Share

Chapitre 3

last update Petsa ng paglalathala: 2026-07-27 08:36:35

Je n'avais pas dormi une seule minute.

La nuit entière, j'étais restée assise dans le salon, les jambes repliées contre moi. Entre mes mains, une tasse de café avait fini par devenir glacée, mais je ne m'en étais même pas rendu compte. Mon regard restait perdu devant la fenêtre, sans vraiment voir ce qui se trouvait dehors.

Le silence de l'appartement était régulièrement brisé par les vibrations de mon téléphone.

Encore Maxime.

Puis encore.

Et encore.

Je n'avais même plus besoin de regarder l'écran pour savoir que c'était lui.

Quand je finis par le prendre, une avalanche de messages s'afficha.

« Élina, réponds-moi.

Je peux tout t'expliquer.

Ce n'est pas ce que tu crois.

Je t'en supplie, laisse-moi une chance. »

Je fis défiler les messages sans les terminer. Un par un, je les supprimai. Je n'avais plus envie de chercher une explication. À quoi bon ?

Quelques minutes plus tard, le téléphone vibra de nouveau.

Cette fois, c'était Sarah.

Je laissai son appel retentir jusqu'à ce qu'il s'arrête tout seul, puis je l'envoyai directement sur la messagerie.

Je n'avais plus la moindre énergie pour écouter leurs excuses. Ni leurs mensonges.

Vers huit heures, trois petits coups discrets résonnèrent contre la porte.

Je me levai lentement, le corps lourd, puis j'ouvris.

Ma mère, Tatiana Johnson, se tenait devant moi.

À peine son regard croisa le mien que son visage se décomposa.

Elle ne posa aucune question.

Elle ouvrit simplement les bras.

Je m'y réfugiai aussitôt.

Tout ce que j'avais réussi à retenir pendant la nuit s'effondra d'un seul coup.

Les sanglots secouèrent tout mon corps.

— Maman...

Sa main glissa doucement dans mes cheveux.

— Je suis là, ma chérie... Je suis là.

Quelques secondes plus tard, mon père entra à son tour.

Christiano Johnson avait le visage fermé. Ses mâchoires étaient crispées et je devinai immédiatement qu'il essayait de contenir sa colère.

Il me regarda avec douceur avant de déclarer d'une voix grave :

— Maxime est passé à la maison ce matin.

Je relevai brusquement la tête.

— Quoi ?

— Il voulait te voir. Je lui ai demandé de partir.

Je baissai les yeux.

Étrangement, malgré la douleur qui me déchirait encore le cœur, je me sentais protégée.

Comme si, pour la première fois depuis longtemps, je pouvais enfin respirer sans avoir peur.

Le silence s'installa.

Personne ne cherchait à le combler.

Au bout de quelques instants, je pris une longue inspiration.

— Je ne peux plus rester ici...

Ma mère échangea un regard inquiet avec mon père avant de revenir vers moi.

— Qu'est-ce que tu veux dire ?

Je parcourus la pièce des yeux.

Chaque objet semblait réveiller un souvenir.

Chaque rue de cette ville, chaque café, chaque boutique... tout me ramenait à Maxime.

Je sentais ma gorge se serrer.

— Tout ici me fait penser à lui... Si je reste, je vais finir par étouffer.

Mon père s'approcha et posa doucement une main sur mon épaule.

— Alors pars.

Je levai les yeux vers lui, surprise.

Il esquissa un léger sourire, plein de tendresse.

— Pars... et offre-toi une nouvelle vie.

Tu le mérites.

Ses mots résonnèrent longtemps dans mon esprit.

Comme une porte qui s'ouvrait enfin.

Au fond de moi, un rêve que j'avais laissé de côté depuis des années se réveilla doucement.

Mon propre salon de beauté.

Le Bella Glow Studio.

Je m'étais imaginée des centaines de fois derrière les grandes vitrines de mon institut, à accueillir mes clientes avec le sourire.

Mais chaque fois que j'en parlais, Maxime trouvait une bonne raison de me décourager.

