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Chapitre 213 — Le Rêve Brisé

Autor: Déesse
last update Fecha de publicación: 2025-10-05 00:41:03

Alexandre

Je cours.

Le sol est mou, mouvant, comme du sable détrempé qui cède sous mes pas. Chaque foulée me coûte. Pourtant je continue, poussé par une urgence qui me brûle la poitrine. Je ne sais pas ce que je poursuis, mais je sais que je dois la trouver. Que si je m’arrête, elle disparaîtra pour toujours.

Tout autour, un voile de brume. Blanc, épais, presque liquide. Elle avale le ciel, le sol, l’horizon. Il n’y a plus ni haut ni bas, ni droite ni gauche. Rien que ce brouillard étouffant, c
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  • SOUVIENS-TOI DE MOI NUE    Épilogue 2 — La Nuit et la Promesse

    LYRALa mer respire tout près.Sous la terrasse, les vagues viennent mourir sur la roche avant de repartir, patientes, éternelles.Le vent passe sur ma peau, soulève les voilages, glisse dans mes cheveux.Chaque souffle semble dire : tu es là, enfin.La chambre est ouverte sur le monde.La lune y verse son or pâle, le même or que celui de mes rêves.Tout est calme.Tout attend.Je me tiens près de la fenêtre, encore drapée de lumière.Mon cœur bat comme au premier jour, et pourtant , il bat plus doucement.Ce soir, rien ne brûle.Tout éclaire.La porte s’entrouvre.Ses pas, lents, s’approchent de moi.Il ne dit rien.Il n’a pas besoin.Sa présence seule suffit à apaiser le dernier tremblement de mon âme.Je sens sa main frôler mon épaule, comme une promesse.La chaleur se répand, lente, douce, souveraine.Je ferme les yeux.Tout le passé s’efface ou plutôt, il s’incline.Car rien n’est oublié ; tout est pardonné.ALEXANDREJe la regarde sans oser parler.La lumière glisse sur elle, su

  • SOUVIENS-TOI DE MOI NUE    Épilogue — La Lumière et le Nom

    LYRALe ciel s’étire, vaste et doré, au-dessus des collines.La villa, blanche entre les cyprès, s’est couverte de fleurs. Des rubans d’ivoire flottent aux fenêtres, le vent joue dans les guirlandes, et la cloche de l’église voisine sonne, claire, comme un souffle ancien qui revient à la vie.Aujourd’hui, Gabriel reçoit son nom.Et nous, le nôtre , celui que nous avons choisi, ensemble, après tant de luttes.Daniel est venu nous soutenir dans ce moment avec sa nouvelle copine . Je crois qu'il a tourné la page. Je me tiens devant le miroir, la robe légère, les épaules nues.Autour de moi, tout respire la paix : le parfum du jasmin, les éclats de voix dans le jardin, les rires étouffés des invités.Je ferme les yeux un instant.Je pense à ma mère. À ce qu’elle aurait dit.Peut-être qu’elle aurait souri, cette fois. Peut-être qu’elle aurait enfin vu en moi non pas une fuite, mais un retour.Un léger coup à la porte.— Prête ?Je me retourne , Alexandre est là.Il porte un costume clair,

  • SOUVIENS-TOI DE MOI NUE    Chapitre 261 — Le Poids des Mères

    ALEXANDREIl y a dans le silence d’une prison quelque chose d’inhumainement lent.Un battement suspendu, un temps qui ne passe plus.Les pas résonnent dans le couloir, comptés, précis.Le gardien m’avance devant lui, son trousseau cliquette à chaque pas, comme un rappel du monde dehors.Je n’étais pas revenu ici depuis le jour de son arrestation.Deux mois ont passé, mais le souvenir est resté : la porte, les flashs, sa voix, ce cri qu’elle m’avait lancé comme une lame.Aujourd’hui, tout est plus calme.Mais le calme n’est qu’une autre forme de guerre.La pièce d’entretien est petite, nue.Une table de métal, deux chaises, un néon froid.Elle entre quelques minutes plus tard, menottée, encadrée par deux surveillantes.Quand elle me voit, elle s’arrête.Son visage a changé.Les traits tirés, les cheveux gris, les yeux creusés d’insomnie.Mais il y a dans son regard cette même fierté glacée , celle qui, jadis, me faisait obéir sans discuter.Elle s’assoit lentement.Les surveillantes s’

