LOGINComme elle l’avait promis à Stevani, vers neuf heures du matin, Charlie était déjà prêt. L’homme avait fière allure et paraissait élégant dans une chemise blanche immaculée, parfaitement ajustée à sa carrure imposante. Comme toujours, Charlie n’oublia pas d’emmener Ray, son assistant personnel. Il avait pris cette précaution principalement pour éviter les clichés indiscrets des médias et veiller à ce que tout reste dans le cadre strictement professionnel.Charlie savait parfaitement avec qui il sortait. Stevani appartenait au clan Vanguard. Il était impossible que les faits et gestes de cette famille puissante échappent aux objectifs des journalistes de City-B.« Patron, dois-je préparer un bouquet de fleurs ? » demanda soudain Ray en boutonnant sa veste.Charlie interrompit un instant le mouvement de ses doigts qui ajustaient sa montre, puis se tourna vers lui avec étonnement. « Pourquoi ? »« Pour votre rendez-vous d’aujourd’hui, Monsieur Vane », le taquina Ray avec un sourire en co
« Et si, ce soir, je vous accompagnais à la recherche d’échantillons alimentaires ? » proposa Stevani en posant son coude sur la table du hall, tout en regardant Charlie avec des yeux brillants d’enthousiasme. « Par chance, je connais quelques restaurants très bons et populaires à City-B. »Charlie esquissa un léger sourire amical, appréciant la générosité de la cousine de William. « Avec plaisir, si cela ne vous dérange pas, Mademoiselle Stevani. »« Bien sûr que non, Monsieur Vane. Ce sera une aventure culinaire très agréable », répondit rapidement Stevani, les yeux pétillants de joie.Après cette brève conversation, Charlie et Ray retournèrent à l’hôtel où ils séjournaient pendant leur séjour à City-B. Le soir venu, Charlie était déjà prêt. L’homme portait une tenue décontractée — un haut en maille gris foncé associé à une veste décontractée —, mais dégageait toujours une allure élégante et distinguée.Ray connaissait parfaitement le programme de la soirée : son patron allait parti
La curiosité, qui avait fini par se transformer en une obsession démente, poussa finalement Elena à quitter City-B pour s’enfoncer bien plus loin. Après qu’Aria eut échoué à obtenir le nom figurant sur le manifeste des passagers en raison des règles strictes de confidentialité de la compagnie aérienne — ne laissant pour seul indice que l’homme mystérieux au chapeau avait effectivement disparu dans le terminal des départs internationaux en direction de l’Europe — Elena en perdit presque la raison.Elle devait en avoir le cœur net elle-même. À bord de son jet privé, Elena s’envola directement pour Zurich, en Suisse. Elle ne s’y rendait pas pour les affaires d’Aethel Corp, mais pour visiter un endroit qu’elle avait cherché à éviter plus que tout autre au cours des dernières années : le complexe funéraire où Charlie reposait.Le ciel suisse était couvert cet après-midi-là, de la même couleur que la robe en maille grise portée par Elena. Une fine pluie commença à tomber et à détremper la t
Le lendemain, à exactement quatorze heures.Ray frappa à la porte du bureau de Charlie d’un rythme régulier. Dès qu’il fut autorisé à entrer, il s’empressa de lui annoncer l’arrivée de leur importante invitée.— Monsieur Vane, Madame Stevani est arrivée. Elle et son assistante personnelle vous attendent actuellement dans la salle de réunion principale.Charlie releva la tête derrière la pile de documents qui s’amoncelait devant lui, puis hocha lentement la tête. Ray lui avait déjà brièvement présenté le profil de l’usine de cosmétiques appartenant à Stevani, que celle-ci était prête à mettre sur le marché. L’acquisition de cet actif pourrait représenter un bond gigantesque pour la nouvelle division d’Altair Logistics.Charlie se leva et rajusta son costume gris foncé, parfaitement ajusté à sa silhouette imposante. Il se dirigea vers la salle de réunion d’une démarche calme, mais empreinte d’autorité.Dès que la porte de la salle de réunion s’ouvrit, Stevani et son assistante se levère
La plume entre les doigts fins d’Elena tapotait à plusieurs reprises la surface de la table en verre, créant un rythme constant et monotone. Toc... toc... toc...La concentration de la jeune femme s’était complètement évaporée devant la pile de documents contenant les rapports trimestriels. Son esprit vagabondait loin de là, jusqu’à son luxueux manoir, ou plus exactement, jusqu’à Leo. L’après-midi touchait presque à sa fin. L’heure de sortie de l’école de son fils était déjà passée, et Elena savait parfaitement ce que le petit garçon lui réclamerait dès qu’elle franchirait la porte de la maison.Comment vais-je pouvoir le convaincre ? pensa Elena avec anxiété.Elle ne pouvait pas continuer à lui mentir indéfiniment. En tant que mère, elle savait que Leo possédait une sensibilité extraordinaire. Si elle rentrait les mains vides, sans ce bateau en bois, les pleurs hystériques de son fils ne manqueraient pas de reprendre. Et imaginer le petit corps de Leo trembler à nouveau de fièvre par
Cet après-midi-là, Charlie arriva à Zurich. Ray avait délibérément décidé de ne pas encore rentrer chez lui et était resté fidèlement à l’attendre dans les bureaux opérationnels d’Altair Logistics. Cependant, dès que Charlie franchit la porte, Ray resta figé sur place. Ses yeux s’écarquillèrent d’incrédulité en voyant le gros objet que son patron serrait fermement dans ses bras.C’était la maquette d’un bateau en bois de cinquante centimètres de long, celle qui avait été envoyée à City-B la veille.La secrétaire Aria ne l’avait-elle pas appelé ce matin pour lui dire que le bateau en bois avait disparu de la poubelle ? Les pensées de Ray se bousculèrent. Était-il possible que Monsieur Vane ait déjà tout découvert ? Était-ce lui qui l’avait récupéré ?« Monsieur Vane, vous... êtes de retour », dit Ray en faisant tout son possible pour contenir la panique sur son visage et paraître aussi naturel que possible.« Ray, commande-moi quelque chose à manger », répondit froidement Charlie sans