Selon lui, c'était trop risqué.

Il insistait pour que je travaille dans l'entreprise de son père. C'était, disait-il, « plus raisonnable ».

Aujourd'hui...

Son opinion ne comptait plus.

Plus du tout.

Une énergie nouvelle traversa soudain mon corps.

Je me levai si vite que ma mère eut un léger mouvement de surprise.

— Je vais le faire.

Elle fronça les sourcils.

— Faire quoi ?

Un vrai sourire étira enfin mes lèvres.

Le premier depuis que ma vie avait basculé.

— Ouvrir mon salon de beauté.

Je pris une profonde inspiration.

— Et recommencer ma vie.

Loin d'ici.

Loin de Maxime.

Loin de Sarah.

Cette fois, je ne laisserai plus personne décider à ma place.

Mon bonheur... je vais enfin le choisir moi-même.

Patuloy na basahin ang aklat na ito nang libre
I-scan ang code upang i-download ang App

Pinakabagong kabanata

  • Mon doux péché    chapitre 53

    La voiture avançait sur la route, plongée dans un silence pesant.Christiano gardait la petite clé serrée dans sa main. Depuis leur fuite de l’ancienne gare, il avait à peine prononcé quelques mots. Son regard restait fixé sur la route, mais Élina savait qu’il était loin d’être tranquille.Assise à côté de lui, elle l’observait discrètement. Plusieurs fois, elle avait eu envie de lui parler, puis s’était ravisée. Elle connaissait ce genre de silence. Christiano avait besoin de temps pour réfléchir, surtout lorsque tout ce qu’il croyait savoir venait de s’effondrer.Mais cette fois, elle ne pouvait pas faire comme si de rien n’était.— Tu vas bien ? demanda-t-elle doucement.Il ne tourna même pas la tête.— Non.Après un court silence, il ajouta :— Mais je vais tenir le coup.Élina posa sa main sur la sienne.Christiano referma aussitôt ses doigts autour des siens, comme s’il avait besoin de sentir sa présence pour ne pas perdre pied.À l’avant, Julian gardait les yeux sur la route. I

  • Mon doux péché    chapitre 52

    Le lendemain soir, Élina avait du mal à se concentrer.Depuis le matin, une étrange inquiétude ne la quittait pas. Elle avait beau s'occuper pour penser à autre chose, son esprit revenait toujours à ce rendez-vous avec Gabriel.Elle se tenait devant la fenêtre de Bella Glow Studio, les bras croisés, lorsqu'elle entendit la porte s'ouvrir.Christiano venait d'entrer.Il portait une veste noire et une casquette qui dissimulait en partie son visage. Son expression était fermée, et il avait ce regard qu'il prenait chaque fois qu'il était préoccupé par quelque chose.— Tu es toujours décidée à venir ? demanda-t-il.Élina se retourna vers lui.— Oui.Il la dévisagea quelques secondes.— Même si c'est dangereux ?Elle soutint son regard sans hésiter.— Surtout si c'est dangereux.Christiano laissa échapper un soupir.— Tu es vraiment têtue.— Et toi, tu es incapable de demander de l'aide.Il haussa légèrement les sourcils, puis un sourire discret se dessina sur ses lèvres.— C'est peut-être

  • Mon doux péché    chapitre 51

    Le silence qui suivit l’appel pesa sur Christiano. Il avait du mal à croire ce qu’il venait d’entendre.Gabriel Willer.Son grand-père.Toute sa famille lui avait toujours affirmé que cet homme était mort avant même sa naissance. Il avait grandi avec cette certitude, sans jamais imaginer qu’on pouvait lui avoir menti pendant toutes ces années.Pourtant, il venait de lui parler au téléphone.Christiano resta immobile, le téléphone encore collé à son oreille, comme s’il espérait entendre de nouveau cette voix.— Christiano ?La voix d’Élina le ramena à la réalité.Il éloigna lentement le téléphone de son oreille et baissa les yeux vers l’écran.— C’était lui.Julian fronça les sourcils.— Qui ça ?Christiano releva la tête.— Mon grand-père.Élina sentit son cœur se serrer.— Gabriel ?Il acquiesça, toujours aussi troublé.— Il savait que j’avais trouvé la photographie. Il m’a même dit qu’il s’y attendait.Julian s’approcha de lui, l'air inquiet.— Attends un peu. Tu es sûr que c’était

