INICIAR SESIÓNEnzo La semaine a été une torture. Six jours à revivre le contact de ses lèvres sur ma clavicule. Six nuits à me réveiller en sursaut, le souvenir de son souffle sur ma peau comme une brûlure. Six jours à lutter contre l'envie de me toucher, de soulager cette tension qui ne me quitte plus. Je n'ai pas cédé. Pas une seule fois. C'est une forme d'offrande, ai-je compris. Un sacrifice conscient. Chaque fois que l'envie me prend, chaque fois que ma main descend machinalement vers mon jean, je l'arrête. Et je pense à elle. Je lui offre ce renoncement. Cette frustration. Ce désir intact que je garde pour elle. Lundi. Dix-sept heures. Je suis de retour dans la salle 204. Le rituel du baiser s'est accompli. Je suis à genoux sur le parquet, mes lèvres encore chaudes du contact de sa peau. Mais aujourd'hui, j
Enzo — Aujourd'hui, Enzo, nous allons explorer vos sens. Sa voix est douce, presque intime. Elle est debout près de la fenêtre, sa silhouette découpée par la lumière déclinante de cette fin d'après-midi. Elle porte une robe bleu nuit qui épouse ses formes avec une précision qui me fait frissonner avant même qu'elle n'ait commencé. Je suis à genoux, comme chaque lundi. Le rituel du baiser vient de s'accomplir. Mes lèvres sont encore chaudes du contact de sa peau. Le goût de son parfum et de sa chair est sur ma langue. — Levez-vous. J'obéis. Mes genoux craquent légèrement quand je me redresse. La douleur est devenue une compagne familière, presque réconfortante. Elle s'approche de moi. Ses talons claquent sur le parquet. Dans sa main, un foulard de soie noire qu'elle tient entre ses doigts, comme un objet précieux, comme une promesse.
Enzo — Aujourd'hui, Enzo, vous allez m'apporter mon café. Sa voix est neutre, professionnelle, comme si elle me demandait d'ouvrir un livre à la page cent douze. Comme si ce qu'elle me demandait était anodin, ordinaire, sans conséquence. Je suis à genoux sur le parquet. Le rituel du baiser vient de s'accomplir. Mes lèvres sont encore chaudes du contact de sa peau. Le goût de son parfum et de sa chair est encore sur ma langue. Je la regarde, attendant la suite. Elle se lève. Sa robe noire épouse ses formes, moule ses hanches, ses cuisses, la courbe de sa taille. Le tissu mat absorbe la lumière, ne renvoyant que des reflets sombres. Ses bas sont noirs, opaques, gainant ses jambes comme une seconde peau. Ses escarpins à talons aiguilles claquent sur le parquet. Elle contourne son bureau, se dirige vers un petit meuble dans le coin de la pièce que je n'avais jamais remarqué auparavant. Elle l'ouvre. À l'intérieur, une machine à café rutilante, un paquet de capsules, une tasse en
Enzo Les semaines ont passé. Elles se sont fondues les unes dans les autres, rythmées par cette unique attente. Chaque lundi à dix-sept heures, je pousse la porte de la salle 204. Chaque lundi, elle est là, assise derrière son bureau ou debout près de la fenêtre, sa silhouette découpée par la lumière déclinante du jour. Chaque lundi, elle me regarde entrer avec cette intensité qui me transperce, qui me met à nu avant même que j'aie fermé la porte. Et chaque lundi, le rituel est le même. Immuable. Sacré. Je ferme la porte à clé. Le déclic résonne dans le silence comme une signature au bas d'un pacte renouvelé. Je m'avance au centre de la pièce. Mes pas sont lents, mesurés. Je m'agenouille sur le parquet ciré. Le bois est froid sous mes genoux à travers le denim usé de mon jean. La douleur est immédiate, familière, presque bienvenue. Puis j'attends.
Madame Valois Il est parti. La porte s'est refermée sur lui avec un bruit sourd qui a résonné dans le silence du bureau. Je reste debout au milieu de la pièce, immobile, ma main encore chaude du contact de sa nuque. Qu'est-ce qui m'a pris. Ce frisson. Ce tremblement de mes doigts. Cette fraction de seconde où j'ai failli perdre le contrôle. Cette envie brutale, irrépressible, de ne pas retirer ma main. De la laisser là, sur sa nuque offerte. De descendre le long de son dos. De sentir ses muscles jouer sous mes doigts. De le toucher vraiment. Chapitre 13 : La Première Caresse Il l'a senti. J'en suis sûre. J'ai vu dans ses yeux noirs cette lueur de triomphe mêlée de désir. Il a senti mon trouble. Il a vu ma faille. Il sait maintenant que je ne suis pas aussi impassible que je le parais. Je m'assois derrière mon bureau. Me
EnzoLundi. Dix-sept heures. Je suis à genoux sur le parquet de la salle 204.Mais aujourd'hui, quelque chose est différent. Radicalement différent. Madame Valois ne me regarde pas. Elle ne se tient pas debout devant moi, souveraine et attentive. Elle est assise derrière son bureau, une pile de copies devant elle, un stylo rouge à la main. Elle corrige. Ses yeux sont baissés sur les feuilles. Son stylo gratte le papier. Elle ne m'accorde pas un regard.— Restez à genoux, Enzo. Ne bougez pas. Ne parlez pas. Attendez.Sa voix est neutre, distraite, comme si ma présence était un détail insignifiant dans son emploi du temps chargé. Comme si je n'étais qu'un meuble parmi d'autres dans cette pièce.J'obéis. Je reste à genoux. Mes mains sont posées sur mes cuisses, paumes vers le bas. Mon dos est droit. Mes yeux sont baissés vers le sol. Je fixe les veines du bois, les nœuds sombres, les reflets







