ВойтиMarielle et Marcus montèrent à la chambre de leur fils, un plateau léger à la main. Ils le trouvèrent endormi, son corps épuisé enroulé dans les draps froissés. Dans sa main, serrée contre sa poitrine, une photo d’Isabelle, prise un jour de soleil sur la plage.
— J’ai mal au cœur en voyant mon fils dans cet état, Marcus, murmura Marielle, la voix tremblante. Que peut-on faire pour l’aider ?
— Mets sa nourriture sur la table et laisse-le se reposer. Attendons le résultat de l’enquête du commissariat, répondit Marcus d’une voix plus basse que d’habitude.
Il fit une pause, contourna le lit, et posa une main sur le front moite de Clément. Un geste rare, presque maladroit.
— Pardonne-moi, mon fils, murmura-t-il, assez fort pour que Marielle l’entende. D’une part, c’est de ma faute. J’ai freiné ton bonheur, ta liberté de vivre avec celle que tu aimes. S’il te plaît, fiston, pardonne ton idiot de père.
Marielle le regarda, émue par ce semblant de vulnérabilité.
— Allons, ne dis pas ça. Et ne pense pas que tu es un mauvais père. Tu as toujours été un super papa et un super mari. Ne pensons pas au pire. Tout ira bien. Rentre à la maison maintenant, je reste pour le surveiller et m’assurer qu’il mange dès qu’il se réveillera.
— D’accord. Prends soin de lui.
Marcus se pencha, déposa un baiser rapide sur les cheveux de sa femme, puis quitta la chambre. En bas, il retrouva Erica, silencieuse, et ils quittèrent la maison ensemble.
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Tôt le lendemain matin, Marielle revint doucement dans la chambre. Clément dormait encore, le visage moins crispé mais empreint d’une profonde lassitude.
— Mon amour… réveille-toi et va te doucher. Ton petit déjeuner est prêt.
Dans son demi-sommeil, Clément grogna, tournant la tête vers l’oreiller.
— Chérie, laisse-moi dormir encore un peu. Je suis le patron de mon département, personne ne peut me renvoyer pour un petit retard.
Les mots, destinés à Isabelle, transpercèrent le cœur de Marielle. Il me prend pour elle, se dit-elle, une douleur intense lui tordant l’estomac. Elle retint ses larmes, prit une grande inspiration.
— D’accord, mon amour. Mais pas plus de dix minutes.
— Hein ? Qu’est-ce qui t’arrive aujourd’hui ? Tu n’insistes pas ? demanda Clément en se redressant, les yeux encore embués de sommeil.
La vision de sa mère debout au pied du lit, les yeux brillants de larmes contenues, le fit sursauter.
— Maman ! s’exclama-t-il, pleinement conscient. Je suis désolé, je ne savais pas que tu étais là. Qu’est-ce que tu fais chez moi de si bonne heure ?
— J’ai passé la nuit dans la chambre d’amis. Je voulais m’assurer que tu ailles bien.
— Il ne fallait pas, maman. Je vais bien.
— Non, mon fils, dit-elle en s’approchant et s’asseyant au bord du lit. Tu ne vas pas bien. Mais tu dois être fort pour surmonter tout ça. Ne laisse pas la tristesse te dominer. Je prie pour qu’Isabelle aille bien, où qu’elle soit.
Elle l’attira contre elle dans une étreinte maternelle. Clément s’y blottit un instant, puis se dégagea avec un étrange sourire.
— Elle va bien, maman. Ne t’inquiète pas pour elle.
— Quoi ? Tu lui as parlé ? Elle va bien ? Elle a dit où elle était ? Les questions jaillirent de Marielle, portées par un espoir soudain.
— Elle me l’a dit cette nuit… en rêve. Elle m’a dit qu’elle allait bien et qu’elle reviendra.
L’excitation de Marielle retomba aussi vite qu’elle était montée, remplacée par une tristesse profonde. Elle ouvrit la bouche pour dire que ce n’était qu’un rêve, mais le sourire fragile, presque enfantin, qui illuminait le visage de son fils, la fit se taire. Elle ne pouvait briser ce dernier rempart.
