LOGINSerena« Tu penses que j’ai bien réagi ? » demanda Aldric tout en mangeant son dîner.Nous étions tous les deux en train de dîner après le travail.Je mâchai plus lentement, marquant une pause pour réfléchir à ma réponse après avoir entendu son récit. « Honnêtement, en tant que femme évoluant dans un milieu dominé par les hommes, je regrette profondément ce qu’a fait Esther. À cause d’une raison ridicule et tout à fait inutile, ses réalisations et ses performances ont été ternies », répondis-je en poussant un long soupir.Aldric acquiesça doucement. « Oui, tout à fait », renchérit-il. « C’est ironique, n’est-ce pas, Ser ? L’amour est vraiment étrange », poursuivit-il.« Que veux-tu dire ? » demandai-je, ne comprenant pas ce qu’Aldric voulait dire.Mon patron eut un petit rire. « Ce qui a poussé Esther à faire cette bêtise, c’est son amour pour moi. N’est-ce pas ? » demanda-t-il avant de siroter le vin dans son verre tout en me re
Point de vue à la troisième personneNathan Beaumont avançait, le regard perçant fixé droit devant lui. Sa mâchoire était crispée, trahissant sa déception. Un sentiment qui n’aurait pas dû exister envers sa fille chérie, Esther.L’homme frappa à la porte du bureau de sa fille avant de l’ouvrir. Là, sa fille unique, son enfant chérie, avait la tête baissée, le visage baigné de larmes.Nathan serra les poings en entrant. Esther releva la tête. Son regard était partagé entre le soulagement de voir son père et la crainte de le décevoir.« Ma chérie, Aldric m’a demandé de venir ici tout à l’heure. Il m’a déjà raconté l’incident dans lequel tu as été impliquée. Comment as-tu pu faire une chose pareille, Esther ? » demanda Nathan sans détour. Il s’assit sur la chaise devant le bureau de sa fille.Esther secoua la tête en sanglotant. « J’ai commis une erreur, papa. Tu sais ce que je ressens pour Aldric. Il s’avère qu’Aldric m’a vraiment oubliée e
Lucien« On dirait bien que c’est un problème d’estomac, Lucien », me dit mon médecin traitant après m’avoir examiné. Il me regarda en souriant avec bienveillance.« À partir de maintenant, mange plus souvent, mais en petites quantités. Évite le café pour l’instant et, bien sûr, réduis le stress dans ta vie », me conseilla-t-il à nouveau. Il me tapota l’épaule comme le ferait un père avec son fils. Il avait en effet le même âge que mon défunt père.« Les nausées sont plus fortes le matin. C’est de plus en plus pénible, car il m’arrive parfois de vomir », me plaignis-je en poussant un long soupir.Le médecin fronça les sourcils. « Nous allons surveiller ton état de près. Tu ferais peut-être bien de prendre un congé pour pouvoir te reposer complètement », dit-il en rangeant son stéthoscope dans sa sacoche.Je gloussai. « Qu’est-ce que c’est, un congé ? Ça n’existe pas dans mon vocabulaire », rétorquai-je sans détour.Le médecin rit
Point de vue à la troisième personneEn réalité, Lucien n’était pas si facile à approcher. Mais Camille avait l’habitude de séduire. Grâce à son élégance et à son charme, Lucien commença à se laisser distraire, jusqu’à ce que Camille parvienne enfin à le mettre dans une situation où il lui serait redevable.Camille sauva Lucien d’une moto qui roulait à toute vitesse. Depuis lors, le cœur de Lucien fut conquis par Camille. Aux yeux de cet homme, Camille était une femme qui l’aimait profondément et qu’il se devait de protéger.Le charme naturel de Camille parvint également à séduire Valérie et Niki, respectivement la mère et la sœur cadette de Lucien. Elles étaient sur la même longueur d’onde à bien des égards.Le statut de Mme Hubert était à portée de main pour Camille.C’était indéniable.Camille se moquait bien de Serena, qu’elle avait blessée. Selon elle, Lucien n’était de toute façon pas intéressé par sa meilleure amie. Elle n’avait jamais volé Lucien à Serena, car, dès le départ,
Point de vue à la troisième personneLes yeux de Camille se voilèrent. Des larmes lui montèrent aux yeux.Ce n’était pas par tristesse.Tout cela était dû à une seule chose : la haine.Sa haine envers Serena. Sa petite amie d’enfance.Elles étaient toutes les deux des enfants abandonnés, ignorant tout de leurs origines. Elles avaient été élevées sous le même toit, dans un amour qu’il fallait partager avec une douzaine d’autres enfants. Elles n’étaient ni les plus importantes ni la priorité.Serena avait le même âge que Camille. Grandir ensemble signifiait partager beaucoup de choses. Si elles se lassaient de leurs rares vêtements, elles les échangeaient. Si l’une d’elles recevait de la nourriture, elles la partageaient.Leur relation était aussi douce que cela.Malheureusement, un poison s’était infiltré dans leur amitié.La jalousie.Camille était jalouse de Serena.Ayant grandi dans la simplicité, elles étaient toutes deux devenues des jeunes filles tout aussi belles l’une que l’aut
SerenaCamille était abasourdie. Elle avait la bouche grande ouverte, comme si mes paroles étaient un mensonge absurde.« Tu es méchante, Serena », me reprocha-t-elle en plissant les yeux.« Arrête de me traiter de méchante ! Regarde-toi dans un miroir, Cam. Qui est méchante depuis qu’on est petites ? » rétorquai-je avec colère face à son attitude prétentieuse.« Avant, tu aimais faire semblant d’avoir mal au ventre quand il fallait nettoyer l’orphelinat, n’est-ce pas ? » dis-je avec un sourire amer. « Tu es même allée jusqu’à boire du vinaigre exprès pour avoir vraiment mal au ventre et ne pas avoir à t’occuper des enfants plus jeunes que nous », ajoutai-je en secouant la tête.Je me souvins qu’à l’époque, je ne pouvais que me taire et que, parfois, je mentais moi aussi à la directrice de l’orphelinat pour couvrir les mensonges de Camille.« Mais tu en profitais aussi ! On te demandait souvent de veiller sur moi, tu n’avais pas







