Mag-log inÉléna serrait son téléphone contre elle.
Victor se tenait devant la porte. Il ne criait pas. Il ne bougeait presque pas. C'était justement ce calme qui la terrifiait. — Donne-moi ton téléphone. Elle avala difficilement sa salive. — Je... — Maintenant. Éléna baissa les yeux. Ses doigts tremblaient. Elle savait qu'elle n'avait aucune chance de lui cacher quoi que ce soit s'il décidait de fouiller l'appareil. Alors elle tendit lentement la main. Victor s'approcha. Au moment où il allait prendre le téléphone, l'écran s'alluma. Un nouveau message. Nathan : Ne lui fais pas confiance. Victor le vit. Son visage changea. Il arracha presque l'appareil des mains d'Éléna. — Nathan ? Elle ne répondit pas. — Tu lui parles depuis combien de temps ? — Je... — Depuis combien de temps ? — Quelques jours. Victor regarda l'écran. Puis il releva les yeux vers elle. — Tu me mens depuis plusieurs jours ? — Je ne voulais rien faire de mal. — Rien de mal ? Il eut un rire bref. — Tu crois vraiment que je vais croire ça ? Éléna recula. — Il m'a seulement écrit. — Pourquoi ? — Je ne sais pas. — Tu ne sais pas ? Il posa le téléphone sur le bureau. — Nathan ne fait jamais rien sans raison. Éléna fronça légèrement les sourcils. Cette phrase l'interpella. — Vous le connaissez vraiment ? Victor resta silencieux. Elle comprit immédiatement qu'elle venait de toucher quelque chose. — Qui est-il ? — Ça ne te regarde pas. — Alors pourquoi m'écrit-il ? Victor s'approcha. — Parce qu'il veut me nuire. Éléna sentit son cœur accélérer. — Pourquoi ? — Parce que nous avons des affaires en commun. — Quel genre d'affaires ? Victor la fixa. — Tu poses beaucoup trop de questions. Elle baissa la tête. Il prit son téléphone. — À partir de maintenant, tu n'as plus cet appareil. — Victor... — C'est terminé. Il sortit de la chambre. La porte se referma. Éléna resta immobile. Son téléphone venait de disparaître. Mais une phrase de Victor tournait dans sa tête. Nathan veut me nuire. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle n'arrivait pas à croire toute son histoire. Pas complètement. Quelques heures plus tard, Victor quitta la maison. Éléna attendit. Elle ne savait pas combien de temps. Elle descendit finalement dans la cuisine. La gouvernante était là. Une femme discrète nommée Marianne. Elle travaillait dans la maison depuis plusieurs années. Éléna lui faisait confiance. Ou du moins, autant qu'elle pouvait faire confiance à quelqu'un. — Marianne ? La femme se retourna. — Oui ? — Est-ce que tu connais Nathan Delcourt ? Marianne s'immobilisa. Une fraction de seconde. Mais Éléna le remarqua. — Pourquoi cette question ? — Victor le connaît. Marianne baissa les yeux. — Je ne devrais pas parler de ça. — S'il te plaît. La femme hésita. Puis elle soupira. — Nathan était associé à Victor il y a quelques années. — Associé ? — Ils avaient une société ensemble. Éléna resta silencieuse. — Et pourquoi ils ne travaillent plus ensemble ? Marianne regarda autour d'elle. — Parce qu'il y a eu un problème. — Quel problème ? — De l'argent. Éléna fronça les sourcils. — Victor aurait détourné de l'argent ? — Je n'ai pas dit ça. — Alors quoi ? Marianne secoua la tête. — Je ne sais pas exactement. Elle s'approcha d'Éléna. — Mais Nathan a quitté la société du jour au lendemain. — Pourquoi ? — Il disait qu'il ne voulait plus avoir affaire à Victor. Éléna sentit une étrange sensation. Nathan avait donc une histoire avec Victor. Une histoire suffisamment importante pour que Victor refuse même d'en parler. — Est-ce qu'il est dangereux ? Marianne réfléchit. — Nathan ? Éléna hocha la tête. — Je ne crois pas. — Pourquoi ? — Parce qu'il a toujours été respectueux avec les employés. Marianne se tut. Puis elle ajouta : — Mais il vaut mieux que vous soyez prudente. Éléna hocha la tête. La gouvernante retourna à son travail. Éléna monta dans sa chambre. Elle s'assit près de la fenêtre. Elle avait envie de savoir où était Nathan. Elle avait envie de lui parler. Mais son téléphone n'était plus là. Elle regarda dehors. La journée commençait à décliner. Le ciel devenait orange. Puis elle aperçut une silhouette près du portail. Son cœur s'arrêta. Nathan. Il se tenait près de sa voiture. Il ne faisait aucun geste. Il regardait