— Oui, fiston. Elle reviendra. Maintenant, lève-toi et prends un bain avant de descendre.
— D’accord, maman. J’arrive.
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En bas, Marielle dressait la table du petit-déjeuner quand Clarisse fit une entrée précipitée dans la maison. Elle trouva Derrick dans le salon, le visage grave.
— Bonjour, madame. Bonjour, Derrick. Qu’est-ce qui se passe au juste ? Je n’arrive pas à joindre Isabelle. Où est-elle ?
— La police poursuit l’enquête. Nous n’avons pas encore de nouvelles, expliqua Derrick.
— La police ? C’est grave à ce point ?
— Oui. C’est délicat. Ça fait plus de vingt-quatre heures qu’elle n’a pas donné signe de vie.
— Toute cette histoire me rend folle d’inquiétude. Où est Clément ? Que s’est-il réellement passé ?
— Il descend d’un moment à l’autre, répondit Marielle.
Comme si elle l’avait évoqué, Clément apparut en haut de l’escalier. Il descendit, les traits tirés mais le regard un peu plus clair.
— Bonjour, Clarisse. La situation n’est pas encore réglée, l’enquête continue. Nous avons eu un… malentendu, et elle est partie. Si tu as la moindre idée d’où elle pourrait être, préviens-moi tout de suite.
— Je n’y manquerai pas. Compte sur moi. Bon, je vous laisse, je vais continuer à me renseigner auprès d’autres amis.
— Tu peux rester pour le petit-déjeuner, il y en a assez pour tout le monde, proposa Marielle.
— Merci beaucoup, madame, mais je suis pleine. Je dois y aller. Et… tenez-moi au courant.
— D’accord, dit Clément.
Après son départ, un silence pesant s’installa. Les trois personnes restantes prirent un petit-déjeuner morne, chaque bouchée avalée avec difficulté.
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Une autre demi-journée s’écoula. Toujours aucune nouvelle.
À près de deux cents kilomètres de la ville F, dans une petite ville tranquille, Isabelle était allongée dans un lit d’hôpital modeste. Son corps était couvert de bandages, de bleus et de coupures. Des fils de suture traversaient son front. Sous les sédatifs, son visage était d’une pâleur inquiétante, mais son souffle, bien que faible, était régulier.
— C’est vraiment un miracle qu’elle ait survécu à un tel accident, commenta le docteur Jérémie en étudiant ses dernières radios. Personne ne sort vivant d’une chute pareille.
— C’est un miracle, en effet, répondit l’infirmière Mia, ajustant la perfusion. Et surtout, le fait que sa grossesse ne semble avoir subi aucune menace…
— À ce propos, veillez à ce que la surveillance soit particulièrement rigoureuse. Nous ne voulons aucune complication.
— D’accord, docteur.
— Et autre chose… D’après les témoignages des pêcheurs qui l’ont sortie de l’eau, sa voiture a été percutée du haut de la route avant de dégringoler. Cela ressemble fort à un suicide… orchestré. Je dirais que sa vie est encore en danger. Une surveillance discrète mais constante de notre part pourrait la protéger de ses ennemis, jusqu’à ce qu’elle reprenne conscience.
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Pendant ce temps, les hommes de main de Cassandra avaient ratissé les abords de l’accident sans succès. La disparition du corps les plongeait dans la confusion et la rage.
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Dans l’après-midi, Clément, poussé par une impulsion désespérée, fouillait dans le dressing d’Isabelle. Il passait ses doigts sur ses robes, ouvrait ses tiroirs à bijoux, espérant trouver un indice, un mot, un rendez-vous noté… quelque chose.
Derrick l’interrompit, le visage tendu.
— Clément… le lieutenant Raphaël vient d’appeler.
— Réponds et mets le haut-parleur, ordonna Clément sans se retourner, continuant à chercher.
Derrick obéit. La voix professionnelle du lieutenant résonna dans la pièce silencieuse.
