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Sous les cendres de nos coeurs
Sous les cendres de nos coeurs
مؤلف: Karen.duv

Prologue

مؤلف: Karen.duv
last update آخر تحديث: 2026-01-12 21:15:17

Il y a des amours qui ne meurent pas.

Ils s’endorment dans un recoin du cœur, se dissimulent sous les habitudes, sous les années qui passent, sous les sourires que l’on offre au monde pour ne pas laisser paraître les fissures. Mais ils ne disparaissent jamais vraiment. Ils attendent. Silencieux. Patients.

Je l’ai compris la nuit où Raphaël est parti.

La pluie tombait doucement, presque timidement, comme si elle n’osait pas troubler le calme trompeur de l’appartement. J’étais assise sur le lit, les doigts serrés autour de mon téléphone, relisant pour la dixième fois le dernier message qu’il m’avait envoyé. Quelques mots seulement. Trop vagues. Trop froids pour contenir l’amour que je croyais partager avec lui.

Puis plus rien.

Pas d’explication.

Pas de promesse.

Juste une absence brutale.

Cette nuit-là, j’ai appris que le silence pouvait être une forme de rupture. La plus cruelle de toutes. Celle qui ne laisse aucune prise, aucun combat possible. J’ai attendu, persuadée qu’il finirait par revenir. Qu’il dirait qu’il avait eu peur, qu’il s’était trompé, que l’amour était plus fort que tout le reste.

Il n’est jamais revenu.

Les jours ont passé, lents et douloureux. Chaque pièce de l’appartement portait encore son empreinte. Son parfum flottait dans l’air, ses livres étaient toujours alignés sur l’étagère, son pull reposait sur le dossier de la chaise. Je vivais entourée de lui, mais sans lui. Une présence fantôme qui refusait de me quitter.

J’ai pleuré en silence. Par fierté, par dignité, par instinct de survie. J’ai appris à sourire quand on me demandait si j’allais bien. J’ai appris à détourner le regard quand on prononçait son prénom. J’ai appris à aimer moins fort, juste assez pour ne plus souffrir.

Avec le temps, j’ai cru m’être reconstruite.

Huit années se sont écoulées. Huit années durant lesquelles j’ai bâti une vie stable, rassurante, presque parfaite vue de l’extérieur. Une carrière solide, des repères clairs, des relations sans risque. J’avais fermé mon cœur à double tour, persuadée que certaines portes devaient rester closes pour ne pas se briser de nouveau.

Et puis je l’ai revu.

Il était là, devant moi, plus mature, plus grave, mais terriblement familier. Son regard s’est posé sur le mien, et en une fraction de seconde, tout a vacillé. Le passé s’est invité sans prévenir, effaçant les années comme si elles n’avaient jamais existé.

Mon cœur a reconnu le sien avant même que ma raison n’ait le temps de protester.

Il y avait dans ses yeux une douceur retenue, mêlée à une culpabilité que je ne comprenais pas encore. Derrière son calme, je sentais une tempête prête à éclater. Et malgré moi, malgré tout ce que je m’étais promis, une part de moi espérait encore.

Pourquoi revenir maintenant ?

Pourquoi troubler cet équilibre fragile que j’avais mis tant de temps à construire ?

Je ne savais pas encore que son départ cachait un sacrifice. Qu’il avait aimé en silence, à sa manière, en croyant me protéger. Je ne savais pas non plus que certaines vérités peuvent rapprocher autant qu’elles peuvent déchirer.

Sous les cendres laissées par notre histoire, l’amour n’avait jamais cessé de brûler. Il s’était contenté d’attendre, patient, obstiné, prêt à renaître au moindre souffle.

Cette histoire n’est pas celle d’un amour facile.

C’est celle de deux âmes qui se retrouvent après s’être perdues, de regards chargés de souvenirs, de mains qui hésitent avant de se frôler. C’est l’histoire d’un sentiment qui refuse de mourir, même après avoir été brisé.

Je l’ignorais encore, mais en retrouvant Raphaël, je m’apprêtais à revivre ce que j’avais fui pendant des années.

Car certains amours ne demandent pas la permission pour revenir.

Ils s’imposent.

Doucement.

Irrémédiablement.

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