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CHAPITRE 11 : BUSINESS ET CRUAUTÉ

Author: Dledition
last update publish date: 2026-07-09 21:52:39

Lorenzo

Le pouvoir est un aphrodisiaque plus puissant que toutes les femmes du monde. Il coule dans mes veines comme une drogue, fait battre mon cœur plus vite que n'importe quelle caresse, dresse mon sexe plus sûrement que la plus habile des courtisanes. Quand je détruis un concurrent, quand je signe un contrat qui en ruine un autre, quand je vois les chiffres de mon empire grimper toujours plus haut, je ressens quelque chose qui ressemble au plaisir. Le seul plaisir qui ne me déçoive jamais
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  • Péché originel    Chapitre 88— Déclaration

    Lorenzo À vingt et une heures cinquante, je suis dans ma chambre. J'ai fait changer les draps ce matin. J'ai fait laver le tapis à l'endroit du vomi. J'ai fait retirer le verre de whisky et la fiole — la fiole a été mise dans le dossier de police, le verre a été jeté. Sur la table de chevet, il n'y a plus que la petite lampe et une carafe d'eau propre. J'ai fait apporter des fleurs — pas beaucoup, deux tiges de jasmin blanc dans un vase étroit. Rien de plus. Je ne veux pas transformer cette chambre en scène de séduction. Je veux qu'elle reste ma chambre, avec les rideaux noirs, le baldaquin, le tapis persan. Simplement une chambre où deux personnes qui s'aiment vont enfin s'aimer. Je suis en chemise blanche ouverte, pantalon noir, pieds nus. Pas de cravate. Pas de veste. Pas de peignoir. Je ne veux pas être en armure, mais je ne veux pas non plus être déjà nu — je ne veux pas anticiper le geste. À vingt-deux heures pile, on frappe. Trois coups. Je vais à la porte. J'ouvre. Ell

  • Péché originel    Chapitre 87 — Preuve de loyauté 2

    Nous remontons du sous-sol. Ensemble. Main dans la main. Nous passons devant Madame Fiore dans le couloir. Elle nous voit. Elle sourit. Elle ne dit rien. Nous montons dans mon bureau. Nous nous asseyons , elle dans le fauteuil qui est devenu le sien, moi dans le mien. Nous parlons pendant deux heures. Nous parlons de tout. De Bianca. De la police. Du valet. Du procès qui viendra. Nous parlons de la serre j'ai fait démonter le petit lit ce matin, très tôt, avec l'aide du jardinier. Les pétales ont été jetés au compost. La bouteille de vin a été rebouchée et remise à la cave. Il n'y a plus de trace dans la serre de la nuit qui n'a pas eu lieu. Nous parlons de la nuit qui viendra. Nous ne mettons pas de date. Nous laissons cela venir. À midi, nous descendons déjeuner. Ensemble. À la petite salle à manger. Nous mangeons. Nous nous regardons. Nous rions une fois , je ne sais plus de quoi, d'une bêtise, d'une chose que le cuisinier a dite en apportant le plat. Nous rions. C'est

  • Péché originel    Chapitre 86 : Preuve de loyauté

    LorenzoLe lendemain matin, à six heures, je descends au sous-sol du Palazzo.Le sous-sol, personne n'y va sauf moi. C'est là que se trouve la salle des serveurs , un petit local climatisé où sont branchés les enregistreurs vidéo. Je n'ai pas menti à Bianca il y a des années : il y a des caméras dans le Palazzo. Pas dans les chambres à coucher, ni dans les salles de bains. Mais dans les couloirs, dans les escaliers, dans les entrées de service, dans le grand hall, dans mon propre bureau. Je vis dans une maison surveillée. Je suis le seul à avoir la clé du sous-sol. Le seul à regarder les enregistrements , quand j'en ai besoin, ce qui est rare.Je descends l'escalier étroit. Je déverrouille la porte de fer. J'entre. Les serveurs bourdonnent. La lumière est bleue.Je m'assieds à l'écran de contrôle. Je tape les commandes. Je remonte à hier soir. Vingt-deux heures.L'image apparaît. Le couloir du premier étage, filmé du côté de l'e

  • Péché originel    Chapitre 85 — La rupture 3

    Madame Fiore me regarde. Ses yeux sont graves. — Pour partir. Je me raidis. — Comment ça, pour partir. — L'avocat est reparti à dix-huit heures. Il m'a croisée dans le hall. Il m'a dit , parce qu'il me connaît depuis vingt ans, parce qu'il m'aime bien — il m'a dit que Monsieur avait demandé la préparation d'une donation à votre nom, avec pour condition que vous quittiez le Palazzo dans les quarante-huit heures. Je ferme les yeux. Je comprends. Je comprends d'un coup, avec une clarté horrible, ce que Lorenzo est en train de faire. Il croit qu'en le violant, Bianca a détruit quelque chose entre nous. Il croit que je ne peux plus le regarder de la même manière. Il croit qu'il ne pourra plus jamais m'approcher sans avoir sur la peau le souvenir d'une autre bouche à laquelle il n'avait pas consenti. Il croit qu'il est souillé. Il croit qu'il me souillera par

  • Péché originel    Chapitre 84 — La rupture 2

    Sa voix monte. Elle monte en cassure. Elle monte comme la voix d'un homme qui va crier.— SORS.Il crie.Il crie vraiment cette fois. Un cri d'homme, un cri à faire trembler les vitres. Un cri qui ne vise pas moi, je le sais, mais qui vise l'univers, qui vise le petit garçon derrière le mur, qui vise sa mère morte, qui vise Bianca, qui vise tout ce qui, depuis trente-huit ans, l'a réduit à recevoir sans avoir choisi.Je recule d'un pas. Malgré moi. Le cri m'a giflée.Il voit qu'il m'a fait reculer. Il ferme les yeux. Il se prend la tête entre les mains.— Va-t'en, Aurora. Je t'en supplie. Va-t'en.Je respire. Je me relève. Je fais demi-tour.Je marche vers la porte.Je m'arrête sur le seuil. Je me retourne.— Lorenzo.— Oui.— Je serai dans ma chambre. Toute la journée. Toute la nuit s'il le faut. Quand tu seras prêt à me revoir, viens. Frappe. J'ouvrirai.I

  • Péché originel    Chapitre 83 — La rupture

    AuroraIl se réveille pour de bon à onze heures du matin.Le docteur Ferretti est reparti à sept heures, après avoir vérifié une dernière fois sa respiration, ses pupilles, son pouls. Il a laissé une petite fiole sur la table de chevet — quelque chose pour la nausée, au cas où et il est parti par la porte de service, comme il était venu, sans avoir croisé personne. Madame Fiore a fait passer aux domestiques une consigne simple : Monsieur est souffrant. Personne ne monte à cet étage aujourd'hui. Madame Aurora s'occupe de lui. Elle a dit Madame. Le mot a couru dans les cuisines avant sept heures et demie. Le personnel entier s'est incliné devant ce nom sans que je le voie. C'est ainsi que Madame Fiore fait les choses , sans que je le voie.Je suis restée à côté de lui toute la matinée. Assise dans le fauteuil. Sa main dans la mienne. J'ai regardé le soleil monter dans la chambre , d'abord un rayon pâle sur le tapis, puis une flaque de lumière sur l

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