appartement est doux, presque complice, et je sens le regard d'Éléonore posé sur moi, patient, attentif, comme si elle attendait que je lui ouvre une porte que je n'ai jamais ouverte à personne. Nous sommes assis côte à côte sur le canapé, nos mains proches sans se toucher, et je sais que je vais devoir parler, que je ne peux plus me cacher derrière ma froideur.— Mon père est parti quand j'avais huit ans, dis-je, la voix basse, rauque. Il est parti un matin, sans un mot, sans une explication. Il m'a laissé un mot sur la table, juste un mot : « Sois fort. » Et il n'est jamais revenu.Je sens Éléonore se tendre à côté de moi, mais elle ne dit rien, elle attend.— Ma mère a sombré. Elle passait ses jour
Chapitre 49ÉléonoreJ'ouvre les yeux, et une chaleur douce m'envahit, un apaisement que je ne reconnais pas, comme si mon corps avait enfin cessé de se battre. Damien est assis par terre, le dos contre le canapé, les yeux fermés, la tête inclinée. Je m'approche sans bruit, m'agenouille près de lui, et je le regarde, le cœur battant d'une émotion que je n'ose pas nommer.— Damien, murmuré-je.Il ouvre les yeux, se redresse, et son regard se pose sur moi, attentif, vivant.— Tu es réveillée, dit-il d'une voix rauque.— Tu es resté toute la nuit ?— Je te l'avais promis.— Je pensais que tu partirais, que tu verrais à quel point je suis brisée et que tu fuirais.
Chapitre 48DamienLe jour se lève à peine, et je me tiens près du canapé, à regarder Éléonore dormir. Elle est recroquevillée, une main glissée sous l'oreiller, l'autre pendante, et son visage est enfin détendu, comme si le sommeil l'avait libérée de ses peurs. Je n'ai presque pas dormi, je suis resté assis près d'elle, à veiller, à repousser les ombres de son passé, et maintenant que le matin s'installe, une certitude me frappe en pleine poitrine : je ne veux plus imaginer ma vie sans elle.Cette pensée me serre la gorge, elle me rappelle que je viens de confier mon cœur à une femme qui pourrait, elle aussi, avoir le pouvoir de me détruire. J'ai passé des années à me protéger, à refuser l'amour, à ériger des murs si hauts que p
Chapitre 47ÉléonoreDamien est assis à côté de moi, si proche que je sens la chaleur de son corps, mais il ne me touche pas, il attend, il me laisse l'espace, et cette retenue me bouleverse plus que tout.— Tu veux que je parte ? demande-t-il à voix basse.— Non.— Tu es sûre ? Je ne veux pas que tu te sentes obligée.— Je ne me sens pas obligée. J'ai besoin de toi, c'est différent.Il se tourne vers moi, son regard plonge dans le mien, et je vois qu'il cherche à comprendre, à ne pas brusquer, à ne pas répéter les erreurs des autres.— J'ai peur, Damien.— De quoi ?— De moi. De ce que je ressens. De te faire confiance et de me tromper encore.— Tu as le droit d'avoir peur. Moi aussi, j'ai peur.— Toi ? De quoi tu peux avoir peur ?
Chapitre 46DamienJe l'observe de loin, appuyé contre le mur, les bras croisés. Éléonore traverse la salle, les bras chargés de dossiers, le regard concentré. Elle ne m'a pas vu, et je préfère ça, je peux veiller sur elle sans l'étouffer, sans qu'elle se sente surveillée.Un homme s'approche d'elle, un consultant au sourire trop large, à l'assurance déplacée. Il lui barre la route, se penche vers elle, pose une main sur son épaule. Je vois Éléonore se figer, reculer, ses doigts se crisper sur ses dossiers. Elle secoue la tête, mal à l'aise, et il insiste, se penche encore.Je traverse la salle en quelques pas.— Il y a un problème ?L'homme sursaute, se tourne vers moi, son sourire se fige.— Non, non, aucun problème.— Tu ne la touches plus. Tu ne la regardes plus, tu ne lui adresses plus la parole. Compris ?
Chapitre 45ÉléonoreJe marche aux côtés de Damien, et je ris, un rire clair qui me surprend moi-même, comme si mon corps se souvenait enfin de ce que c'est que d'être heureux. Avec lui, je peux être moi, imparfaite, fatiguée, maladroite, sans honte, sans cette peur de décevoir qui m'a si longtemps écrasée. Il ne me juge pas, il ne me compare pas, il me regarde simplement, avec une douceur qui me donne envie de croire que je peux encore être aimée.— Tu n'as pas besoin d'être parfaite, me dit-il, comme s'il lisait dans mes pensées.Je baisse les yeux, les joues brûlantes, et je sens sa main frôler la mienne, un contact léger qui me fait frissonner. Nos doigts s'entrelacent, et je me laisse faire, incapable de résister à cette chaleur qui me rassure, qui me prot&egr







