Se connecterLe dimanche midi, ils quittèrent le penthouse pour aller bruncher dans un petit café du Vieux Lyon.Le soleil de décembre était pâle mais doux, et les rues pavées scintillaient d'une lumière presque printanière. Ils marchaient main dans la main, sans se presser, savourant ce moment de calme après la tempête de la nuit. Ils n'avaient pas dormi. Ils avaient parlé, ri, s'étaient tus, s'étaient aimés sans rien faire d'autre que d'être ensemble. Et ce matin, quelque chose avait changé. Une barrière était tombée.Ils s'assirent à une table près de la fenêtre. Le café était presque vide, baigné dans une odeur de pain frais et de chocolat chaud. Élena portait un pull emprunté à Adrien — son propre chemisier de la veille était trop habillé pour un dimanche matin — et cette simple vue, elle dans ses vêtements à lui, le remplissait d'une joie qu'il n'aurait pas su exprimer.— À quoi tu penses ? demanda-t-elle.— À toi. Dans mon pull.— Il est trop grand.— Il est parfait.— Tu dis toujours que t
Le silence s'installa dans le penthouse.Les tasses de thé refroidissaient sur la table basse. La ville scintillait derrière la baie vitrée, indifférente à ce qui se jouait à l'intérieur. Assis aux deux extrémités du canapé, Adrien et Élena se regardaient sans un mot. Il était une heure et demie du matin. La nuit s'étirait, interminable, et avec elle la tension qui montait entre eux comme une marée silencieuse.— Je n'arrive pas à dormir, dit Élena.— Moi non plus.— C'est à cause de toi.— Pourquoi ?— Parce que tu es là. Parce que je te sens. Parce que je sais que tu es à quelques centimètres et que je n'ai pas le droit de te toucher.— C'est toi qui as fixé les règles.— Je sais. C'est moi.— Pourquoi tu les as fixées, alors ?— Pour me protéger. Pour nous protéger. Pour ne pas brûler les étapes.— Et maintenant, tu regrettes ?— Non. Je ne regrette rien. Mais c'est difficile.— Pour moi aussi.— Vraiment ?— Vraiment. Tu crois que c'est facile de te voir allongée sur mon canapé, d
Le samedi soir, le destin décida de s'en mêler.Ils avaient dîné dans un restaurant des quais de Saône, Élena dans sa robe noire, Adrien dans son costume sombre. La soirée avait été parfaite. Les chandelles, le vin, les regards qui se croisaient par-dessus la table. Il avait résisté, comme promis. Elle avait testé sa résistance, comme prévu. Le jeu continuait, exquis et frustrant.Ils sortirent du restaurant vers minuit, main dans la main, et marchèrent le long des quais déserts. La nuit était froide, le ciel criblé d'étoiles, la Saône scintillait sous la lune. Tout était calme. Trop calme.— On va chez toi ? proposa Adrien.— Non. On va chez moi.— Pourquoi ?— Parce que j'ai envie de continuer la soirée. Juste parler. Rien d'autre.— Rien d'autre ?— Rien d'autre. Tu as promis de résister.— Je tiendrai ma promesse.Ils arrivèrent devant son immeuble. Elle chercha ses clés dans son sac. Elle ne les trouva pas. Elle chercha encore, fouilla chaque poche, chaque compartiment. Rien.— Q
Le samedi matin, Élena se réveilla avec le sentiment d'avoir marqué un point décisif.La veille, Adrien avait résisté. Il avait passé toute la soirée à la regarder sans la toucher, à la désirer sans céder. Elle avait vu la tension dans ses poings crispés sur le volant, dans ses mâchoires serrées au restaurant, dans son souffle court quand il l'avait raccompagnée chez elle. Il avait souffert. Et il avait tenu bon.Elle en était fière. Et en même temps, elle en voulait plus.Elle arriva au Café des Augustins à huit heures précises. Adrien était déjà là, son allongé fumant devant lui. Il portait un pull gris à col roulé et cette veste en cuir qu'elle aimait. En la voyant entrer, il sourit — mais ce sourire était différent. Plus retenu. Plus intense.— Bonjour, dit-elle en s'asseyant.— Bonjour.— Bien dormi ?— Pas vraiment.— Pourquoi ?— Devine.— La robe rouge ?— La robe rouge.— Tu n'as pas résisté mentalement, alors.— J'ai résisté physiquement. Mentalement, c'était impossible.— C
Le vendredi soir, Élena décida de porter la robe rouge.Pas pour un gala. Pas pour une soirée mondaine. Juste pour lui. Pour Adrien. Parce qu'elle savait l'effet que cette robe lui faisait. Elle l'avait vue dans ses yeux, cette nuit au cercle de jeu, quand elle était apparue dans ce fourreau écarlate qui épousait ses courbes et défiait les regards. Il avait perdu ses mots. Il avait perdu le contrôle. Et ce soir, elle voulait recommencer.Il avait dit qu'elle jouait dangereusement. Il avait raison. Elle jouait dangereusement. Mais c'était la seule façon qu'elle connaissait d'aimer.Ils avaient prévu un dîner dans un restaurant étoilé des quais de Saône, une table près de la fenêtre, vue sur le fleuve illuminé. Quand Adrien sonna à sa porte, elle ouvrit et le regarda la découvrir.Il resta muet. Littéralement muet. Ses yeux parcoururent sa silhouette de la tête aux pieds, remontèrent, s'arrêtèrent sur ses lèvres peintes en rouge sombre, puis sur ses yeux maquillés de noir.— La robe rou
Le mercredi soir, Adrien invita Élena à dîner dans le même restaurant italien où ils avaient partagé leur premier repas en tête-à-tête. Les nappes à carreaux rouges, les bougies sur les tables, l'odeur du basilic et du parmesan. Rien n'avait changé. Et pourtant, tout était différent.Ils n'étaient plus les mêmes. Le baiser avait tout transformé. Avant, leurs regards étaient des provocations. Maintenant, c'étaient des promesses. Avant, leurs gestes étaient mesurés, calculés. Maintenant, leurs mains se cherchaient par-dessus la table, leurs doigts s'entrelaçaient sans qu'ils y pensent. Avant, chaque mot était une joute. Maintenant, chaque silence était un aveu.— Tu te souviens de la première fois qu'on est venus ici ? demanda Élena.— Oui. Tu portais un pull bleu. Tu avais commandé une salade de chèvre chaud. Tu m'as dit que j'étais impossible.— Et toi, tu m'as répondu que c'était pour ça que je t'aimais.— J'avais raison.— Oui. Tu avais raison.Le serveur déposa leurs assiettes. Ils







