ログインLe club se vidait progressivement, sans que je m’en rende vraiment compte. Les cris avaient laissé place à une musique plus sourde, plus lente, et les lumières s’étaient adoucies, comme si la nuit elle-même commençait à se fatiguer.
Connie riait trop fort, adossée à la banquette, un verre à la main. « Je te jure, c’est la meilleure idée que j’ai eue depuis des mois », déclara-t-elle en levant son verre à moitié vide. Je hochai la tête, un sourire flottant aux lèvres. L’alcool avait brouillé mes pensées, rendu mes gestes plus lents, mes limites plus floues. Les danseurs réapparurent peu à peu autour des tables, tous plus détendus. Moins dans la performance du show. Certains plaisantaient avec les femmes encore présentes, d’autres acceptaient des verres, échangeaient quelques mots, des sourires. Il s’approcha sans que je le voie venir. « Alors », dit-il d’une voix grave, légèrement voilée, « est-ce que le spectacle vous a plu ? » Je levai les yeux vers lui. De près, il était encore plus impressionnant. Mais aussi plus humain. Plus réel. La sueur faisait légèrement briller sa peau sous les lumières tamisées. Son regard était direct, assuré… mais pas pressant. Il me semblait vaguement familier, sans que je parvienne à mettre le doigt sur la raison. L’alcool m’empêchait de réfléchir correctement. « Disons que je comprends mieux l’engouement », répondis-je. Il sourit. « Je m’appelle Dean. » Ça me faisait une belle jambe. Demain, j’aurais tout oublié. Je ne pris même pas la peine de me demander si c’était son vrai prénom. « Kate. » « Je sais qui vous êtes, Madame Burrows. » Je haussai un sourcil. « Oh, pas ce soir, trésor. Ce soir, je suis juste Kate. » Connie me lança un regard appuyé, beaucoup trop ravi de la situation. « Je vais… aux toilettes », annonça-t-elle soudainement. Mensonge éhonté. Fuite stratégique. Astucieuse, comme toujours. Je soupirai en la regardant s’éloigner, avant de reporter mon attention sur Dean. « Et donc, Dean sans nom de famille… vous faites ça depuis longtemps ? » « Non », répondit-il. « Mais je trouve ça plutôt rafraîchissant. Certaines femmes sont prêtes à payer cher pour sortir de leur routine avec leur mari. » Est-ce qu’il pouvait lire dans mes pensées ? Il se rapprocha légèrement. Juste assez pour que je sente sa chaleur, son parfum, un mélange boisé, mêlé à l’odeur de l’alcool et de la nuit. « Je peux vous offrir un verre, juste Kate ? » demanda-t-il. J’hésitai une fraction de seconde. Puis haussai les épaules. « Pourquoi pas, après tout. » Les verres s’enchaînèrent. Les rires aussi. La conversation dériva, devint floue, moins structurée. Je ne savais plus vraiment de quoi nous parlions. Seulement que je me sentais étrangement légère. Ses doigts effleurèrent les miens lorsqu’il posa son verre sur la table. Un contact bref. Presque innocent. Pourtant, mon souffle se bloqua. La salle était presque vide à présent. Connie ne revenait toujours pas. Mon téléphone vibra brièvement. Connie : Je rentre en taxi. Appelle-moi demain. Évidemment. Traîtresse ! Dean se leva. « Je vais fumer une cigarette dehors. Vous m’accompagnez ? » Je le suivis sans réfléchir. J’avais arrêté de fumer quand j’étais tombée enceinte de Liam, mais ce soir, je prendrais bien une bouffée. L’air frais me frappa immédiatement, contrastant avec la chaleur du club. Il s’arrêta près de l’entrée, suffisamment à l’écart pour que nous soyons seuls. Il me regarda longuement, puis me tendit son paquet de cigarettes. J’en pris une sans poser de question. Il alluma la sienne, puis la mienne. Les premières bouffées apaisèrent l’instant, mais la tension entre nous était étrange. Dense. Il me fixait toujours, de ses grands yeux noisette. Pas comme un danseur regardait son public. Pas comme un homme regardait une conquête. « Qu’est-ce qu’il y a sous cette carapace de femme d’affaires ? » demanda-t-il. Je