— Monsieur Stones ? Un accident de circulation grave a été signalé hier soir sur l’autoroute A4, non loin de la sortie de la ville F. Il serait préférable que vous veniez au commissariat pour… clarifier certains éléments.
Les mots glacèrent l’air. Clément se figea, puis se tourna lentement.
— Où est ma femme, lieutenant ? demanda-t-il d’une voix qui se voulait ferme mais qui tremblait.
Il s’empara du téléphone des mains de Derrick.
— Dis-moi, lieutenant ! Est-ce que ma femme va bien ? FINIT-IL PAR CRIER, la panique éclatant dans sa voix.
— Monsieur Stones, je vous répète : venez au commissariat. Nous vous attendons.
La ligne fut coupée. Le silence qui suivit fut plus assourdissant que le cri.
Le téléphone glissa des doigts de Clément et tomba sur le tapis avec un bruit sourd. Il vacilla, le souffle coupé, la réalité de ce qui n’était plus une simple disparition mais peut-être une tragédie le frappant de plein fouet. Il ne trouva pas la force de résister à la vague de noirceur qui montait en lui. Ses jambes cédèrent, et il s’effondra lourdement sur le lit défait, le visage enfoui dans une robe d’Isabelle qui gardait encore un faible parfum de son shampooing.
Les invités murmuraient ; certains étaient heureux pour eux, tandis que d'autres semblaient mécontents, comme c'était le cas de la jeune fille et sa mère.— Je te l'avais dit, maman, Cassandra va épouser Clément, chuchota la jeune fille, dépitée.— C'est bien triste pour la petite Isabelle. Elle vient à peine de nous quitter, et son fiancé envisage déjà de se remarier, répondit sa mère en secouant la tête.Clément, à l'écoute des propos de son père depuis le côté de la scène, ne pouvait s'empêcher d'esquisser un sourire moqueur en direction de Marcus. Cassandra, dissimulée dans les coulisses, affichait un sourire radieux, écoutant chaque mot avec délectation.— J'aimerais que mon fils ainsi que ma future belle-fille me rejoignent sur scène, annonça Marcus en tendant le bras.Clément jeta un regard complice à Derrick avant de rejoindre son père, un sourire parfaitement maîtrisé sur les lèvres. Cassandra, soutenue par sa mère, s'avança avec grâce. Clément se montra courtois, lui adressa
Sous l'ordre de Marcus, des invitations avaient été envoyées à toutes les familles fortunées de la ville. L'événement fut organisé dans le grand salon de la famille Evans, un espace majestueux capable d'accueillir des centaines d'invités. Le jour de la fête, Clément s'y rendit accompagné de Derrick, bien en avance. Il sortit de la voiture, ajusta sa veste et pénétra dans le grand salon où une équipe de décorateurs s'affairait encore à placer les dernières touches. Il traversa la pièce sans un regard pour le travail en cours et se dirigea vers la chambre de ses parents.Marielle était assise devant son miroir, occupée à se coiffer, lorsqu'elle entendit frapper à la porte.— Entrez !Clément ouvrit la porte et entra silencieusement. Il se plaça derrière sa mère, croisant son regard dans le reflet du miroir.— Bonjour, ma chère maman.— Bonjour, mon fils. Tu es très élégant ce soir, le complimenta-t-elle en tournant légèrement la tête pour mieux l'admirer.— Toi aussi, tu es aussi belle
