MasukPeu de temps après que Lucie et Julien furent rentrés chez eux, une invitation inattendue de la mère de Julien arriva, les conviant à un dîner de bienvenue en l’honneur de l’oncle de Julien.
Le dîner était prévu pour le week-end, soit dans seulement deux jours, dans l’ancien manoir. À l’approche du dîner de bienvenue, Lucie passa la majeure partie de son temps à la maison. Elle ressortit quelques-uns de ses anciens croquis et passa des heures à étudier de nouvelles techniques de création, expérimentant différentes coupes, matières et silhouettes. Bien qu’elle se fût déjà imposée comme une créatrice talentueuse avant son mariage, elle savait que l’industrie de la mode évoluait constamment. Elle ne voulait pas se reposer uniquement sur ce qu’elle avait accompli par le passé. Avant d’épouser Julien, Lucie avait remporté plusieurs concours de création locaux et présenté ses collections lors de quelques événements de mode prestigieux. Son talent lui avait valu une certaine reconnaissance parmi les jeunes créateurs, et elle avait autrefois rêvé de créer sa propre marque de mode. Julien lui avait toujours dit qu’elle n’avait pas besoin de travailler autant et qu’il pouvait lui donner tout ce dont elle avait besoin. Faisant confiance à ses promesses, Lucie avait mis son rêve de côté. Mais à présent, elle ne pouvait s’empêcher de se demander pourquoi elle avait abandonné ce rêve en premier lieu. Elle ne le remettrait plus jamais à plus tard. Après le dîner de bienvenue, elle reprendrait le travail dès le lundi suivant. Bientôt, le jour du banquet arriva. Des lustres en cristal scintillaient au-dessus de leurs têtes, des roses blanches fraîchement coupées bordaient l’escalier, et les domestiques s’affairaient dans tous les sens, portant des plateaux en argent. Peu après l’arrivée de Lucie et Julien, plusieurs invités accaparèrent Julien dans une conversation, laissant Lucie seule dans le hall. Alors que Lucie tendait la main pour prendre un verre de vin, un domestique qui se dépêchait de passer avec un plateau en argent la heurta accidentellement au bras. Le vin rouge se renversa sur le devant de sa robe, laissant une tache bien visible sur le tissu. Lucie fronça les sourcils en regardant la tache. C’est alors que la mère de Julien, Clara, entra dans le hall avec sa fille, Camille. Toutes deux semblèrent mécontentes à la vue de la robe tachée de Lucie, et la mère de Julien fut la première à prendre la parole.« Qu’est-ce que tu fais encore ici ? Va te changer. En tant que femme de Julien, tu représentes la famille Lefèvre. Tu dois donc veiller à tenir ton rang et à t’habiller en conséquence. »
Lucie était déjà habituée à la désapprobation de la mère de Julien. À ses yeux, Lucie n’était rien de plus qu’une femme au foyer issue d’une famille sans prestige, incapable d’apporter des relations ou des ressources à la famille Lefèvre et encore moins d’aider Julien dans sa carrière. Elle n’avait jamais été la belle-fille que la mère de Julien avait souhaitée.
Camille leva les yeux au ciel.
« Ne fais pas honte à la famille Lefèvre ce soir. D’ailleurs, je pense que Rosalie serait une bien meilleure épouse pour mon frère. »
À la mention du nom de Rosalie, les mains de Lucie se crispèrent en poings.
Rosalie, sa meilleure amie qu’elle avait surprise au lit avec Julien.
Rosalie était issue d’une famille prestigieuse et solidement établie, jouissant d’une excellente réputation dans les milieux d’affaires. L’influence et le statut social de sa famille avaient toujours fait d’elle, aux yeux de la famille Lefèvre, une épouse idéale.
Camille n’avait jamais compris pourquoi son frère avait choisi Lucie alors qu’une femme comme Rosalie représentait clairement un choix plus approprié.
Soudain, Lucie releva les yeux vers Camille avec un sourire narquois.
