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chapitre 5 — La promesse

작가: Lunalevy
last update 게시일: 2026-09-19 11:07:33

Je fixai la photographie sans parvenir à détourner les yeux.

**« Un jour, il protégera ce qui nous est le plus précieux. »**

Ces mots étaient gravés dans mon esprit.

Je relevai lentement la tête vers mon père.

— Qu’est-ce que ça veut dire ?

Il ne répondit pas.

— Papa ?

Toujours rien.

Je regardai ma mère. Des larmes coulaient silencieusement sur ses joues.

Mon cœur se serra.

— Maman… pourquoi tu pleures ?

Elle essuya rapidement son visage.

— Parce que certaines choses auraient dû t’être expliquées bien plus tôt.

— Alors explique-les-moi maintenant.

Mon père poussa un long soupir.

— Liora, tu dois comprendre que tout ce qui s’est passé il y a huit ans ne concernait pas uniquement notre famille.

— Alors qui d’autre était concerné ?

Il regarda la photographie.

— Les Sterling.

Je baissai les yeux vers l’image.

Elias avait l’air si jeune.

Je n’arrivais pas à comprendre comment il pouvait être lié à ma vie depuis aussi longtemps alors que je ne l’avais rencontré qu’hier.

— Quel âge avait-il ?

— Vingt ans.

Je fronçai les sourcils.

— Et moi, j’en avais dix-sept.

Mon père acquiesça.

— Oui.

Un silence pesant s’installa.

— Qu’est-ce qui s’est passé cette année-là ?

Mon père se leva et se dirigea vers la fenêtre.

— Notre famille traversait une période difficile.

— Tu me l’as déjà dit.

— Nous avions des dettes.

Je ne répondis pas.

— Ton père et le père d’Elias avaient travaillé ensemble pendant plusieurs années. Lorsque notre situation s’est aggravée, il nous a proposé son aide.

— En échange de quoi ?

Il resta silencieux.

Je connaissais déjà la réponse.

— De cet accord.

— Oui.

Je sentis ma gorge se nouer.

— Mais pourquoi moi ?

Mon père se retourna.

— Ce n’était pas censé être toi.

Je fronçai les sourcils.

— Comment ça ?

Il regarda ma mère.

Elle baissa les yeux.

— L’accord concernait les générations futures, expliqua-t-elle doucement.

— Ça ne veut rien dire.

— Cela voulait dire que si nos familles restaient liées, leurs enfants pourraient un jour unir leurs vies.

Je restai bouche bée.

— Vous parlez d’un mariage.

— Oui.

Je secouai la tête.

— Vous aviez prévu ça depuis huit ans ?

— Pas exactement.

— Alors quoi ?

Mon père ne répondit pas.

Je frappai légèrement la photographie du bout du doigt.

— Et cette phrase ?

Il ferma les yeux.

— C’est ton père qui l’a écrite ?

— Non.

— Alors qui ?

— Le père d’Elias.

Je regardai encore la photographie.

— Pourquoi aurait-il écrit qu’Elias me protégerait ?

Mon père resta silencieux.

Puis il répondit :

— Parce qu’il savait quelque chose que nous ne savions pas encore.

Je sentis un frisson parcourir mon corps.

— Quoi ?

— Je ne peux pas te le dire.

Je reculai.

— Encore ?

Ma voix se brisa.

— Depuis que cette histoire a commencé, vous ne faites que me dire que vous ne pouvez pas me parler.

Ma mère s’approcha.

— Liora…

— Non.

Je secouai la tête.

— Je veux la vérité.

Mon père me regarda avec une expression que je ne lui connaissais pas.

De la peur.

Pas de la colère.

De la peur.

— Tu devrais demander à Elias.

Je restai immobile.

— Il sait ?

— Oui.

Mon cœur se mit à battre plus vite.

— Il sait ce qui s’est passé il y a huit ans ?

— Une partie.

Je pris mon téléphone.

— Je vais l’appeler.

Mon père se redressa.

— Liora, attends.

— Pourquoi ?

— Parce que tu ne sais pas encore ce que tu vas découvrir.

Je le regardai droit dans les yeux.

— Justement. Je veux enfin le savoir.

Je quittai le bureau.

Ma mère m’accompagna jusqu’à la porte.

— Je suis désolée.

Je m’arrêtai.

Je me retournai vers elle.

— Pour quoi ?

Elle ne répondit pas.

Et ce silence me fit encore plus mal.

---

Une fois dans ma voiture, je composai le numéro d’Elias.

Une sonnerie.

Deux.

Trois.

Puis il décrocha.

— Liora ?

Sa voix était calme.

La mienne ne l’était pas.

— Il faut qu’on parle.

Un silence.

— Qu’est-ce qui s’est passé ?

— Je suis chez mes parents.

Il comprit immédiatement.

— Tu as trouvé la photographie ?

Je me figeai.

— Tu savais qu’elle existait ?

— Oui.

— Tu savais ce qui était écrit derrière ?

— Oui.

Je fermai les yeux.

— Pourquoi tu ne m’as rien dit ?

— Parce que je voulais que ton père te le dise lui-même.

— Il ne m’a rien expliqué.

Sa voix changea.

— Qu’est-ce qu’il t’a dit ?

— Que ton père avait aidé ma famille il y a huit ans.

— C’est vrai.

— Et qu’en échange, un accord avait été conclu.

— Oui.

— Un accord qui concernait notre mariage.

Il ne répondit pas.

Je pris son silence pour une confirmation.

— Elias…

— Je suis désolé.

Ces trois mots me firent plus mal que je ne l’aurais imaginé.

— Pourquoi ?

— Parce que tu aurais dû l’apprendre autrement.

