MasukChloéDix ans passent. Vingt ans. Trente ans.Les années défilent, inexorables, mais notre amour ne faiblit pas. Il se transforme, s’approfondit, se bonifie comme un grand vin. Les rides apparaissent, les cheveux grisonnent, les corps se font plus lents. Mais nos nuits sont encore brûlantes, nos journées encore remplies de rires, de complicité, de tendresse.Auguste a dix-huit ans aujourd’hui. Notre fille. Elle a les yeux gris de Matthias, le sourire de Raphaël, mon obstination. Elle est belle, intelligente, généreuse. Elle sait tout. Elle a toujours su. Elle a grandi entourée de trois parents qui l’adorent, qui la protègent, qui la célèbrent. Elle n’a jamais eu honte, jamais douté. Elle est équilibrée, heureuse, aimante.Pour son anniversaire, nous sommes dans la maison de Saint-Tropez. La mer scintille au loi
Raphaël jouit en moi une seconde après. Son sexe durcit encore, puis se contracte, se vide lui aussi, son sperme mêlé au gel lubrifiant coule le long de mes cuisses.Nous restons immobiles, pantelants, nos trois corps soudés par la sueur, par nos fluides mêlés, par nos souffles haletants.Matthias se retire en premier. Raphaël le suit. Je sens leur absence comme un vide immense, un manque soudain. Mais ils ne me laissent pas seule. Matthias m’allonge sur le côté, se plaque contre mon dos. Raphaël se place devant moi, nos ventres collés, nos jambes mêlées.Leurs mains me caressent. Matthias embrasse mon épaule, ma nuque. Raphaël embrasse mon front, mes paupières. Lentement, doucement, ils me ramènent à la réalité.— C’était parfait, dis-je d’une voix brisée.—
ChloéLa nuit est tombée sur Saint-Tropez, dense et moite, chargée d’odeurs de pins, de sel et de jasmin. La suite nuptiale, dans une bastide retirée au milieu des vignes, est une explosion de sensualité. Un lit immense à baldaquin, drapé de mousseline blanche. Des draps de soie, frais sous les doigts. Des centaines de bougies, partout, posées sur les rebords des fenêtres, sur les meubles, sur le sol. Leur lumière dansante projette des ombres mouvantes sur les murs, transformant la chambre en un sanctuaire païen.Matthias me porte. Il m’a soulevée sans effort, ses bras puissants autour de ma taille, mon corps collé au sien. Il me dépose sur le lit, doucement, comme on dépose une offrande. La soie glisse sous mon dos nu. Ma robe blanche s’est ouverte, révélant mes seins, mon ventre, l’étoffe légère
ChloéLa cérémonie a lieu dans la petite chapelle blanche du village, à quelques centaines de mètres de la maison de Saint-Tropez. La mer Méditerranée scintille au loin, d’un bleu intense, coupant l’horizon d’un trait d’argent. Le ciel est d’un bleu sans nuage, brûlé par un soleil de plomb. Il fait une chaleur moite, sensuelle, qui colle la robe à la peau.Nous n’avons invité personne. Ni témoins, ni photographes, ni famille. Juste nous trois, le maire discret, et le vieux curé du village qui a accepté de bénir l’union à sa manière, sans poser de questions. Ils savent, bien sûr. Tout le monde sait, dans ce petit village provençal. Mais ils nous aiment trop pour nous juger.Matthias arrive le premier. Il porte un costume gris perle, d’une élégance sobre, coup&
ChloéLe soleil de fin d’après-midi s’infiltre par les baies vitrées du loft, embrasant l’atelier de Raphaël d’une lumière ambrée et liquide. Chaque poussière qui danse dans l’air semble un petit soleil, chaque toile accrochée aux murs se pare d’or. Paris, en contrebas, n’est qu’un murmure lointain, une respiration étouffée par l’épaisseur de nos silences. Dans quelques heures, la ville s’allumera, mais ici, dans notre sanctuaire, c’est l’heure de la vérité. La clause du testament d’Auguste nous a laissés jusqu’à minuit. Une nuit. Une seule nuit pour décider de notre avenir.Matthias est adossé au chambranle de la fenêtre, les bras croisés, taillé dans l’ombre et l’acier. Il porte un simple jean noir moulant et une chemise bla
ChloéLa nuit tombe sur Saint-Tropez. Les étoiles s'allument une à une, timides d'abord, comme si elles n'osaient pas, puis de plus en plus nombreuses, de plus en plus brillantes. La mer est noire, calme, infinie. On entend à peine les vagues, juste un murmure, une respiration, une confidence.Nous regagnons la chambre. La même que la première fois. Celle où tout a commencé. Celle où nous avons appris à nous aimer. Celle où nos corps se sont cherchés, trouvés, mêlés.Matthias allume des bougies. Une à une. Il les dispose sur la cheminée, sur la table de nuit, sur le rebord de la fenêtre. Leur lumière vacillante danse sur les murs, sur le plafond, sur nos visages.Raphaël ouvre une bouteille de champagne. Le bouchon saute dans un bruit sec, joyeux, presque enfantin. Il remplit trois flûtes, les tend à Matthias, à moi, en garde une pour lui.Moi, je les regarde. Mes deux hommes. Mes deux amours. Mes deux vies. Ils sont beaux dans la lumière des bougies. Matthias, sombre, intense, puissa