réfléchis. Que pouvait-il y avoir ? « Probablement une femme qui a oublié de vivre. » Sa main se posa sur ma hanche, hésitante, comme s’il me laissait encore le choix. Je ne reculai pas. Trop consciente de sa présence. Il jeta nos cigarettes par terre, avant d’écraser ses lèvres contre les miennes. Sans permission. Sans retenue. Elles étaient douces, et sensuelles. Le contact me surprit, mais je ne le repoussai pas. Son corps se rapprocha encore, et ma poitrine fut bientôt écrasée contre son torse ferme. Bordel. On ne m’avait pas embrassée comme ça depuis… Depuis la naissance de Liam.Point de vue de Calvin Sheila avait débarqué dans mon bureau sans frapper, presque essoufflée. Je m’étais redressé d’un coup et j’avais comme un mauvais pressentiment.Quand elle m’expliqua, je n’avais pas hésité une seconde. Elle n’avait même pas fini sa phrase que je me levais déjà.« L’adresse est dans votre mail, Monsieur Hayas. Daryl vous attend en bas. »Évidemment qu’il m’attendait.Je récupérai ma veste, mon téléphone, et traversai l’open space sous quelques regards curieux. Je les ignorais.Kate pouvait me mettre en colère. Elle pouvait me laisser seul sous des flashs. Mais son fils n’y était pour rien. En bas, la voiture noire était déjà là. Daryl descendit immédiatement pour m’ouvrir la portière arrière.« Monsieur Hayas. »Sa voix était calme, respectueuse. Aucune trace de curiosité dans le regard. Je hochai la tête. « Merci. »La voiture démarra dans un silence feutré. Je regardais la ville défiler derrière la vitre teintée.Elle m’avait laissé sur ce trottoir. Et pourt
Point de vue de Kate Je n’avais pratiquement pas fermé l’œil de la nuit. Pas seulement à cause de la presse ou du comité, mais à cause de lui. Il n’avait jamais été aussi distant.Un rapide coup d’œil à mon réveil. Bien trop tôt pour se lever. Mais je n’arriverai pas à me rendormir. Je m’assis au bord du lit. Tant pis. J’irai plus tôt au bureau. En bas, Susan était déjà dans la cuisine. Elle fut surprise de me voir.« Bonjour Madame Burrows, vous êtes bien matinale. Le petit-déjeuner sera prêt dans vingt minutes. »« Insomnie. Ne vous inquiétez pas, faites comme d’habitude. Je vais prendre une douche. »Sous l’eau, les pensées partaient dans tous les sens. Peut-être que nous pourrons parler ce soir. Liam ne rentre que samedi de chez son père, ce qui me laisse une soirée avec Calvin. Il pourrait peut-être venir ici. Pour changer.Aujourd’hui, j’avais décidé de porter la robe que je portais la première fois où on s’est vus au club. À l’époque où il enfilait le costume de Dean. Et mes L
Point de vue de CalvinQuand les portes de l’ascenseur s’ouvrirent sur le hall de LUXEN CORE, j’avais l’impression que ma cravate m’empêchait de respirer.Je traversai le hall à grandes enjambées. L’air frais me gifla presque immédiatement. Je desserrai ma cravate et marchai quelques minutes avant de rejoindre ma voiture. En m’installant au volant, tout me retomba dessus.« Putain. »Je frappai le volant du plat de la main.Elle m’a laissé planté sur le trottoir comme un con. Juste après qu’on se soit dit qu’on gérerait ça ensemble. Juste après qu’on ait décidé qu’on ne fuirait pas. Et elle avait fui.Je restai immobile quelques secondes, les mains crispées sur le cuir. À quoi je pensais en m’engageant là-dedans ?Ce poste, c’était une stratégie. Une sortie. Une façon d’assurer à ma mère un peu de stabilité. Et j’étais en train de tout risquer, pour quoi ?Pour finir seul sous des flashs pendant qu’elle disparaît dans une voiture avec chauffeur.Cette femme peut avoir n’importe qui. P
