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CHAPITRE 33 – LE RÉVEIL

Penulis: Déesse
last update Tanggal publikasi: 2026-09-19 08:27:55

Rosalie

La lumière du matin entre dans la chambre comme une caresse, douce et dorée, une lumière qui n'a rien de la lame glacée des autres matins, une lumière qui se pose sur mes paupières avec une délicatesse que je ne lui connaissais pas, une lumière qui me tire du sommeil comme on tire un enfant de son lit, avec douceur, avec patience, avec amour. Je flotte encore dans cet entre-deux, dans cette brume où les souvenirs de la nuit n'ont pas encore repris leur place, où les
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  • SPICY HOT 5   CHAPITRE 21 — La nuit des jeux

    — CorneliaLe grand combat a duré jusqu'à la tombée du jour, trois hommes sont tombés sous sa lame, et l'arène n'a pas cessé de hurler. Je les ai vus tomber, tous les trois, je les ai vus glisser sur le sable, et à chaque fois j'ai senti quelque chose se fermer dans ma poitrine, quelque chose qui s'habitue, et c'est ça qui me fait le plus peur ; le premier m'a arraché un cri, le deuxième un silence, et devant le troisième je n'ai plus rien senti du tout, et c'est ce rien-là qui me poursuit encore ce soir.Maintenant la nuit est là, les torches fument dans les coursives, le ludus est plein de monde, les riches sont venus avec leurs épouses et leurs enfants, il y a des tables dressées, du vin, des guirlandes, et moi je suis là, dans ma tunique propre, à servir le champion ; mes pieds me font mal, mes bras sont lourds, et l'air sent la résine brûlée et la sueur des hommes qui ont combattu.— Remplis encore, me dit un homme en toge.Je remplis. Je passe entre l

  • SPICY HOT 5   CHAPITRE 20— La confidence de l'arène

    — Cornelia Il parle. C'est la première fois, vraiment la première, qu'il parle sans que je lui demande rien, et je ne bouge pas, je ne respire pas, de peur de casser quelque chose ; la lampe entre nous fait des ombres longues sur la pierre, et sa voix est si basse que je dois me pencher pour l'entendre. Nous sommes assis dans la cellule, il a les mains posées sur ses genoux, et il regarde le mur comme s'il y voyait autre chose que de la pierre. — J'étais jeune, quand ils m'ont pris, dit-il. Je ne savais pas ce qu'était un ludus. Je croyais qu'on m'emmenait pour travailler dans une ferme. — Et tu venais d'où ? — D'un village, là-bas, de l'autre côté de la mer. Je ne me souviens plus du nom. Je me souviens de l'odeur du pain de ma mère, c'est tout. Le pain et la voix de mon père quand il appelait les bêtes. Il se tait, et je sens qu'il cherche ses mots, qu'il pèse chaque phrase, et je me dis que dans cette têt

  • SPICY HOT 5   CHAPITRE 19 — Le retour au champion

    — Cornelia Je rentre au ludus au moment où les hommes sortent de l'entraînement, et Lucius est dans la cour, torse nu, une serviette sur l'épaule, et il lève la tête quand il me voit. Il ne dit rien. Il me regarde venir, il regarde mes cheveux qui ne sont pas coiffés comme d'habitude, il regarde ma tunique qui n'est pas la mienne, et son visage se ferme comme une porte qu'on claque. — D'où tu viens ? — Tu le sais. — Je demande. — De chez un homme qui a payé. Il ne bouge pas. Autour de nous les autres continuent de ranger les armes, Varus rit de quelque chose, un vieux gladiateur crache par terre, et Lucius reste là, immobile, la serviette à la main, et je vois ses doigts se serrer sur le tissu ; les jointures blanchissent, une par une. — Tu pues, dit-il. — Je sais. — Tu pues la cire et le vin. — Je me suis lavée. — Pas assez. Il jette la serviette s

  • SPICY HOT 5   CHAPITRE 18 — Le marché du laniste

    — Cornelia Le laniste m'appelle dans son bureau au moment où je sors de la cuisine, les mains encore grasses du pain que je viens de pétrir, et je comprends tout de suite à sa tête que ce n'est pas pour me parler du repas des hommes ; il a cette façon de ne pas me regarder quand il va me demander quelque chose, et ce jour-là il regarde le mur, la fenêtre, la lampe, tout sauf moi. Il est assis derrière sa table, les doigts posés à plat sur un parchemin, et à côté de lui il y a un homme que je n'ai jamais vu, un homme en tunique de laine fine, les cheveux coupés court, les ongles propres, un de ces visages qui n'ont jamais eu faim. — Assieds-toi, dit le laniste. — Je suis bien debout. — Assieds-toi, Cornelia. Je m'assois. La chaise est basse, je dois lever les yeux vers eux, et je comprends que c'est fait exprès ; tout dans ce bureau est fait pour que l'homme derrière la table soit plus haut que celui qui est devant. L'

  • SPICY HOT 5   CHAPITRE 17 — Les cicatrices racontées

    — CorneliaJe pose le doigt sur la première, celle qui barre l'épaule gauche, et il frémit, pas de douleur, autre chose, et il ne me repousse pas ; la peau est là, vivante, chaude, et sous mon doigt la cicatrice est une corde tendue, un relief qui n'a pas sa place sur un corps si jeune.— Celle-là, dit-il, c'est le Thrace. À la fin de mon premier été. Il m'a ouvert jusqu'à l'os et j'ai cru que j'allais mourir.— Tu avais quel âge ?— Seize ans.Je descends le long de la cicatrice, elle est dure sous mon doigt, une corde blanche sur la peau brune, et Lucius parle comme on ouvre une porte depuis longtemps fermée, chaque marque a sa date, son visage, son histoire, et je sens qu'il ne raconte pas ça à n'importe qui, qu'il me donne là quelque chose qu'il n'a jamais donné à personne.— Celle du ventre, c'est le Germain. Il m'a raté le cœur de la largeur d'un doigt. J'ai fait trois jours de fièvre, et le médecin du ludus a dit qu'il fallait me laisser part

  • SPICY HOT 5   CHAPITRE 16 — Le bain des gladiateurs

    — CorneliaL'eau du bassin fume dans l'air froid de l'aube et je dois me pencher pour ne pas glisser sur les dalles mouillées, mais je ne peux pas m'arrêter, les hommes attendent, la file s'allonge contre le mur, et le ludus entier résonne de leurs voix encore endormies, des voix rauques, des rires qui n'ont pas encore de force. Je tiens le seau à deux mains, il est lourd, l'eau me gicle sur les pieds, et je serre les dents.— Toi, là-bas, apporte le seau.Le laniste ne me regarde même pas quand il parle, il ne fait que crier des ordres, et je suis là, avec mon tablier et mes mains rougies, à faire ce qu'on me dit de faire. Les corps s'alignent au bord du bassin, nus, indifférents, des corps que j'ai déjà vus cent fois saigner et qui ne saignent plus pour l'instant, et mes yeux doivent choisir où regarder ; je choisis les dalles, mais les dalles sont mouillées, et les reflets me renvoient quand même ce que je ne veux pas voir.— Cornelia.C'est Lucius,

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