  • SOUVIENS-TOI DE MOI NUE    Chapitre 260 — Le Fils du Jour

    LYRADeux mois.Deux mois à recoller les morceaux d’un monde qu’on croyait brisé pour de bon.Deux mois à apprendre que le silence aussi peut se transformer, quand on le laisse respirer.Le procès n’a pas encore eu lieu, mais la vérité a fait son œuvre : Alexandre a parlé. Son père aussi.Le nom des D. n’est plus une forteresse, mais une ruine ouverte au vent.Et de ces ruines, aujourd’hui, quelque chose de nouveau s’apprête à naître.La chambre est blanche, presque trop.L’odeur de désinfectant se mêle au parfum de lavande que Maman a discrètement vaporisé sur les rideaux.Dehors, le matin s’ouvre sur un ciel clair, lavé par la pluie de la veille.J’ai mal. Mais c’est un mal vivant.Le genre de douleur qui annonce quelque chose d’immense.— Respire, ma chérie. Respire doucement.La voix de Maman tremble à peine. Ses mains serrent les miennes.À côté, Alexandre garde le silence, mais je sens sa présence, lourde, entière.Ses doigts tremblent légèrement autour des miens, sa respiration

  • SOUVIENS-TOI DE MOI NUE    Chapitre 259 — L’Héritage du Silence

    ALEXANDRELe ciel s’est refermé sur la ville comme un couvercle de plomb.La pluie ne cesse pas depuis l’aube, fine, continue, presque respectueuse du drame.Le poste de police est toujours encerclé par les journalistes, leurs micros tendus comme des armes.Mais cette fois, ce n’est plus ma mère qu’ils attendent : c’est lui.Mon père.Je reste à distance, sous un porche, les mains dans les poches trempées, à regarder l’homme que j’ai toujours cru solide marcher vers la porte du commissariat.Son manteau sombre, son dos droit malgré tout, ce pas lent qui n’a plus rien de fier.Il sait qu’il entre dans un lieu où chaque mot peut se retourner contre lui.Mais il ne recule pas.Mon père ne recule jamais.Quand il ressort, deux heures plus tard, je suis encore là.Il s’arrête en me voyant, surpris, presque inquiet.— Alexandre…Sa voix est rauque, plus qu’à l’accoutumée.Je m’avance sans un mot.Le silence est lourd entre nous, mais il n’y a plus d’échappatoire.— Il faut qu’on parle, dis-

  • SOUVIENS-TOI DE MOI NUE    Chapitre 258 — La Mère et la Chute

    ALEXANDRELe poste de police ressemble à un mausolée.Le couloir résonne sous mes pas, chaque écho comme un rappel que je n’appartiens plus vraiment à ce monde.Un agent me conduit sans un mot jusqu’à une porte métallique.Derrière, il y a elle.Diane D.Ma mère.Mon point d’origine, mon désastre.La salle d’entretien est étroite, blanchie à la chaux. Une table. Deux chaises. Une lampe crue qui découpe les ombres.Elle est là, assise, les mains jointes sur la table, sans menottes cette fois.Son regard se lève vers moi avec la même lenteur que jadis, quand elle m’évaluait avant un dîner ou une réception.Un regard qui juge avant d’aimer.— Tu es venu, dit-elle.— Oui.— Ils t’ont laissé entrer ?— Pour l’instant.Silence.Je m’assois en face d’elle. L’air sent le métal et la fatigue.— Pourquoi ?Un seul mot, mais il me brûle la gorge.— Pourquoi tu as fait tout ça ?— Tout ça ? répète-t-elle, presque amusée. Tu vas devoir préciser. Il y a tant de choses qu’on me reproche.Je serre le

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    AlexandreL’odeur âcre des désinfectants colle à ma gorge. Chaque respiration me rappelle la brûlure de mes côtes bandées, les éclats de douleur dans ma jambe. La lumière blafarde de la chambre d’hôpital ne connaît ni jour ni nuit. Tout se confond dans une veille fiévreuse, un cauchemar éveillé où

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    Le père de LyraLa nuit a avancé, mais je n’ai pas trouvé le sommeil. La maison est plongée dans un silence lourd, seulement brisé par le balancier de l’horloge du hall. Chaque tic-tac me rappelle l’absence de ma fille, comme une lame qui s’enfonce un peu plus profondément à chaque seconde.Je rest

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  • SOUVIENS-TOI DE MOI NUE    Chapitre 191 — Entre les Ombres et le Serment

    AlexandreLe silence est lourd, seulement troublé par les machines qui me tiennent en vie. Chaque bip est une gifle : rappel que je respire, que je survis, mais que je ne vis pas. Pas sans elle.Mon père s’avance. Sa stature me paraît plus fragile que jamais, lui qui d’ordinaire impose la solidité,

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