LOGIN“Liam”
Il est tard quand je quitte chez Edward. J’avais besoin de parler de ce qui s’est passé avec quelqu’un et qui de mieux que mon ami d’enfance. Je roule sans vraiment savoir où je vais pendant dix minutes avant de me garer sur le bas-côté. J’éteins le moteur et reste là, les mains encore crispées sur le volant. Je repense à tout ce qui s’était passé et aux conseils d’Edward et je m’en veux.
Je n’aurais jamais dû lui parler comme ça. Je n’aurais pas dû la regarder avec ces yeux pleins de doute.
Je passe une main sur mon visage. Ma gorge est serrée. Je revois son visage quand sa voix s’est cassée en disant « Liam crois moi stp». Putain, quel con je suis.
Je ne mérite pas une femme comme elle. Ava a tout quitté, elle supporte mon père, les regards, les ragots, la pression… et moi, à la première photo floue, je doute d’elle.
Je reprends mon téléphone et regarde à nouveau les messages. Cinq photos. Cinq. Quelqu’un veut clairement nous séparer, mais ce n’est pas une excuse pour justifier mon comportement. J’aurais dû la protéger au lieu de l’attaquer.
Sur la route du retour, je m’arrête devant la petite boutique de fleurs. Je prends le plus gros bouquet de roses blanches et de pivoines qu’ils ont, ce sont ses préférés. J’hésite, puis j’entre aussi dans la petite épicerie fine à côté et je prends sa glace préférée, celle au caramel beurre salé, et une bouteille de ce vin français qu’on garde pour les bons moments.
En remontant dans la voiture, mon cœur bat encore fort, mais cette fois c’est différent. C’est de la peur. Peur qu’elle ne me pardonne pas tout de suite. Peur d’avoir abîmé la confiance qu’elle avait en moi.
Quand j’arrive devant l’appartement, je reste quelques secondes devant la porte, le bouquet dans une main, le sac dans l’autre. Je respire un grand coup et j’entre doucement.
Ava est toujours sur le canapé, les genoux ramenés contre elle. Elle relève la tête. Ses yeux sont rouges et gonflés. La voir comme ça me broie le cœur.
Je pose tout sur la table basse et je m’agenouille directement devant elle, sans attendre.
— Je suis désolé, Ava… murmuré-je en prenant ses mains. J’ai été con. Impulsif. J’ai laissé ma peur parler à ma place et je t’ai fait du mal. Je n’aurais jamais dû douter de toi. Même une seconde. Tu ne mérites pas ça. Pas après tout ce qu’on a construit.
Je serre ses mains un peu plus fort, la voix rauque.
— Je te crois. Je te crois vraiment. Et je regrette tellement d’avoir réagi comme ça. Dis-moi ce que je peux faire pour me rattraper. Je ferai tout ce que tu veux. Je reste à genoux toute la nuit si ça peut te prouver que je suis sincère.
Je pose mon front contre nos mains jointes, la gorge nouée.
— Je t’aime comme un fou. Et je refuse que qui que ce soit, même moi, arrive à nous briser.
Je relève la tête et la regarde droit dans les yeux.
— Pardonne-moi, mon amour… s’il te plaît.
Ava me regarde longuement en silence, les yeux encore brillants de larmes. Elle passe une main tremblante dans mes cheveux, puis sur ma joue. Je vois qu’elle lutte encore un peu, entre la douleur et l’amour.
— Tu m’as fait mal, Liam… murmure-t-elle d’une voix douce et tremblante. Pendant quelques minutes, j’ai eu l’impression que tout ce qu’on avait construit pouvait s’effondrer à cause d’une simple photo.
Je sais à quel point ton père et cette famille te mettent la pression dit elle en inspirant profondément.
Elle glisse ses mains sur mon visage et m’attire vers elle. Je me relève légèrement pour la prendre dans mes bras. Elle enfouit son visage dans mon cou.
— Je te pardonne, souffle-t-elle. Mais ne recommence plus jamais. Doute de tout le monde si tu veux, mais jamais de moi. D’accord ?
— Jamais plus, promis-je en la serrant fort contre moi.
Je l’embrasse sur le front, puis sur les tempes, les joues, et enfin sur les lèvres. Ce baiser est doux, lent, rempli de tout l’amour et du soulagement que je ressens. Ava répond à mon baiser avec la même intensité, ses mains glissant dans mes cheveux.
Je me relève complètement en la soulevant dans mes bras. Elle laisse échapper un petit rire surpris et s’accroche à mon cou.
— Ce soir, il n’y a plus que toi et moi, murmuré-je contre sa bouche.
Je l’emmène jusqu’à la chambre, le bouquet et la glace oubliés sur la table basse. On passe le reste de la soirée enlacés, à s’embrasser, à se caresser doucement, à se murmurer des « je t’aime » entre deux rires et deux silences tendres.
Allongés dans le lit, son corps blotti contre le mien, je caresse lentement son dos tandis qu’elle dessine des cercles sur mon torse. Et de façon naturelle, nos lèvres se rapprochent. Cette fois le baiser est plus intense, passionné et électrique.