simplement la maison. Éléna se leva. Elle ouvrit la fenêtre. Nathan leva les yeux. Leurs regards se croisèrent. Il comprit immédiatement que quelque chose n'allait pas. Il sortit son téléphone. Quelques secondes plus tard, celui d'Éléna vibra. Elle se retourna. Son téléphone était sur la table. Elle l'avait oublié. Victor l'avait laissé là. Elle le prit. Un message de Nathan : « Est-ce qu'il vous a fait du mal ? » Éléna sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle répondit : « Je vais bien. » Nathan regarda son téléphone. Puis il leva les yeux vers elle. Il écrivit : « Vous mentez. » Elle resta silencieuse. Puis elle répondit : « Pourquoi êtes-vous venu ? » Il tapa quelque chose. Puis : « Parce que je voulais être certain que vous alliez bien. » Éléna regarda la rue. — Pourquoi ? Nathan lui répondit : « Parce que je sais ce que Victor est capable de faire. » Elle se figea. « Comment ? » Nathan ne répondit pas immédiatement. Puis : « Parce qu'il m'a déjà détruit. » Éléna sentit son cœur se serrer. Elle attendit la suite. Mais rien ne vint. Nathan rangea son téléphone. Avant de repartir, il leva les yeux une dernière fois vers elle. Puis il monta dans sa voiture. Éléna referma la fenêtre. Elle ne comprenait toujours pas. Mais quelque chose était certain. Nathan n'était pas venu dans sa vie par hasard. Et Victor avait peur de lui. Le soir, Victor rentra tard. Éléna était assise dans le salon. Elle faisait semblant de lire. Il passa devant elle. — Tu as parlé à Marianne aujourd'hui ? Éléna sentit son cœur s'arrêter. Elle leva lentement les yeux. — Pourquoi ? Victor s'immobilisa. — Réponds. — Oui. Il sourit. — De quoi ? — De rien. — Je veux savoir. — Elle m'a parlé de Nathan. Le sourire disparut. Victor s'approcha. — Qu'est-ce qu'elle t'a dit ? Éléna comprit alors qu'elle venait de commettre une erreur. Elle aurait dû mentir. Mais quelque chose en elle refusait de continuer à avoir peur. — Elle m'a dit que vous étiez associés. Victor ne répondit pas. — Pourquoi vous vous êtes séparés ? Il la fixa. Puis il se pencha légèrement vers elle. — Parce que Nathan m'a trahi. — Comment ? — Il a voulu me prendre ce qui m'appartenait. Éléna sentit une inquiétude grandir. — Quoi ? Victor se redressa. — Mon entreprise. Puis il ajouta : — Et il n'a pas réussi. Il quitta le salon. Éléna resta seule. Elle ne savait pas qui croire. Victor disait que Nathan était un traître. Nathan disait que Victor était dangereux. Deux versions. Deux hommes. Et elle était prise entre les deux. Cette nuit-là, Éléna dormit mal. Vers trois heures du matin, elle se réveilla. Un bruit venait du rez-de-chaussée. Elle se leva. Elle ouvrit doucement la porte. Le couloir était plongé dans l'obscurité. Elle descendit quelques marches. Puis elle entendit des voix. Victor parlait avec quelqu'un. Éléna s'arrêta. — Je t'avais dit de ne plus t'approcher d'elle. Une autre voix répondit. Une voix qu'elle reconnut immédiatement. Nathan. — Je ne lui ferai aucun mal. Éléna retint son souffle. Victor répondit : — Alors pourquoi lui écris-tu ? — Parce qu'elle a besoin de quelqu'un. Silence. Puis Victor : — Tu ne sais rien d'elle. Nathan répondit calmement : — J'en sais suffisamment. Éléna resta figée. Elle ne comprenait plus. Pourquoi Nathan était-il dans la maison ? Pourquoi Victor ne l'avait-il pas chassé ? Et surtout... Pourquoi parlaient-ils comme deux hommes qui se connaissaient depuis bien plus longtemps qu'elle ne l'imaginait ? Elle recula d'une marche. Le bois craqua. Les voix s'arrêtèrent. Éléna se figea. Puis Victor demanda : — Qui est là ? Elle remonta immédiatement. Elle entra dans sa chambre et ferma la porte. Son cœur battait à toute vitesse. Quelques secondes plus tard, des pas montèrent l'escalier. Ils s'arrêtèrent devant sa porte. La poignée bougea. Éléna ferma les yeux. Mais cette fois, la porte ne s'ouvrit pas. Les pas repartirent. Elle attendit plusieurs minutes. Puis elle entendit la porte d'entrée. Nathan était parti. Éléna se glissa jusqu'à la fenêtre. La voiture noire qu'elle connaissait déjà quittait la propriété. Elle regarda les feux arrière disparaître dans la nuit. Et pour la première fois, elle se demanda si Nathan ne cachait pas quelque chose de bien plus important qu'une simple histoire d'argent. Une chose qui pourrait expliquer pourquoi il était prêt à prendre autant de risques pour elle. Elle ne le savait pas encore. Mais cette nuit-là venait de rapprocher deux personnes qui auraient dû rester étrangères. Et quelque part, dans l'ombre, quelqu'un avait déjà commencé à surveiller leurs mouvements.