« Alors, marie-les. »
Heureusement, elle avait une robe de rechange dans la voiture.
Les yeux de Camille s’écarquillèrent tandis que Lucie s’éloignait, et elle foudroya son dos du regard.
« Maman, cette femme de basse classe a vraiment osé me tenir tête ? Comment ose-t-elle ! »
La mère de Julien lança un regard nonchalant à sa fille.
« Baisse d’un ton. Elle est toujours la femme de ton frère, et nous ne voulons pas que les gens pensent que nous la maltraitons. Toi aussi, tu dois te comporter correctement. Ton oncle va bientôt arriver. »
Camille tapa du pied avec colère avant de s’éloigner.
Pendant ce temps, à l’extérieur, des voitures de luxe commencèrent à arriver les unes après les autres, annonçant le début du banquet.
Des personnalités influentes et des familles prestigieuses commencèrent à arriver tour à tour. Julien et sa mère se tenaient à l’entrée pour accueillir les invités au banquet.
Bientôt, des murmures commencèrent à se répandre dans toute la salle tandis que chacun attendait l’arrivée de l’invité d’honneur de la soirée.
« Est-il vrai que le jeune et légendaire milliardaire à la tête de la famille Lefèvre est de retour ? »
« Bien sûr. Ce banquet a principalement été organisé pour lui. »
« Tu te rends compte ? J’ai entendu dire qu’il n’avait qu’une trentaine d’années. »
« Il est vraiment remarquable. Peu de gens accomplissent autant de choses à un âge aussi jeune. »
« La femme qui attirera son attention aura une chance incroyable. »
Clara monta élégamment sur l’estrade, un sourire chaleureux aux lèvres.
« Bonsoir à tous. Au nom de la famille Lefèvre, je tiens à vous remercier d’avoir honoré notre invitation et d’être présents parmi nous ce soir. »
Elle marqua une pause tandis que les applaudissements emplissaient la salle.
« Le banquet de ce soir est organisé pour célébrer le retour du chef de la famille Lefèvre. Comme vous le savez tous, il vient tout juste de rentrer de l’étranger et c’est un homme extrêmement occupé. Il nous rejoindra sous peu. »
Elle sourit.
« En attendant, veuillez profiter du repas, du vin et de la compagnie des uns et des autres. »
Lucie, qui était allée se changer, réapparut quelques instants plus tard vêtue d’une magnifique robe blanche assortie de talons, à couper le souffle.
Dès que Julien la vit, il se dirigea vers elle et lui adressa un sourire forcé avant de murmurer :
« Souviens-toi, comporte-toi correctement ce soir. »
Lucie grogna intérieurement, déjà lassée qu’on lui dise constamment ce qu’elle devait ou ne devait pas faire. Pourtant, elle hocha tout de même la tête.
En apercevant un partenaire commercial, Julien quitta Lucie pour aller le saluer, la laissant seule à parcourir la salle.
Grande amatrice de sucreries, Lucie ne put résister à la vue des desserts et se dirigea rapidement vers un domestique qui avançait dans le hall avec un plateau de pâtisseries.
Alors qu’elle s’apprêtait à l’appeler, son regard se posa soudain sur une silhouette particulière vêtue d’un costume.
Cette silhouette n’avait jamais quitté sa mémoire, et un sourire rusé apparut sur ses lèvres tandis qu’elle se dirigeait vers lui.
Il devait être venu à cet événement de la haute société pour trouver des femmes riches, non ?
« Salut, tu te souviens de moi ? »
En entendant quelqu’un l’interpeller, Raphaël se retourna.
Un léger sourire étira le coin de ses lèvres, et ses yeux émeraude brillèrent d’amusement.
« J’aurais bien du mal à t’oublier. »
Lucie fronça les sourcils.
« Pourquoi es-tu parti avant que je me réveille ? Je ne t’avais même pas encore payé. »
« Je ne veux pas de ton argent. »
Lucie attrapa sa cravate et le tira légèrement vers elle, levant les yeux vers ses prunelles émeraude avec un sourire séducteur.
