LOGINCHAPITRE 60 : LA FUSILLADEElaraLes portes s'ouvrent sur une scène que je n'oublierai jamais. La salle de bal du Ritz est éblouissante de lumières et de richesses. Des lustres de cristal projettent des éclats d'or sur les murs tendus de soie, les tables croulent sous les verres de champagne et les petits fours, et une trentaine d'actionnaires en tenue de soirée sont assis en arc de cercle autour d'une estrade. Sur cette estrade, Victoria Ashford se tient debout, superbe et glaciale, un micro à la main. Elle porte une robe de velours pourpre, la couleur du pouvoir, et ses cheveux relevés en un chignon strict lui donnent l'allure d'une impératrice. Elle est en train de parler, de cette voix mielleuse qui a bercé mon enfance et fait trembler mes nuits. « ...et c'est pourquoi, mes chers amis, je vous propose de reconduire mon mandat à la tête du Domaine de Clairvaux pour une durée de cinq années supplémentaires. Ensemble, nous avons surmonté les crises, les scandales, les attaques. Ensem
CHAPITRE 59 : L'ARRIVÉE DES ANGES GARDIENSElaraLe silence de la cellule est brisé par un bruit sourd, lointain d'abord, puis de plus en plus proche. Une explosion. Le sol tremble sous mes pieds, les murs vibrent, la poussière tombe du plafond en fines volutes grises. Je me redresse sur ma couchette, le cœur battant à tout rompre. Quelque chose est en train de se passer. Quelque chose de grave. Des cris retentissent dans le couloir, des ordres hurlés, des bruits de course précipitée. Puis des coups de feu. Plusieurs détonations qui claquent dans l'air confiné du commissariat, suivies de hurlements de douleur. Je me plaque contre le mur, les mains sur les oreilles, essayant de comprendre ce qui se passe. Victoria aurait-elle décidé de m'éliminer malgré notre accord ? A-t-elle envoyé ses hommes pour me faire taire définitivement ? Ou est-ce autre chose ? Quelque chose que je n'ose pas espérer ?Les coups de feu se rapprochent. La porte de ma cellule vibre sous un impact violent, puis u
CHAPITRE 58 : LE MARCHÉ DU DIABLEElaraLe chaos règne dans l'entrepôt. Les policiers se déploient, les armes braquées, les voix qui hurlent des ordres contradictoires. Viktor Kessler gît sur le sol, une mare de sang s'élargissant sous son corps inerte. Soren a jeté son arme et s'est agenouillé, les mains en l'air, pour ne pas être pris pour cible. Julian est toujours recroquevillé contre moi, tremblant de tous ses membres, le visage ravagé par les larmes. Et Victoria, au centre de ce chaos, sourit. Elle sourit, et ce sourire me glace plus que toutes les menaces qu'elle a proférées jusqu'à présent. Quelque chose ne va pas. Quelque chose que je ne comprends pas encore, mais que je sens confusément, comme un animal sent approcher l'orage.Le commandant des forces de l'ordre, un homme massif au visage buriné, s'approche de Victoria et lui retire ses menottes. Mes yeux s'écarquillent d'incompréhension. « Mais que faites-vous ? C'est elle, la criminelle ! Elle a avoué avoir tué mon père !
CHAPITRE 57 : LE JEU DE LA VÉRITÉVictoriaJe les regarde tous, ces visages qui m'entourent dans cet entrepôt crasseux. Elara, cette petite idiote qui se prend pour une héroïne, debout à quelques mètres de moi, les poings serrés, le regard brûlant de haine. Soren Blackwood, le fils de cet escroc que j'ai poussé au suicide il y a dix ans, son arme encore fumante à la main. Et Julian, mon propre fils, ce traître, ce lâche, recroquevillé dans les bras de sa cousine comme un enfant peureux. Tous croient avoir gagné. Tous pensent que je suis finie, que mon empire s'effondre, que la vérité a triomphé. Comme ils sont naïfs. Comme ils me connaissent mal. Même maintenant, même avec ces menottes qui me scient les poignets, même avec Kessler qui gît dans une mare de sang à mes pieds, je n'ai pas perdu. Je ne perds jamais. J'ai passé ma vie à me battre, à survivre, à écraser tous ceux qui se dressaient sur mon chemin. Ce n'est pas aujourd'hui que cela va changer.Je relève la tête et je plante mo
CHAPITRE 56 : L'ENTREPÔT DE LA MORTElaraLa voiture file à travers les rues de Paris, silencieuse, déterminée. Soren conduit, les mains crispées sur le volant, le regard fixé sur la route. Marcus est assis à l'arrière, le bras en écharpe, le visage encore tuméfié mais les yeux brillants d'une énergie nouvelle. La visite du médecin l'a rassuré : Victoria a bluffé. Il n'a pas été empoisonné, il n'a pas été piégé. Il est libre, vivant, et prêt à en découdre. Je devrais être soulagée. Je le suis, en partie. Mais une angoisse sourde continue de me ronger. Victoria ne bluffe jamais sans avoir une solution de rechange. Si ce n'est pas Marcus, alors quoi ? Quelle est sa véritable arme ? Mon téléphone vibre, interrompant le fil de mes pensées. Un message. Quelques mots qui me glacent le sang : « Vous voulez sauver votre ami ? Venez seule à l'entrepôt 47, zone industrielle de Saint-Denis. Si vous prévenez la police, il mourra. Si vous n'êtes pas là dans trente minutes, il mourra. »— Qu'est-ce
CHAPITRE 55 : LE CHOIX DÉCHIRANTElaraL'aube se lève à peine sur le manoir Blackwood. Une lumière grise et froide filtre à travers les rideaux de velours, annonçant une journée maussade. Je n'ai pas dormi. Pas une seconde. J'ai passé la nuit assise dans le fauteuil de la bibliothèque, à fixer les flammes dansantes de la cheminée, à repasser dans ma tête chaque détail du plan que nous avons élaboré. L'assemblée générale commence dans quatre heures. Dans quatre heures, je serai face à Victoria, dans les salons du Ritz, devant tous les actionnaires de Clairvaux. Dans quatre heures, la vérité éclatera au grand jour, ou bien tout sera perdu. Marcus dort dans la chambre d'amis, épuisé par son calvaire de la veille. Soren s'est assoupi sur le canapé du salon, un pistolet posé sur la table basse à portée de main. Il ne veut prendre aucun risque, pas après ce qui est arrivé à Marcus. Kessler est toujours en fuite, et Victoria est capable de tout. Mais pour l'instant, la maison est calme, enve