  • Mon doux péché    Chapitre 50

    La voiture avançait dans la nuit, presque sans un bruit.Élina avait le front appuyé contre la vitre. Les lumières de la ville glissaient devant ses yeux, disparaissant aussi vite qu’elles apparaissaient. Elle aurait aimé penser à autre chose, mais ce qui venait de se passer au centre d’entraînement revenait sans cesse dans son esprit.À côté d’elle, Christiano tenait toujours la cassette de son père.Il ne l’avait pas quittée une seule seconde depuis leur fuite.Ses doigts étaient crispés autour de l’objet. Son visage, lui, était fermé, mais ses traits tirés montraient à quel point il était épuisé.Élina tourna légèrement la tête vers lui.— Tu veux qu’on s’arrête ?Christiano ne la regarda même pas.— Non.Il prit une inspiration lente.— Je veux comprendre.Sa voix était posée. Pourtant, Élina entendait la tension derrière ces quelques mots.Au volant, Julian gardait les yeux fixés sur la route.Après quelques secondes, il finit par parler.— On devrait remettre la cassette à la po

  • Mon doux péché     chapitre 49

    La fumée commençait déjà à envahir toute la pièce.Élina se couvrit la bouche avec sa main, mais cela ne suffisait pas. Elle toussa plusieurs fois, les yeux déjà irrités.— Christiano...Il se tourna aussitôt vers elle.— Reste près de moi.Julian, lui, s'était déjà précipité vers la porte.Il attrapa la poignée et tira de toutes ses forces.Rien.Il recommença, plus violemment.Toujours rien.— Elle est bloquée de l'extérieur !Christiano leva les yeux vers les murs, cherchant désespérément une solution.— Il doit y avoir une autre sortie.Ils se mirent immédiatement à fouiller la pièce.Le temps leur manquait.Des flammes commençaient à apparaître dans le couloir. La chaleur montait rapidement et l'air devenait de plus en plus difficile à respirer.Élina ouvrit une vieille armoire.Vide.Elle repoussa la porte avec frustration et se retourna.Son regard s'arrêta soudain sur une étagère.Quelque chose dépassait derrière.— Là !Christiano et Julian se précipitèrent vers elle.En dépl

  • Mon doux péché    chapitre 48

    L'ancien centre d'entraînement donnait l'impression d'avoir été oublié depuis une éternité.La peinture s'était écaillée sur les murs. De longues fissures couraient le long des façades et, derrière les fenêtres couvertes de poussière, la lumière du jour n'entrait plus qu'en fines bandes pâles.Christiano s'arrêta devant l'entrée.Pendant quelques secondes, il resta silencieux, les yeux fixés sur le vieux bâtiment.— C'est ici que j'ai commencé à jouer.Élina tourna lentement la tête vers lui.— Ton père travaillait ici ?— Oui.Il marqua une courte pause avant d'ajouter :— C'est aussi ici que Victor l'a rencontré.Julian, lui, ne semblait pas intéressé par les souvenirs. Il regardait autour d'eux, attentif au moindre mouvement.— Personne.Ils poussèrent la vieille porte et entrèrent.Un silence lourd les accueillit.Leurs pas résonnaient dans le couloir désert. Par moments, un léger courant d'air faisait grincer une fenêtre quelque part dans le bâtiment.Christiano avançait lentemen

Higit pang Kabanata
Galugarin at basahin ang magagandang nobela
Libreng basahin ang magagandang nobela sa GoodNovel app. I-download ang mga librong gusto mo at basahin kahit saan at anumang oras.
Libreng basahin ang mga aklat sa app
I-scan ang code para mabasa sa App
DMCA.com Protection Status