“Liam”Edward lève son dernier verre, un sourire béat et un peu flou sur le visage, trinquant avec Sarah qui le regarde avec une affection amusée, prête visiblement à le ramener à la maison avant qu'il ne tente une nouvelle improvisation vocale sur la piste de danse.— On y va, dit-elle doucement, en l'aidant à se lever. Dis au revoir aux mariés.— Liam ! Ava ! lance Edward, les bras grands ouverts, manquant de renverser son verre vide au passage. Vous êtes... vous êtes le meilleur couple que je connaisse. Vraiment.— Merci, Edward, dis-je en riant, le serrant brièvement dans mes bras. Rentrez bien.Sarah m'adresse un sourire reconnaissant, l'entraînant doucement vers la sortie, Rachel leur emboîte le pas en bâillant, le bouquet toujours précieusement serré contre elle.— Je t'appelle demain, dit-elle à Ava, l'embrassant une dernière fois. Enfin, plutôt cet après-midi. Je ne me fais aucune illusion sur l'heure à laquelle je vais me réveiller.Diane s'attarde un peu plus longtemps, ass
“Ava”La danse se termine sous une salve d'applaudissements chaleureux, et Liam m'escorte doucement jusqu'à notre table. Il dépose un baiser sur mon front avant que nous ne nous asseyions à nouveau, essoufflés mais rayonnants. Le maître de cérémonie reprend le micro.— Et maintenant, un dernier mot, de la part de la mère de la mariée.Ma mère se lève, visiblement nerveuse, lissant sa robe d'un geste machinal avant de prendre le micro qu'on lui tend. Elle me cherche du regard, et je lui souris, l'encourageant silencieusement.— Je dois avouer, commence-t-elle, la voix tremblante, que je n'avais jamais imaginé prononcer ce discours. Pendant longtemps, Ava et moi avons vécu loin l'une de l'autre, séparées par des silences que je regrette amèrement aujourd'hui.Un silence attentif s'installe dans la salle, chacun percevant la gravité sincère de ce moment.— Mais ma fille m'a appris quelque chose d'essentiel, ces derniers mois : qu'il n'est jamais trop tard pour réparer ce qui semblait irr
“Ava”Le tintement d'une cuillère contre un verre fait taire peu à peu le brouhaha de la salle. Marcus se lève, un micro à la main, et un silence respectueux s'installe presque instantanément. Cette présence qu'il dégage naturellement, même dans ses moments les plus vulnérables.— Je ne suis pas un homme habitué aux grands discours sincères, commence-t-il, un sourire un peu gêné aux lèvres, provoquant quelques rires complices parmi les invités qui le connaissent depuis longtemps. Je préfère généralement les négociations de contrats aux déclarations publiques d'émotion.Un nouveau rire traverse l'assemblée. Liam serre ma main sous la table, un sourire amusé aux lèvres.— Mais aujourd'hui, continue Marcus, je me dois de faire une exception. Il y a quelques mois, j'étais un père convaincu de savoir ce qui convenait le mieux à son fils. J'avais tort. Profondément tort.Il marque une pause, son regard se posant sur moi, puis sur Liam.— Ava, je sais que je ne t'ai pas facilité les choses,
“Ava”La cérémonie se termine dans un tourbillon de joie des applaudissements par-ci, des embrassades par là. Je suis tellement heureuse m. Cette foule d'invités se levant d'un même mouvement pour nous entourer, nous féliciter, verser quelques larmes supplémentaires avant que le photographe ne nous entraîne, Liam et moi, pour une série de clichés sous l'arche fleurie, entourés de nos familles et témoins les plus proches.Marcus s'approche une dernière fois avant que la foule ne se disperse, pose un baiser léger sur ma joue, puis serre longuement Liam dans ses bras, ce geste si inhabituel de sa part arrachant un petit rire ému à plusieurs invités témoins de la scène.Peu à peu, les convives commencent à quitter le jardin, se dirigeant à pied ou en petites navettes électriques vers la grande salle de réception, de l'autre côté de la propriété — une orangerie magnifiquement restaurée, dont les immenses baies vitrées laissent déjà deviner, depuis l'extérieur, les tables dressées et les gu
AvaLe célébrant commence à parler, mais ses mots me parviennent comme à travers une brume douce, mon esprit entier absorbé par la main de Liam dans la mienne, par ce regard qui ne me quitte plus depuis que je suis apparue au bout de l'allée.— Nous sommes réunis ici aujourd'hui pour célébrer l'union de Liam et Ava, un amour qui a traversé bien des épreuves pour s'épanouir enfin dans toute sa splendeur. […]— C'est maintenant le moment de vos vœux, dit le célébrant, un sourire chaleureux aux lèvres. Liam, à toi l'honneur.Il se tourne complètement vers moi, prend mes deux mains dans les siennes, son regard si assuré, si tendre, qui le rassure. Mes yeux s’embuent de larmes…— Ava, commence-t-il, sa voix posée, chaude, empreinte d'une confiance tranquille que je ne lui ai jamais vue avec une telle intensité. Il y a quelques années, je pensais savoir exactement ce à quoi ressemblerait ma vie. Un chemin tout tracé, des attentes que je n'avais jamais vraiment questionnées. Et puis tu es ar
“Ava”La porte s'ouvre sur Marcus.Il se tient sur le seuil, costume impeccable, cheveux parfaitement coiffés, mais ses mains, jointes devant lui, trahissent une nervosité que je ne lui ai jamais vue. Pendant une seconde, personne dans la pièce ne dit un mot. Rachel arrête de lisser ma traîne. Priya suspend son pinceau dans le vide.— Marcus, dis-je, surprise. Je pensais que c'était le photographe.— Non, répond-il, en s'éclaircissant la gorge. Je me suis permis de venir moi-même. Si vous me le permettez.Diane échange un regard rapide avec moi, un sourire discret aux lèvres, et je comprends qu'elle est déjà au courant de ce qui se prépare.— Nous allions justement vous laisser, dit-elle en attrapant doucement le bras de Rachel. Viens, on va vérifier que le jardin est prêt.Une à une, elles quittent la pièce, avec cette discrétion complice des gens qui ont deviné qu'un moment important s'apprête à se dérouler. La porte se referme, et je me retrouve seule face à cet homme qui, il y a q