Ethan soupçonnait que ces deux-là avaient quelque chose de louche, sinon Rachelle ne l'aurait pas forcé à rentrer. Lorsqu'ils s'éloignèrent un peu, il s'arrêta brusquement.— Dis-moi ce qui se passe, Rachelle.— Je te le dirai, mais avant ça, promets-moi de ne pas te mettre en colère.— Et pourquoi je ne me mettrais pas en colère ? Cette femme t'a fait du mal intentionnellement !— Je sais, mais tu dois me le promettre si tu veux entendre quoi que ce soit, insista-t-elle.— D'accord, je te le promets.— C'est de cette femme que tu voulais faire ta femme ?— C'est ma mère qui le voulait, pas moi.— Tu ne l'aimais pas ?— Je viens de te dire que c'est ma mère qui forçait les choses entre nous. Elle n'a jamais été mon choix.— Ça tombe bien, alors… Je viens de les surprendre en train de s'embrasser. Mark doit être son amant. Peut-être qu'ils avaient une très forte liaison.La colère d'Ethan commença à monter, mais comme il avait promis, il la réprima tant bien que mal.— Pourquoi dis-tu
Mark fixait Isabelle durant tout l'appel, un sourire discret aux lèvres.— C'était qui ? demanda-t-il lorsqu'elle raccrocha.— C'était Ethan. Il voulait prendre de mes nouvelles.— Ton frère est si protecteur avec toi. A-t-il toujours été ainsi ?— Oui, répondit-elle simplement, le regard perdu au loin.— Est-ce que tu te sens à l'aise en ma compagnie ?— Oui, merci. Je ne sais même pas quand remonte la dernière fois où j'ai fréquenté un endroit pareil avant mon accident.Mark se pencha légèrement vers elle, un sourire en coin.— Si ma compagnie te plaît, je pourrais rester à tes côtés pour toujours. Qu'en penses-tu ?— Qu'est-ce que tu veux dire par là ? demanda Isabelle, méfiante.— Rachelle, tu me plais depuis la première fois où je t'ai rencontrée. Et je voudrais essayer quelque chose de sérieux avec toi, dit-il en prenant ses mains.Isabelle retira ses mains d'un geste vif et se leva, le visage fermé.— Est-ce que tu te moques de moi, Mark ?— Pas du tout, Rachelle. C'est ce que
Clément s'habilla rapidement et quitta sa chambre. Il descendait les escaliers lorsqu'il entendit la voix de Cassandra tonner contre Derrick, furieuse et autoritaire. Dès qu'elle l'aperçut, elle accourut vers lui, le visage soudainement radouci.— Mon Clément ! Est-ce que tu vas bien ?— Oui, je vais bien, répondit-il froidement. Qu'est-ce que tu cherches chez moi à cette heure ? Et pourquoi fais-tu tout ce bruit ?— Tu m'as dit que tu ne te sentais pas bien, et je n'ai pas pu m'empêcher de m'inquiéter pour toi, expliqua-t-elle d'une voix mielleuse. Mais ton garde du corps m'empêchait de te rejoindre dans ta chambre.Elle pensait qu'en disant cela, Clément se retournerait contre Derrick. Au contraire, il s'assit sur le canapé, la laissant debout, et répondit d'un ton détaché :— Il n'a fait que suivre les instructions. Si tu m'avais prévenu de ta venue, je l'aurais informé bien avant.Sa froideur contrastait avec la complicité qu'elle avait cru percevoir deux jours plus tôt. Cassandra
Clément et Derrick prenaient le dîner tranquillement, l'un assis en face de l'autre. D'habitude, Derrick ne manquait jamais de faire des commentaires, mais ce soir-là, il était étrangement calme, le regard fixé sur son assiette. Ce silence finit par agacer Clément.— Peux-tu arrêter de faire cette tête ? Ce n'est pas une idiote de femme qui va te mettre dans cet état, lança-t-il en coupant un morceau de viande.Derrick ne répondit pas et continua de manger, imperturbable. Clément haussa les épaules et le laissa tranquille.Soudain, son téléphone posé sur la table se mit à sonner. L'écran affichait le nom de son père : Marcus. Clément devina immédiatement la raison de cet appel et, sans un mot, il ignora la sonnerie. Derrick, qui l'observait du coin de l'œil, déposa sa fourchette et le regarda fixement.— Veux-tu qu'il me gronde à son tour comme un chien ? demanda-t-il d'une voix sarcastique.— Pourquoi tu t'emportes pour une si petite affaire ? Je lui répondrai plus tard. Je ne veux p







