LOGINJe me levai précipitamment, faisant grincer ma chaise sur le marbre.« Ne fais pas ça, Calvin. » Il s’arrêta sans se retourner.« De quoi tu parles ? »« Fuir. » Il pivota vers moi, le regard froid et blessé.« Fuir ? Pourtant c’est bien ce que tu as fait, non ? Juste après m’avoir dit qu’on gérerait ça ensemble. » Je restai figée une seconde. Mon cœur se serra dans ma poitrine.« Ce n’est pas la même chose. » Il eut un rire bref, sans joie.« Ah non ? » Il fit un pas vers moi, puis s’arrêta comme s’il se retenait d’en faire un autre. « On venait de décider qu’on affronterait ça ensemble. Et au premier flash, tu disparais. »« Il y avait des photographes, Calvin. »« Je les ai vus. »« Il y avait mon fils à protéger. Ma réputation. L’entreprise. »« Et moi ? » La question claqua plus fort que le reste.Je soutins son regard.« Tu crois que je ne t’ai pas protégé ? »« Tu t’es enfuie. Je t’ai demandé de rester et tu es partie. »Le silence retomba brutalement entre nous parce que Miran
Point de vue de Kate En arrivant, je suis accueillie par Miranda, qui me donne des nouvelles de Susan. Apparemment rien de grave. Elle sera de nouveau sur pied après quelques jours de repos.« Où sont les garçons ? » demandai-je à Miranda en enlevant ma veste.« Dans le salon, Madame. Ils jouent aux jeux vidéo. »« Ah vraiment ? » dis-je avec un sourire. « Je veux voir ça. »Je suis restée un moment adossée à l’encadrement du salon, à les regarder. Liam riait. Vraiment. Ce rire plein, sans retenue, à chaque fois que Calvin le chatouillait. C’était visiblement devenu un rituel quand Liam gagnait. Calvin riait aussi. Ce n’était pas le rire maîtrisé du bureau, mais un rire franc, presque enfantin.Je ne les avais jamais vus ensemble. Je ne savais pas que ça me ferait ça. Je m’approchai doucement et posai mes mains sur les yeux de Liam, lui cachant la vue, ce qui permit à Calvin de remporter le combat de manière peu honnête.« Qui c’est ? » dis-je doucement.« Maman ! » hurla-t-il avant
Point de vue de Calvin Sheila avait débarqué dans mon bureau sans frapper, presque essoufflée. Je m’étais redressé d’un coup et j’avais comme un mauvais pressentiment.Quand elle m’expliqua, je n’avais pas hésité une seconde. Elle n’avait même pas fini sa phrase que je me levais déjà.« L’adresse est dans votre mail, Monsieur Hayas. Daryl vous attend en bas. »Évidemment qu’il m’attendait.Je récupérai ma veste, mon téléphone, et traversai l’open space sous quelques regards curieux. Je les ignorais.Kate pouvait me mettre en colère. Elle pouvait me laisser seul sous des flashs. Mais son fils n’y était pour rien. En bas, la voiture noire était déjà là. Daryl descendit immédiatement pour m’ouvrir la portière arrière.« Monsieur Hayas. »Sa voix était calme, respectueuse. Aucune trace de curiosité dans le regard. Je hochai la tête. « Merci. »La voiture démarra dans un silence feutré. Je regardais la ville défiler derrière la vitre teintée.Elle m’avait laissé sur ce trottoir. Et pourt
Point de vue de Kate Je n’avais pratiquement pas fermé l’œil de la nuit. Pas seulement à cause de la presse ou du comité, mais à cause de lui. Il n’avait jamais été aussi distant.Un rapide coup d’œil à mon réveil. Bien trop tôt pour se lever. Mais je n’arriverai pas à me rendormir. Je m’assis au bord du lit. Tant pis. J’irai plus tôt au bureau. En bas, Susan était déjà dans la cuisine. Elle fut surprise de me voir.« Bonjour Madame Burrows, vous êtes bien matinale. Le petit-déjeuner sera prêt dans vingt minutes. »« Insomnie. Ne vous inquiétez pas, faites comme d’habitude. Je vais prendre une douche. »Sous l’eau, les pensées partaient dans tous les sens. Peut-être que nous pourrons parler ce soir. Liam ne rentre que samedi de chez son père, ce qui me laisse une soirée avec Calvin. Il pourrait peut-être venir ici. Pour changer.Aujourd’hui, j’avais décidé de porter la robe que je portais la première fois où on s’est vus au club. À l’époque où il enfilait le costume de Dean. Et mes L
