LOGINChapitre 43
Maëlys
Il entre pendant que je m'habille. Je n'ai pas le temps de protester. Il voit mon dos nu, la cicatrice sous mon omoplate. Il se fige. Moi aussi.
— Je suis désolé. J'aurais dû frapper.
— Oui. Vous auriez dû.
Il ne sort pas. Il me regarde. Je serre ma robe contre moi. Il détourne les yeux trop tard.
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Chapitre 46EthanMarcus me tend le rapport. Trois pages. Bibliothèque municipale. Quarante minutes. Un homme. Un café. Un livre offert. Son rire.— Son nom ?— Adrien Valmont. Libraire. Aucun casier. Aucune dette. Rien.Rien. Un homme sans histoire. Juste un homme ordinaire qui lui a offert un livre et un café.— Elle a ri ?— Oui, monsieur. Deux fois.Deux fois. Je ne me souviens pas de l'avoir entendue rire.— Pourquoi ne m'a-t-on pas prévenu ?— Elle est sortie sans prévenir. Discrétion totale, vous aviez dit.C'est moi qui ai donné cet ordre. Et maintenant, je paie.— Convoquez-le. Demain.— Monsieur...&nbs
Chapitre 45MaëlysJe ne devrais pas être ici. La bibliothèque municipale, avec ses odeurs de papier et de pluie, ses rayonnages usés, ses chuchotements. C'est un endroit modeste, loin du luxe étouffant de la maison Wexford. Mais j'avais besoin d'air. D'un endroit où personne ne me connaît. Où je ne suis pas "madame Wexford". Juste Maëlys.Je parcours les allées, les doigts glissant sur les dos fatigués. Un livre de poésie attire mon attention. Je le saisis, l'ouvre. Les vers de Rimbaud me sautent au visage, familiers, réconfortants. Ma mère les lisait le soir. Je ferme les yeux une seconde, respire.— Rimbaud. Un choix ambitieux pour un après-midi pluvieux.La voix est douce, teintée d'humour. Je me retourne. Un homme se tient à quelques pas, un livre à l
Chapitre 44EthanJe ne travaille plus. Les dossiers s'empilent, les rapports s'accumulent, les appels restent sans réponse. Je fixe l'écran, mais les chiffres dansent, flous, insignifiants. Une seule pensée tourne en boucle. Maëlys. Ses yeux verts. Sa peau sous mes doigts. Sa voix quand elle a dit : « Je ne vous hais pas. »Je repousse le clavier, me lève. Je marche jusqu'à la fenêtre. Dehors, le parc est vide. Elle est dans sa chambre. Je le sais. Je le sens. Elle est là, à quelques mètres, et je ne peux pas aller vers elle. Parce que si j'y vais, je cède. Et si je cède, je perds le contrôle.Mon téléphone vibre. Marcus.— Monsieur, nous avons interrogé les domestiques. Personne n'a rien vu. La caméra du garage a été brouillée
Chapitre 43MaëlysIl entre pendant que je m'habille. Je n'ai pas le temps de protester. Il voit mon dos nu, la cicatrice sous mon omoplate. Il se fige. Moi aussi.— Je suis désolé. J'aurais dû frapper.— Oui. Vous auriez dû.Il ne sort pas. Il me regarde. Je serre ma robe contre moi. Il détourne les yeux trop tard.— Vous avez besoin d'aide ?— Non. Je peux me débrouiller.— Vous êtes encore faible.— Je ne suis pas invalide.Il s'approche. Il prend la robe de mes mains, l'ouvre, me la tend. Ses doigts effleurent ma nuque. Une décharge me parcourt. Il la sent. Il recule.— Je vous attends en bas.Il sort. Je reste seule, le cœur b
Chapitre 42EthanMon bureau est plongé dans la pénombre. Seule la lampe de bureau éclaire les visages de mes hommes. Ils sont trois, debout devant moi, les mains croisées, les yeux baissés. Des hommes de confiance. Des hommes qui ont vu des choses, fait des choses, qui ne posent jamais de questions. Mais ce soir, je vais leur donner des ordres qui me coûtent plus que tout.— Vous allez surveiller ma femme. Discrètement. Elle ne doit jamais vous voir, jamais vous entendre, jamais se douter de votre présence.Le plus âgé, Marcus, hoche la tête.— Compris, monsieur. Combien de temps ?— Jusqu'à ce que je découvre qui a saboté cette voiture. Et après, aussi longtemps que nécessaire.— Vous voulez qu'on reste &a
Chapitre 41MaëlysTrois jours ont passé depuis l'accident. Trois jours de repos forcé, de tisanes, de silences. Ma tête ne me fait presque plus mal, mais une autre douleur s'est installée, plus sourde, plus profonde. Je me sens épiée. Partout. Tout le temps.Ce matin, j'ai voulu descendre au jardin. Prendre l'air. Le simple fait de marcher dans l'allée, de respirer l'odeur des roses, m'a paru un luxe immense. Mais à peine avais-je franchi le perron qu'un garde en costume sombre s'est avancé.— Madame, vous ne devriez pas rester dehors.— Je veux juste marcher un peu.— Monsieur Wexford a demandé que vous restiez à l'intérieur.Je l'ai fixé, interdite.— Il a demandé ? Ou il a ordonné ?







