หน้าหลัก / Romance / Sa Chaleur 3 / Chapitre 5 : L'armure et l'espion

แชร์

Chapitre 5 : L'armure et l'espion

ผู้เขียน: Déesse
last update วันที่เผยแพร่: 2026-06-22 03:55:42

— Raphaël

La salle de repos des chirurgiens est un cube sans âme, meublé de chaises en plastique moulé, d'une machine à café qui hoquette et d'une table jonchée de revues médicales périmées. Les murs sont peints d'un beige censé être apaisant mais qui évoque surtout la couleur du mucus bronchique. L'éclairage au néon vibre imperceptiblement, produisant un bourdonnement à la limite de l'audible qui, au fil des années, s'est inscrit dans mon cerveau comme une composante permanente du silence.

Je bois mon café debout, près de la fenêtre qui donne sur la cour intérieure. Le liquide est amer, brûlant, parfait. La fenêtre est embuée de condensation, et à travers la buée, le monde extérieur n'est qu'une suggestion floue de briques et de ciel gris. L'aube tarde à se lever en cette fin d'octobre, et la lumière jaunâtre des lampadaires se reflète dans les flaques de la cour comme des lunes brisées.

J'entends les pas avant la voix. Le Dr. Moreau a une démarche reconnaissable entre toutes : un pas lourd, légèrement traînant, celui d'un homme qui a passé trop d'heures debout au bloc opératoire mais qui refuse de l'admettre. Il pousse la porte de la salle de repos avec l'assurance d'un propriétaire, alors qu'il n'est que chef du service de chirurgie thoracique, un poste qu'il doit plus à ses relations politiques qu'à son talent chirurgical.

Moreau est tout ce que je déteste chez un confrère. Charismatique en surface, avec son sourire facile et ses plaisanteries de vestiaire. Capable de vous taper sur l'épaule en vous appelant mon ami tout en vous poignardant dans le dos avant le dessert. Ses compétences chirurgicales sont correctes, sans plus , il n'a jamais eu la précision nécessaire pour les opérations vraiment complexes, et il le sait, et il me le fait payer depuis dix ans en petites humiliations administratives et en remarques sournoises glissées dans les réunions de service.

Il se sert un café, le sucre abondamment, s'adosse au plan de travail en me regardant avec ce sourire en coin qui ne présage jamais rien de bon.

— Alors, Delcourt, on a un admirateur à ce qu'il paraît ?

Ma tasse s'immobilise à mi-chemin de mes lèvres. Je ne me retourne pas. Je ne lui accorde pas l'honneur de voir mon visage.

— Je ne vois pas de quoi vous voulez parler, Moreau.

— Allons, ne faites pas le modeste. Le petit artiste qui vous suit comme un chiot dans les couloirs, c'est mignon. Tout l'étage ne parle que de ça. Il paraît qu'il vous a même offert un thé ?

La formulation est innocente. Le ton ne l'est pas. Il y a dans sa voix une couche de sous-entendus comme une pellicule de graisse sur une soupe , pas assez pour la rendre immangeable, assez pour la rendre écœurante.

Je me tourne lentement. Mon visage est un masque de froideur polie, un exercice que je maîtrise depuis l'internat. Je pourrais gagner un championnat du monde de froideur polie.

— Un parent de patient m'a offert du thé, en effet. Par gratitude pour les soins que je prodigue à sa grand-mère. Est-ce que cela constitue un motif de commérage dans votre service ?

Moreau éclate de rire, un rire bref qui sonne faux comme une promesse d'ivrogne.

— Mon Dieu, Delcourt, détendez-vous. Je plaisantais. Quoique... Il paraît qu'il est plutôt beau garçon, votre artiste. Un peu trop émotif, peut-être, mais ça change de vos fréquentations habituelles, non ?

L'attaque est directe cette fois. Mal déguisée. Mon orientation sexuelle n'a jamais été un secret , j'ai toujours considéré que ma vie privée ne regardait personne, et je n'ai jamais eu la lâcheté de me cacher. Mais Moreau est le genre d'homme à utiliser n'importe quelle information comme une arme, et il sait parfaitement que la direction de l'hôpital, malgré ses discours sur la diversité, préfère que ses chefs de service ne fassent pas de vagues.