Point de vue de CalvinQuand les portes de l’ascenseur s’ouvrirent sur le hall de LUXEN CORE, j’avais l’impression que ma cravate m’empêchait de respirer.Je traversai le hall à grandes enjambées. L’air frais me gifla presque immédiatement. Je desserrai ma cravate et marchai quelques minutes avant de rejoindre ma voiture. En m’installant au volant, tout me retomba dessus.« Putain. »Je frappai le volant du plat de la main.Elle m’a laissé planté sur le trottoir comme un con. Juste après qu’on se soit dit qu’on gérerait ça ensemble. Juste après qu’on ait décidé qu’on ne fuirait pas. Et elle avait fui.Je restai immobile quelques secondes, les mains crispées sur le cuir. À quoi je pensais en m’engageant là-dedans ?Ce poste, c’était une stratégie. Une sortie. Une façon d’assurer à ma mère un peu de stabilité. Et j’étais en train de tout risquer, pour quoi ?Pour finir seul sous des flashs pendant qu’elle disparaît dans une voiture avec chauffeur.Cette femme peut avoir n’importe qui. P
Le lendemain, en montant dans la voiture, j’avais la boule au ventre. Le silence médiatique était presque plus inquiétant que les flashs de la veille mais je savais que ce n’était qu’une question de temps. Comme une vague retenue trop longtemps, prête à rompre sans prévenir.Daryl déclara en me jetant un regard compatissant dans le rétroviseur.« J’ai appelé mon contact dans la presse. Il va bloquer les articles le temps que vous trouviez une solution. Rien ne devrait filtrer pour le moment. »Je le remerciai d’un signe de tête et d’un sourire qui n’arriva pas jusqu’à mes yeux. Putain de paparazzi, putain de comité. Putain de timing surtout.À LUXEN CORE, l’air semblait plus léger. Ou peut-être étais-je simplement plus lourde. Comme si chaque regard pouvait devenir une question silencieuse. Calvin était déjà arrivé quand je franchis les portes vitrées. Il discutait avec Sheila, dossier sous le bras, posture impeccable. Il s’interrompit à peine quand je passai à leur hauteur.« Madame
Un coup d’œil à ma montre m’indiquait qu’il était déjà dix-neuf heures et je n’en pouvais plus.Je pris mon manteau sans jeter le moindre coup d’œil autour de moi et me dirigeai tranquillement vers les portes de l’ascenseur.C’est en relevant la tête que je le vis. Veste sous le bras, en train de b
Je n’avais pratiquement pas fermé l’œil de la nuit. C’était vraiment inhabituel. Même les gros contrats n’avaient aucun effet sur la qualité de mon sommeil.Pourtant, cette nuit-là, je n’avais pas cessé de penser à mercredi. Cette fois, c’était prévu. Anticipé.Comment devrais-je me comporter ? C’é
Le vendredi matin avait cette odeur particulière de fin de semaine. Un mélange de tension résiduelle et de relâchement anticipé.Le seul jour de la semaine où je déjeunais avec mon fils. Et cette fois, j’ai pris le temps. On a pu discuter. Il m’a parlé de l’école et de ses amies, de son enseignant
Le silence retomba progressivement dans l’habitacle tandis que l’on reprenait notre souffle.Je me redressai la première.Je remis ma robe en place, lissai le tissu sur mes cuisses, récupérai mon contrôle. Il m’observait sans parler tandis que je me tournais lui demandant de fermer ma robe. Il n’







