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CHAPITRE 4: CONSOLATION.

Auteur: Freetop812
last update Dernière mise à jour: 2024-12-23 18:47:50

Debout, le pied tapant nerveusement contre le sol, j'essayais de me laisser distraire par les tableaux autour de moi qui étaient à l'effigie des marques de chaussures populaires et tendances. Mais plus les secondes passaient et moins j'arrivais à garder mon calme.

—Irina ?

Je me tournai vers la femme aux cheveux poivrés qui m'observait avec surprise et confusion mêlés.

À ce moment-là, le fait qu'elle m'ait appelé par le prénom de ma sœur m'irrita à tel point que j'eus envie de lui crier: « Moi, c'est Marya; pas Irina ! MARYA!»

—Ça ne va pas ? s'enquit-elle. Viens, entre !

Je courus presque pour traverser le seuil de la porte et me retrouver dans le grand séjour que j'avais quitté la veille de force.

—Tu es toute pâle ma chérie, qu'est-ce qui se passe ? C'est Asher ?

Comme un déclencheur, le prénom de l'homme que j'ai épousé deux semaines plus tôt fit exploses l'angoisse que je contenais et je fondis en larmes dans ses bras.

Ma belle-mère m'accueillit gentiment, me serrant prestement contre elle. Son parfum de fleurs envahit mes narines alors que sa tiédeur corporelle me rassura.

—Je m'en doutais, murmura-t-elle, dans mes cheveux. Je m'en doutais....

Elle m'entraîna ensuite avec elle pour qu'on s'asseye dans un fauteuil alors que mes larmes ne voulaient plus s'arrêter. J'extériorisais toute la pression et la tension émotionnelle que j'avais accumulé dernièrement car mon psychique venait d'en avoir sa claque.

—Pleure, m'encouragea-t-elle. Pleure, ça va te faire du bien.

Après quelques secondes, je finis par me redresser, les yeux embués et le corps secoués de sanglots.

—Je... je suis désolée de vous... de vous déranger sans prévenir, m'excusai-je. Mais je n'ai personne d'autre... je suis...

—Ce n'est pas un problème, ma belle, me sourit-elle gentiment. Je suis aussi ta mère.

Elle m'essuya ensuite les joues de ses doigts, compatissant réellement à ma douleur.

—Et je suis vraiment heureuse que tu me considères autant pour venir chercher du réconfort chez moi. Tu seras toujours la bienvenue ici.

J'hochai la tête en reniflant, légèrement honteuse quand même.

Je ne me souviens pas de la dernière fois où ma mère a été aussi bienveillante avec moi. Elle a toujours préféré Irina à moi, soutenant le fait que j'étais la pire version de nous deux et ça, parce que je ne brillais pas autant à l'école que ma sœur mais qu'à la place, je lui arrachais tous ses petits crushs sans faire exprès.

Quand notre père fut décédé, notre génitrice prit la décision de déménager à Los Angeles dans l'une des villas qui nous appartenaient : nous n'avions que seize ans. J'ai alors refusé de les suivre, ne voyant pas l'intérêt de rester avec une mère qui ne m'aimait pas. C'est ainsi que ma sœur s'était retrouvée ici tandis que moi, j'étais restée en Russie. Plus tard, elle a obtenu son diplôme en sciences administratives tandis que moi, j'étais une catastrophe ambulante : j'avais été expulsée de mon collège pour mauvaise conduite et ma mère, plus que jamais furieuse, a décidé de bloquer mes cartes de crédits sans même essayer de négocier pour moi. J'ai dû chercher du travail et voilà comment je suis devenue danseuse anonyme de clubs privés au détriment d'une certifiée en psychologie.

—Tu veux me raconter ce qui s'est passé ?

La voix d'Ophélia me sortit de mes pensées alors que sa question s'immisça dans mes méninges.

Devrais-je lui dire que son fils avait essayé de me tuer avec une arme à feu ? Ou qu'il ne faisait que me maltraiter depuis qu'il m'avait passé la bague au doigt ?

—J'ai vu l'article de journal, m'informa-t-elle. Et cette trace sur ton avant-bras, je l'avais aussi remarqué hier quand vous êtes arrivés.

Je portai instinctivement la main à l'endroit évoqué dont la photographie insolite avait fait la une des médias ce matin, alimentant des rumeurs plus ou moins fondées. Je pense que c'est lorsque j'étais descendue de la voiture après qu'Asher m'ait menacée de me tenir tranquille, que le cliché avait été pris. J'avoue ne pas avoir pensé une seule seconde au fait que ses doigts allaient rester marqués au rouge sur ma peau parce que sinon, j'aurais pris des précautions dissimulatrices. Honnêtement, je n'étais pas du genre à exposer mes problèmes au monde entier parce que comme on le dit : « Le linge sale se lave en famille ». Je suis moi-même la seule et unique solution à mes problèmes.

—Est-ce qu'il... est-ce qu'il te frappe ?

La question de ma belle-mère me fit tiquer et je secouai en même temps la tête de gauche à droite.

Asher était certes agressif mais à aucun moment il n'avait levé la main sur moi.

—Non, Ophélia ! répondis-je avec véhémence. Non !

Elle posa une main sur sa poitrine en soufflant de soulagement.

—Parce que... parce que je me sentirai vraiment mal d'apprendre que mon fils est devenu un homme sans scrupule qui ose battre une femme, me confia-t-elle.

Sur le coup, je compris en même temps que je devais garder pour moi l'incident de ce matin parce qu'essayer d'assassiner est pire que frapper. Je ne sais pas comment elle se sentira si je lui raconte tout ça.

—Vous n'avez pas à vous inquiéter, la rassurai-je. Asher et moi, on... nous avons souvent des différends mais... ça ne va pas si loin.

—Alors qu'est-ce qui s'est passé pour que tu sois venue jusqu'ici en larmes ? Et cette photo qui couronne tous les journaux ?

—Je... C'est..., balbutia-je en cherchant un mensonge adéquat. C'est l'adaptation de la vie de couple. Je ne suis pas habituée à supporter son fort caractère jour et nuit et donc... et donc, j'ai craqué.

Elle pencha la tête sur le côté en balançant la tête du haut vers le bas.

—Est-ce que je peux rester ici ? lui demandai je pour couper court à la conversation, ne voulant pas lui mentir encore plus. Juste pour l'après-midi. Je ne veux pas retourner à la villa.

—Mais bien sûr ! accepta-t-elle. Brad n'est pas là de la journée et je m'ennuie souvent ici, toute seule. Parfois, être Madame Pavarotti me manque; mes journées n'étaient jamais oisives.

Je lui souris avec compatissance tandis qu'elle se levait du canapé.

—Je vais de ce pas demander à Bethy de te préparer une chambre pour que tu puisses te reposer; tu as les yeux tout bouffis.

Nous pouffâmes de rire et j'essuyai les dernières larmes qui traînaient encore sur mes joues.

Qu'adviendra-t-il de cette bonne entente quand la vraie Irina refera surface et que je serai obligée de partir ? Comprendra-t-elle que je n'avais pas eu le choix ?…

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