« Oh ? Tu ne veux pas de mon argent ? Alors, que dirais-tu si je te gardais comme partenaire à long terme ? Je te verserai une somme fixe chaque mois. Qu’en penses-tu ? »
Julien traversait le hall lorsqu’il aperçut soudain Lucie, qui se tenait inhabituellement près de l’homme à côté d’elle.
Il se trouvait encore à une certaine distance et ne pouvait pas clairement distinguer l’identité de l’homme ni ce qu’ils faisaient.
Il lança immédiatement :
« Lucie, qu’est-ce que tu fais ? »
Lucie relâcha aussitôt la cravate de l’homme et recula de plusieurs pas. Elle s’apprêtait à s’expliquer lorsque Julien les rejoignit, regarda attentivement le visage de l’homme et vit soudain son expression changer.
« Oncle Raphaël ! Tu es là. »
Oncle ?
Les yeux de Lucie s’écarquillèrent.
L’homme qui se tenait devant elle n’avait rien à voir avec celui, d’âge mûr et peu séduisant, qu’elle avait aperçu au domaine de l’oncle de Julien.
C’était l’homme de cette nuit-là, celui qu’elle avait pris pour un gigolo.
L’oncle de Julien… et le chef de la famille Lefèvre.
Voilà pourquoi il avait refusé son argent. Il n’en avait tout simplement pas besoin.
Lucie resta figée, incapable d’assimiler ce qu’elle venait d’apprendre.
Si seulement elle pouvait devenir invisible et disparaître sur place ! Comment allait-elle bien pouvoir survivre à cette situation ?
Trois jours s'étaient écoulés depuis qu'Alexandre s'était excusé pour son comportement déplacé après avoir publié la photo de Lucie, et depuis, ils travaillaient ensemble sans le moindre problème.Ce jour-là était consacré au choix des vêtements et aux essayages. Lucie était déjà arrivée en avance à l'atelier de confection, car elle ne voulait pas perdre de temps.Plusieurs portants étaient soigneusement alignés, avec différentes tenues disposées selon leurs catégories.Lucie posa son sac à main sur la table et commença à examiner les vêtements.Pour la collection formelle, elle avait choisi un costume noir parfaitement ajusté, à la coupe cintrée, accompagné d'une chemise blanche impeccable et d'une cravate en soie noire. Elle avait également sélectionné un costume trois-pièces bleu marine avec un gilet assorti, une chemise bleu clair et une cravate argentée.Une autre tenue était composée d'un costume gris anthracite au motif à carreaux discret, associé à une chemise blanche et à une
La voix lui était si familière que, même à moitié endormie ou plongée dans le sommeil, Lucie l'aurait reconnue.C'était Julien !Comment se faisait-il qu'il se trouvait dans la cafétéria de son entreprise, en train de lui apporter à manger ?Et il avait même le culot de se présenter le visage entièrement dissimulé !Lucie eut un petit rire en secouant la tête. Au fond, il était venu faire semblant de se soucier d'elle, mais il n'avait même pas le courage de montrer son visage. Il ne voulait pas que les gens le voient en sa compagnie. Après tout, il était le jeune maître respectable de la famille Lefèvre, tandis qu'elle n'était qu'une femme ordinaire issue d'une famille pauvre.« Voici un repas pour toi. Malgré ce que tu as fait, je continue à te pardonner et je ne t'en tiens pas rigueur. C'est pour cette raison que je t'ai apporté à manger. » Il se tenait devant elle, lui tendant le sac-repas.Les lèvres de Lucie s'étirèrent en un sourire malicieux. Ils étaient deux à pouvoir jouer à
