MasukPhilippe s'était apprêté et sortait de la chambre au moment où Erina terminait sa conversation téléphonique avec Lima.- Bon, Lima je te laisse, à plus.Elle a aussitôt déposé le téléphone sur la table.- Au fait, Lima demandait si tu serais d'accord de donner ton interview demain soir. A-t-elle demandé à Philippe.Philippe qui nouait sa cravate, avait la tête légèrement étirée pour pouvoir mieux passer les codes de son accessoire vestimentaire. Il a demandé surpris.- Demain ?! Pourquoi tant de précipitation ? Il n'y a aucune pression à ce que je sache.- Vu les événements avec l'interview de Catherine, Lima s’est dite que ça aurait été mieux de faire le tien maintenant quand le sujet est encore vivant et honnêtement je trouve qu'elle n'a pas tort. Si tu le fais maintenant, ça mettra peut-être le feu aux poudres mais toute cette agitation passera définitivement une bonne fois pour toute.Philippe a ajusté sa cravate qu'il avait enfin terminé de nouer. Il a cassé le col de sa chemise,
Le bras de Rhema s'est figé quelques secondes avant de reprendre le cours de son mouvement. La question de Lilibet était arrivée chez elle comme un boomerang. Elle l’avait posé avec toute son innocence, pensant poser une question toute banale mais qui avait réussi à déstabiliser l’adulte en face d’elle. Rhema a réfléchi un court instant et avait décidé de répondre en rassurant Lilibet.- Mais pourquoi tu penses une chose pareille ? Bien sûr que non, je ne déteste pas ta mère, voyons.- Pourtant moi je crois bien que si ; chaque fois qu'elle vient ici, vous vous disputez.- Aller ma petite, tu ne devrais pas penser aux choses comme ça. Ta mère et moi n’avons aucun problème. Tu sais, les adultes c'est un peu compliqué, on a souvent des désaccords. Parfois il arrive qu'on ne pense pas la même chose mais je ne la déteste pas, on parle bien de ta mère. Dis-moi comment je pourrais détester une personne qui a mis au monde un ange comme toi.Rhema a terminé sa phrase en souriant avec Lilibet
Recroquevillée dans un angle dans le long canapé du salon de l'appartement de Philippe, Erina était scotchée comme plusieurs autres compatriotes devant son écran, attentive aux moindres secondes de diffusion de l’émission d'André. Horrifiée par la façon dont Catherine venait de la livrer en mondovision. Philippe est sorti de la cuisine, tenant deux tasses de lait chaud.- Tiens, bois ceci, ça te fera du bien. A-t-il dit en tendant une des tasses à Erina, et prenant place de l’autre côté du canapé où elle était assise.Erina a récupéré la tasse, a remercié Philippe et l’a immédiatement porté à sa bouche, laissant le délicieux liquide réveiller les papilles de sa langue, pour ensuite poursuivre librement son chemin le long de son corps. C'était vraiment délicieux ! Ça, Erina devait le reconnaitre.Philippe a scruté chacun de ses gestes pendant qu’elle savourait sa tasse. Et lorsqu’elle a marqué une pause, il a à son tour bu la moitié de la sienne avant de poser ensuite le reste sur la pe
Rhema s’est installée sur la table, s’est servie et a lentement mangé son premier repas de la journée. Pendant ce temps, Philippe s’était rendu à la cuisine, accompagné de Lilibet et Erina. Lilibet s’amusait à taquiner « Gazelle », le gros chat poilu de Dora, tandis que ses parents discutaient avec Dora. Philippe a posé à Dora la même question que celle qu’il avait posée à sa mère dans le salon tout à l’heure. La vieille dame a donné à Philippe la même réponse que lui a donné sa mère quelques minutes plus tôt. Ce dernier n’a pas voulu insister mais pour lui, les réponses des deux femmes étaient aussi fausses que l’étaient les fleurs artificielles posées sur le grand frigo de la cuisine de leur maison.- Je sais que maman peut être difficile de caractère mais tu sais, Dora, tu ne devrais pas prendre à cœur ce qu’elle a pu te dire ou te faire peu importe ce que c’est. Philippe a finalement conclu en posant affectueusement sa main sur l’épaule de celle qu’il considérait comme sa deuxième
Les trois ont pu se faufiler jusqu’à la voiture avec laquelle Philippe était arrivé la veille et ont réussi à se glisser à l’intérieur, non pas sans difficulté.- Dis maman, qu’est-ce qu’il y a ? Lilibet remplie de curiosité, a innocemment demandé.Ses deux parents se sont tous deux fixés du regard un court instant. Erina a ensuite envoyé Lilibet à l’arrière de la voiture à travers l’espace entre les deux sièges de devant.- Ne t’inquiète pas ma chérie, il n’y a rien, tout va bien. Erina a rassuré sa fillette en bouclant sa ceinture de sécurité et cachant le plus possible sa nervosité.Lilibet toujours habitée par son esprit de curiosité n’était pas prête de lâcher l’affaire.- Mais pourquoi est-ce qu’il y a beaucoup de personnes devant la maison ? Pourquoi ils sont là ?- Ne pose pas plus de questions ma chérie. On va voir grand-mère. Tu es contente d’aller la voir ? Philippe a détourné le sujet.Lilibet a semblé hésiter un instant, déformant sa bouche avec une grimace.- Oui. A-t-el
- Non, ne sois pas désolé. Après tout, c’est ma faute, je n’aurais pas dû attirer l’attention le jour de ton mariage.- Mais c’est moi qui ai insisté pour que tu reviennes dans cette ville. Et si tout ceci arrive, c’est uniquement parce que tu es là.Erina a repris ses esprits, et a ensuite fait quelques pas vers le salon- De toute façon, ça ne sert à rien de se jeter la pierre, la situation est ce qu’elle est. Mon véritable problème c’est l’impact de tout ça sur Lili.- Et où est-elle ?- Je lui ai demandé d’aller dormir ; même si elle n’a pas compris pourquoi elle devait se coucher tôt, elle s’est quand même rapidement endormie.- Elle ne va pas dormir indéfiniment, il faudra bien qu’elle se réveille à un moment ou à un autre.- Tu crois que je ne sais pas ? Je n’arrive même pas à imaginer comment elle va vivre tout ceci ; les journalistes ne lui feront certainement pas de cadeau.Philippe s’est approché d’elle, il l’a tenu par les épaules.- Hey, regarde-moi.Comme si ses mots gui