Je m'approche de lui. Lentement. Mes pas ne font aucun bruit sur le linoléum.

— Docteur Moreau, ma voix est parfaitement calme, un scalpel enrobé de velours. Je vous suggère de concentrer votre attention sur vos propres patients plutôt que sur ma vie privée. À moins que vos résultats opératoires ne vous laissent trop de temps libre ?

Le sourire de Moreau se fige. J'ai touché juste. Ses taux de complications sont légèrement au-dessus de la moyenne du service , pas assez pour déclencher une enquête, assez pour alimenter les rumeurs.

— Je disais ça comme ça, Delcourt. Pas la peine de monter sur vos grands chevaux.

อ่านหนังสือเล่มนี้ต่อได้ฟรี
สแกนรหัสเพื่อดาวน์โหลดแอป

บทล่าสุด

  • Sa Chaleur 3   Chapitre 150 – L'héritage

    Raphaël Le soir tombe sur la villa, et nous sommes assis sur la terrasse, côte à côte, face à l'océan. Le soleil descend lentement vers l'horizon, embrasant le ciel de couleurs somptueuses. Les vagues viennent mourir doucement sur la plage, et leur bruit régulier est comme une respiration, comme un apaisement. — Tu te souviens ? demande Léandre. — Je me souviens de tout, je réponds. — De la première fois que tu m'as vu ? — Oui. Tu étais au bord de la piscine, avec ton short propre et ton t-shirt blanc. Tu étais rouge de confusion. Tu ne savais pas où regarder. — Et toi, tu étais nu. Totalement nu. Dans l'eau. — Tu as à peine osé me regarder. Et pourtant, dans tes yeux, j'ai vu quelque chose. Une lumière. Une flamme. Une promesse. — C'était la flamme de notre amour, dit Léandre en souriant. — Oui. La flamme de notre amour. Nous restons silencieux un instant, perdus dans nos souvenirs. Le ciel change de couleur, passant du doré au pourpre, du pourpre au bleu nuit.

  • Sa Chaleur 3   Chapitre 149 – Le rêve prémonitoire

    Léandre Je rêve de Manon. Pas la Manon vieille et ridée de mes derniers souvenirs, mais la Manon jeune, celle que je n'ai jamais connue, celle des photos en noir et blanc rangées dans le grenier de la longère. Elle est debout dans un jardin immense, un jardin de couleurs, où les fleurs sont des cœurs enflammés et les arbres des pinceaux géants. Elle me sourit, et son sourire est le plus doux que j'aie jamais vu. — Léandre, dit-elle, et sa voix est claire, jeune, mélodieuse. Tu as bien travaillé. — Manon ? je murmure, incrédule. — Oui, mon garçon. C'est moi. Tu as bien travaillé. Tu as aimé, tu as créé, tu as transmis. Tu as fait de ta vie une œuvre d'art. — J'ai essayé. J'ai fait de mon mieux. — Tu as fait mieux que ton mieux. Tu as fait exactement ce que j'espérais. Tu as fait de Raphaël un homme heureux. Tu as fait de Théo un homme bon. Tu as fait de la petite Manon une artiste en devenir. Tu as fait de cette famille un refuge, un phare, une preuve d'amour. — Tu es partie tr

  • Sa Chaleur 3   Chapitre 148 – La transmission du pinceau

    Théo La petite Manon a maintenant quinze ans, et elle est devenue une artiste. Pas une artiste professionnelle, non, pas encore. Mais une artiste en devenir, une artiste en herbe, qui passe ses journées à dessiner, à peindre, à créer. Elle a hérité du talent de Papa Léandre, et du regard de Papa Raphaël. Elle est la synthèse parfaite de notre famille, le fruit de notre amour, la promesse d'un avenir lumineux. C'est l'été, et nous sommes tous réunis sur l'île, dans la villa, comme chaque année. La petite Manon est installée sur la terrasse, face à l'océan, un carnet de croquis sur les genoux. Elle dessine les vagues, les mouettes, les rochers. Elle dessine ses grands-pères, assis côte à côte sur le banc, main dans la main. Papa Léandre s'approche d'elle, et je vois qu'il tient quelque chose dans sa main. Un petit objet, enveloppé dans un tissu ancien. — Manon, dit-il doucement, j'ai quelque chose pour toi. Elle lève les yeux, intriguée. Papa Léandre déplie le tissu, et découvre u

