Chapitre 1MaëlysLa voix de mon père est froide, posée, comme s’il récitait une sentence. Je me tiens debout, les bras croisés, mes ongles enfoncés dans mes paumes pour ne pas trahir le tremblement qui monte.— Tu as trois mois, dit-il sans me regarder. Ensuite, la maison sera saisie.Chaque mot tombe avec une précision cruelle. Ma belle-mère, assise, lisse sa jupe d’un geste lent, savourant l’instant. Mon demi-frère se tient près de la fenêtre, un sourire mince aux lèvres. Personne ne prend ma défense. Personne ne rappelle que cette maison appartenait à ma mère, qu’elle est tout ce qui me reste d’elle.— Cette maison était à ma mère, j’articule, la gorge serrée.Mon père lève enfin les yeux. Son regard est vide, comme s’il ne voyait pas ma douleur. Peut-être ne la voit-il pas, tout simplement.— Ta mère est morte. Elle a laissé des dettes. Toi, tu n’as rien. Alors ne fais pas l’offensée.L’humiliation brûle ma nuque, descend dans ma poitrine, s’insinue dans mes veines. Je serre les
最後更新 : 2026-08-20 閱讀更多