Le lendemain, en montant dans la voiture, j’avais la boule au ventre. Le silence médiatique était presque plus inquiétant que les flashs de la veille mais je savais que ce n’était qu’une question de temps. Comme une vague retenue trop longtemps, prête à rompre sans prévenir.Daryl déclara en me jetant un regard compatissant dans le rétroviseur.« J’ai appelé mon contact dans la presse. Il va bloquer les articles le temps que vous trouviez une solution. Rien ne devrait filtrer pour le moment. »Je le remerciai d’un signe de tête et d’un sourire qui n’arriva pas jusqu’à mes yeux. Putain de paparazzi, putain de comité. Putain de timing surtout.À LUXEN CORE, l’air semblait plus léger. Ou peut-être étais-je simplement plus lourde. Comme si chaque regard pouvait devenir une question silencieuse. Calvin était déjà arrivé quand je franchis les portes vitrées. Il discutait avec Sheila, dossier sous le bras, posture impeccable. Il s’interrompit à peine quand je passai à leur hauteur.« Madame
Je soupirai doucement. Sa question me prit de court. Nous n’avions jamais parlé de ce que nous étions l’un pour l’autre. Jamais vraiment.« C’est une très bonne question », répondis-je en faisant tourner mon verre entre mes doigts.« Puisque nous n’avons jamais abordé le sujet. »Il pencha la tête, presque amusé.« Le sujet ? »Je le fixai sans sourire. « Tu vois exactement où je veux en venir, Calvin. Cesse de faire l’idiot. » Un sourire passa sur ses lèvres.« L’idiot ? » Il se pencha légèrement vers moi « J’aimerais que tu précises. » Je croisai les bras, plus par réflexe que par froideur, il évitait la question.« Qu’est-ce qu’on est exactement ? »Le serveur déposa les assiettes. Nous nous écartâmes légèrement pour lui laisser de l’espace. Dès qu’il s’éloigna, le silence revint, plus dense cette fois.« Tu veux une définition ? » demanda-t-il.« Peut-être que j’aimerais savoir ce que je risque. »Il me regarda longtemps, sans détourner les yeux.« Tu me risques, moi, pour commenc
____________________Mail interne – Service IT.Audit trimestriel des correspondances – procédure standard de conformité.____________________Standard mon cul, ouais !Je relus le message une seconde fois. Puis une troisième. L’audit nous permettra d’y voir plus clair.Je pris mon téléphone.« Mark ? »Sa voix fatiguée répondit après deux sonneries.« Madame Burrows. »« Les audits trimestriels des correspondances… sont déclenchés comment ? » Il y eut un court silence au bout du fil.« En théorie, aléatoires. Pourquoi ? »« En théorie ? » Il hésita un instant avant de reprendre : « Ils peuvent être initiés à la demande du comité en cas de… vigilance accrue. »Je souris légèrement. Quels bande de vautours.« Merci, Mark. » Je raccrochai sans ajouter un mot.Très bien. Ils cherchaient. J’avais raison.Je restai quelques secondes immobile dans mon fauteuil, puis j’appuyai sur l’interphone.« Monsieur Hayas, pourriez-vous passer à mon bureau, s’il vous plaît ? » Sa réponse fut immédiate.
Plus tard, la cuisine retrouva un semblant d’activité normale. Il s’était autoproclamé chef du jour. Je m’étais installée sur un tabouret, jambes croisées, observant ses gestes.« Vous êtes étonnamment organisé pour un homme qui a fréquenté la débauche de la nuit, Monsieur Hayas. »Il leva les yeux
Ce n’était ni une demande ni un avertissement. Plutôt la confirmation tranquille de ce qu’il comptait faire.Je laissai mes doigts parcourir son torse. Je pouvais déjà sentir la chaleur s’éveiller sous ma paume alors qu’il explorait mes courbes. Nos mouvements se synchronisèrent naturellement.Il m
Kate se tourna vers moi.« Vous semblez être particulièrement apprécié par la direction artistique Monsieur Hayas. »Son ton était neutre, mêlé d’une légère pointe de sarcasme. Je m’approchai d’un pas.« Il semblerait effectivement. Mais il se trouve que je préfère la direction d’un tout autre nive
L’air du matin me frappa dès que je sortis de l’immeuble. Plus frais que je ne l’aurais cru, comme un retour brutal à la réalité. Je descendis les marches lentement, les clés serrées dans la main.Elle était encore dans mon lit. Cette pensée avait quelque chose de vertigineux.Je montai dans la voi