  • Sa Chaleur 3   Chapitre 147– La flamme intacte

    Léandre La nuit est chaude, moite, parfumée par les fleurs du jardin. Nous sommes allongés dans la chambre bleue, la fenêtre ouverte sur l'océan, et le bruit des vagues emplit la pièce comme une mélodie. Raphaël est à côté de moi, sa main posée sur ma poitrine, et je sens son souffle régulier dans mon cou. — J'ai envie de toi, dis-je soudain, dans un murmure. Il se tourne vers moi, et dans la pénombre, je vois ses yeux gris briller d'une lueur que je connais bien. Cette lueur qui m'a fait chavirer il y a quarante ans, et qui me fait chavirer encore aujourd'hui. — Tu es sûr ? demande-t-il. Nos corps ne sont plus ce qu'ils étaient. — Nos corps ont changé, oui. Mais nos âmes sont les mêmes. Et le désir, lui, brûle toujours. — La flamme intacte, murmure-t-il. — Oui. La flamme intacte. Il se penche vers moi, pose ses lèvres sur les miennes. Le baiser est doux, tendre, plein de cette retenue des amants vieillissants. Mais il est aussi passionné, intense, chargé de tout notre amour,

  • Sa Chaleur 3   Chapitre 146 – Le crépuscule

    Raphaël Le crépuscule tombe sur la villa, enveloppant le jardin d'une lumière dorée et mélancolique. Les ombres s'allongent, les couleurs s'approfondissent, et l'air se charge de cette douceur particulière des fins de journée. Nous sommes assis sur la terrasse, Léandre et moi, face à l'océan, et nous regardons le soleil disparaître lentement derrière l'horizon. Le dîner est terminé, la table est débarrassée, et la vaisselle est faite. Théo et Gabriel sont rentrés à Paris avec la petite Manon, laissant la villa silencieuse et apaisée. Nous sommes seuls, tous les deux, comme au début de notre histoire, et c'est étrangement réconfortant. — Tu as froid ? demande Léandre en posant une couverture sur mes épaules. — Non, ça va. Merci. — Tu veux un thé ? Un café ? Quelque chose de chaud ? — Non, je te remercie. Je suis bien comme ça. Il s'assied à côté de moi, et nous restons silencieux, les yeux fixés sur l'horizon. Les vagues viennent mourir doucement sur la plage, et leur bruit rég

  • Sa Chaleur 3   Chapitre 145 – La dernière lettre de Manon

    Léandre La lettre est restée fermée pendant toutes ces années, cachée dans le tiroir de la table de nuit, à côté du galet en forme de cœur que Raphaël m'a offert sur la plage de l'île. Manon l'avait écrite pour nos vieux jours, avait-elle dit. Pour le moment où nous aurions besoin d'elle une dernière fois. Ce moment est venu. Nous sommes assis sur la terrasse, face à l'océan, et nous tenons l'enveloppe entre nous. Elle est jaunie, cornée, mais toujours scellée. Sur le devant, l'écriture tremblante de Manon : À ouvrir ensemble, quand vous serez vieux et sages. — Tu crois qu'on est vieux et sages ? demande Raphaël en souriant. — Vieux, oui. Sages, je ne sais pas. — Alors ouvrons-la. Je déchire l'enveloppe avec précaution, et j'en sors une feuille de papier à lettres, couverte de l'écriture penchée de Manon. Les lettres tremblent, se chevauchent, mais elles sont parfaitement lisibles. C'est sa voix. C'est son âme. C'est sa présence. Mes chers garçons, Si vous lisez cette lettre

บทอื่นๆ
สำรวจและอ่านนวนิยายดีๆ ได้ฟรี
เข้าถึงนวนิยายดีๆ จำนวนมากได้ฟรีบนแอป GoodNovel ดาวน์โหลดหนังสือที่คุณชอบและอ่านได้ทุกที่ทุกเวลา
อ่านหนังสือฟรีบนแอป
สแกนรหัสเพื่ออ่านบนแอป
DMCA.com Protection Status