[Lucie, comment peux-tu te permettre de prendre des photos avec un autre homme alors que tu es une femme mariée ? Cette photo a déshonoré la famille Lefèvre, et ma mère en parle déjà. Tu dois rentrer immédiatement à la maison pour lui présenter tes excuses.]Lucie ricana bruyamment, à la fois perplexe et inquiète face à la panique générale qu’elle ne comprenait pas.Elle déverrouilla son téléphone et se connecta à son compte Instagram officiel. Aussitôt, la photo d’elle et d’Alexandre apparut à l’écran.Lucie poussa un cri de stupeur en fixant la photo. Comment était-ce possible ?Sur cette photo, Alexandre et elle se tenaient côte à côte, mais elle ne se souvenait absolument pas avoir pris un cliché avec lui. Il avait dû profiter d’un moment où elle ne regardait pas pour prendre cette photo à son insu.Les sourcils froncés, Lucie serra les dents de colère. Elle savait qu’Alexandre était un plaisantin, comme à son habitude, mais elle ignorait qu’il pouvait tomber aussi bas.« C’est sc
La publication d’Alexandre recueillit plus de trois mille vues et sept cents commentaires en seulement trois minutes.Bien sûr, sa réputation de coureur de jupons l’avait précédé, et la plupart des commentaires provenaient de ses ex-petites amies, de ses anciennes conquêtes et des femmes avec lesquelles il avait passé une seule nuit.#Baddestboy : Waouh, mec ! Cette nouvelle conquête est canon. Puisque tu ne couches jamais deux fois avec la même fille, pourquoi ne pas me la refiler quand tu en auras fini avec elle ?#Alexbarbie : C’EST QUOI CE BORDEL, ALEX ? C’est elle, la fille que tu fréquentes en ce moment ?#Alex is a dick : Je parie que cette histoire ne durera pas longtemps. Elle ressemble à une poupée qu’on pourrait facilement briser.#Alex main chick : Vous toutes, les jolies filles, éloignez-vous d’Alex. Il est à moi.#Alexbiggestfan : Alex, qui est-elle ? Vous sortez ensemble ? C’est ta Cendrillon ?Alexandre ne put s’empêcher d’éclater de rire en lisant le dernier commentai
Le lendemain matin, Lucie arriva chez R&S Fashion Industries plus tôt que d’habitude. Elle avait passé une partie de la nuit précédente à examiner la collection et à noter des idées pour la prochaine séance photo. Puisqu’Alexandre serait le visage de la campagne, elle voulait que tout soit parfaitement organisé avant le début du shooting.Elle avait trois lieux proposés à inspecter et comptait profiter au maximum de cette journée.Après avoir vérifié ses notes, elle prit son sac à main et descendit les escaliers pour rejoindre Alexandre, comme convenu.Elle fut surprise de le trouver déjà en train de l’attendre devant le bâtiment, adossé à une élégante voiture noire. Il portait des lunettes de soleil foncées, une chemise blanche dont les manches étaient retroussées jusqu’aux coudes et un pantalon noir ajusté.Dès qu’il l’aperçut, il se redressa et sourit.« Bonjour, mademoiselle Morel. »« Bonjour, monsieur Montclair. » Lucie jeta un coup d’œil à sa montre. « Vous êtes en avance. »«
Le regard lubrique d’Alexandre ne quitta pas Lucie jusqu’à ce qu’elle sorte du restaurant.Il ne pouvait s’empêcher de se demander pourquoi elle était si différente. Si cela avait été une autre femme, elle aurait cherché des moyens de lui plaire, de découvrir ses plats préférés ou même d’essayer de le séduire.Mais Lucie Morel, la gagnante du concours de mode Marie, était différente. Elle était restée sérieuse tout au long de leur rencontre et semblait ne pas pouvoir attendre davantage pour s’éloigner de lui. C’était même lui qui lui avait proposé de commander quelque chose et lui avait demandé ce qu’elle souhaitait manger, et pourtant, elle l’avait repoussé.C’était précisément pour cette raison qu’elle avait éveillé sa curiosité. Il était Alexandre Montclair, le célèbre séducteur français, et il pouvait obtenir absolument toutes les femmes qu’il désirait. Puisque sainte Lucie Morel avait essayé de se faire désirer, il veillerait à la faire craquer et à lui montrer pourquoi on l’appe