— Alors explique-moi.

— Où es-tu ?

— Dans ma voiture.

— Ne bouge pas.

Je fronçai les sourcils.

— Pourquoi ?

— Je viens te rejoindre.

— Elias, je ne veux pas que tu…

— Liora.

Sa voix était douce mais ferme.

— Tu as besoin de réponses.

Je me tus.

— Et je vais te les donner.

---

Vingt minutes plus tard, je le vis arriver.

Il gara sa voiture près de la mienne et descendit.

Je sortis également.

Il s’approcha.

Cette fois, il ne me demanda pas si j’allais bien.

Il savait déjà que ce n’était pas le cas.

— Tu as vu la photographie ?

Je hochai la tête.

— Oui.

— Et la phrase ?

— Oui.

Il passa une main dans ses cheveux.

— Je savais que ce moment finirait par arriver.

— Quel moment ?

Il me regarda.

— Celui où tu apprendrais pourquoi nos familles veulent que nous nous mariions.

Je croisai les bras.

— Alors parle.

Il hésita.

— Il y a huit ans, mon père a sauvé ton père d’une situation qui aurait pu détruire votre famille.

— Financièrement ?

— Pas seulement.

Je le regardai attentivement.

— Quoi d’autre ?

— Je ne peux pas encore tout te dire.

Je soupirai.

— Tu recommences.

— Parce que certaines choses ne m’appartiennent pas.

— Mais elles me concernent !

— Je sais.

Il s’approcha d’un pas.

Je ne reculai pas.

— Ton père m’a demandé de te protéger.

Je fronçai les sourcils.

— Me protéger de quoi ?

Il resta silencieux.

— Elias.

Il me regarda droit dans les yeux.

— De ce qui pourrait arriver si l’accord entre nos familles était rompu.

Je sentis un frisson.

— Tu veux dire que si je refuse ce mariage…

— Certaines conséquences pourraient retomber sur ta famille.

— C’est une menace ?

— Non.

Il secoua immédiatement la tête.

— Ce n’est pas moi qui te menace.

— Alors qui ?

Il ne répondit pas.

Je le fixai.

— Tu vois ? Encore des secrets.

— Je sais.

Il baissa légèrement la voix.

— Mais je veux que tu comprennes une chose.

J’attendis.

— Je ne t’ai jamais demandé d’accepter ce mariage.

— Pourtant, tu savais qu’il allait arriver.

— Oui.

— Et tu as quand même accepté de me rencontrer.

— Parce que je voulais te connaître.

Cette réponse me surprit.

— Pourquoi ?

Il me regarda quelques secondes.

— Parce que j’avais entendu parler de toi.

— De moi ?

— Oui.

— Qu’est-ce qu’on t’a dit ?

Un léger sourire apparut sur son visage.

— Que tu étais têtue.

Je levai les yeux au ciel.

— Très drôle.

— Que tu étais indépendante.

Son sourire disparut légèrement.

— Et que tu avais passé ta vie à essayer de ne dépendre de personne.

Je restai silencieuse.

Il me connaissait à peine et pourtant, cette phrase me toucha.

— Et toi ? demandai-je.

— Quoi ?

— Qu’est-ce que tu veux ?

Il me regarda longuement.

— Je veux pouvoir choisir ma vie.

Je haussai les sourcils.

— Alors nous avons au moins une chose en commun.

— Oui.

Le silence s’installa.

Pour la première fois depuis le début de cette histoire, je me sentis moins seule.

Mais une autre question me brûlait les lèvres.

— La promesse.

Son regard changea.

— Quelle promesse ?

— Celle de ton père.

Il détourna les yeux.

— Il a demandé à ce que je te protège.

— Pourquoi ?

— Parce qu’il savait que quelque chose allait arriver.

Je me figeai.

— Quoi ?

Elias resta silencieux.

Puis il sortit son téléphone.

— Il m’a laissé quelque chose.

— Quoi ?

Il ouvrit un message enregistré.

— Une lettre.

Mon cœur se mit à battre plus vite.

— Une lettre de ton père ?

— Oui.

— Qu’est-ce qu’elle dit ?

Elias hésita.

Puis il me regarda.

— Elle parle de toi.

Je cessai de respirer.

— De moi ?

Il acquiesça.

— Et elle explique pourquoi, il y a huit ans, mon père m’a demandé de faire une promesse concernant une jeune fille que je ne connaissais même pas.

Je le regardai sans savoir quoi répondre.

— Tu as cette lettre ?

— Oui.

— Alors donne-la-moi.

Il resta silencieux.

Puis il rangea son téléphone.

— Pas ici.

— Pourquoi ?

— Parce que ce qu’elle contient pourrait changer définitivement ce que tu penses de ton père.

Mon cœur se serra.

— Et toi ?

Il me fixa.

— Moi aussi.

Je restai immobile.

Elias fit un pas vers moi.

— Liora, je ne veux pas que tu m’épouses parce que tu as peur de ce qui pourrait arriver si tu refuses.

— Alors pourquoi ?

Son regard resta accroché au mien.

— Parce que si tu acceptes, je veux que ce soit ton choix.

Je ne trouvai rien à répondre.

Il recula légèrement.

— Je vais te laisser réfléchir.

Il se retourna.

— Elias.

Il s’arrêta.

— Quand est-ce que je pourrai lire cette lettre ?

Il me regarda par-dessus son épaule.

— Demain.

Puis il partit.

Je restai seule sur le parking.

Je regardai la voiture d’Elias disparaître au bout de la rue.

Une seule pensée tournait dans ma tête.

**Demain, j’allais enfin découvrir ce que mon père avait cherché à me cacher pendant huit ans.**

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