— Nathan !Je me jetai vers lui.Deux hommes le tenaient fermement par les bras.Nathan se débattait.— Lâchez-moi !Je voulus avancer, mais un homme pointa son arme vers moi.— Ne bouge pas.Je m'arrêtai.Mon cœur battait à toute vitesse.— Laissez-le !Ma grand-mère s'avança tranquillement.— Tu vois, Éléna ? C'est exactement pour ça que je savais que ça fonctionnerait.Je la regardai avec haine.— Tu n'as pas le droit de lui faire du mal.Elle sourit.— Tout le monde a le droit de faire des choix.— Tu n'as jamais eu le droit de choisir pour nous.Son sourire disparut.— Tu ne comprends toujours pas.Elle regarda Nathan.— Lui aussi fait partie de l'histoire.Nathan la fixa.— Je ne sais même pas de quoi tu parles.— Ton père savait.Nathan se figea.— Ne parle pas de mon père.— Pourquoi ? Tu veux savoir comment il est mort ?Il ne répondit pas.Ma grand-mère s'approcha de lui.— Ton père a découvert que le code ne fonctionnait pas seulement avec Éléna.Elle me regarda.— Il avait
Personne ne parlait.La voiture roulait rapidement dans les petites rues, mais j'avais l'impression que tout était au ralenti.Je regardais ma tante.Elle était toujours appuyée contre la portière, une main sur sa blessure.Nathan, lui, fixait le sol.Mon père regardait la route.Et moi, je n'arrivais plus à penser correctement.— Tu viens de dire que quelqu'un contrôle Victor, répétai-je.Ma tante hocha la tête.— Oui.— Qui ?Elle regarda mon père.— Il est temps que vous sachiez.Mon père serra le volant.— Pas maintenant.Je me tournai vers lui.— Si.— Éléna...— Non, papa.Ma voix tremblait.— J'en ai assez d'attendre.Nathan releva la tête.— Moi aussi.Clara prit ma main.— On veut savoir.Ma tante ferma les yeux quelques secondes.— La personne derrière Victor...Elle s'arrêta.— C'est votre grand-mère.Je restai figée.— Quoi ?Je regardai mon grand-père.Puis ma tante.— Ma grand-mère est blessée depuis l'accident.— Je parle de ta grand-mère maternelle.Je ne comprenais pl
Je regardais ma tante sans comprendre.Puis je regardai Nathan.Il était devenu complètement blanc.— Mon père ?Sa voix tremblait.Ma tante hocha la tête.— Oui.Nathan recula d'un pas.— Non.— Je suis désolée.— Non !Il passa une main dans ses cheveux.— Mon père est mort.— Je sais.— Alors comment aurait-il pu provoquer l'accident ?Ma tante resta silencieuse.Je m'approchai d'elle.— Explique.Elle me regarda.— Ton père, Antoine, n'était pas la seule personne à vouloir vous protéger.Elle regarda Nathan.— Le père de Nathan avait découvert ce que Victor faisait.Nathan serra les poings.— Alors pourquoi tu viens de dire que c'était lui ?— Parce qu'il a reçu l'ordre de récupérer Éléna.— De qui ?Elle ne répondit pas.Je sentis la colère monter.— Arrêtez avec vos secrets !Ma voix résonna dans la salle.— Je veux une réponse !Ma tante baissa la tête.— C'est ton grand-père qui lui avait demandé.Je me tournai vers mon grand-père.— Encore toi ?Il ferma les yeux.— Je voulai
La porte venait de se refermer derrière nous.Un bruit métallique résonna dans toute la pièce.Je courus vers la porte et essayai de l'ouvrir.Rien.— Ouvrez !Je frappai dessus.— Ouvrez cette putain de porte !Nathan arriva derrière moi.— Éléna, calme-toi.— Comment tu veux que je me calme ?Je me retournai.— On est enfermés sous un ancien hôpital et quelqu'un vient de nous dire qu'on aurait dû laisser les morts tranquilles !Philippe regardait autour de lui.— Il doit y avoir une autre sortie.Mon père s'approcha de la porte.— Il n'y en a pas.— Tu plaisantes ?— Non.Mon grand-père s'appuya contre le mur.— Cette pièce était justement prévue pour qu'on ne puisse pas entrer sans la bonne clé.Je le regardai.— Et maintenant ?Il ne répondit pas.Clara regardait toujours la photo que nous avions trouvée.— Éléna...Je m'approchai.— Quoi ?Elle me tendit la photo.— Regarde bien.Je regardai les personnes présentes.Ma mère.Mon père.Victor.Mon grand-père.Et cette femme.Je se
Victor regardait le pendentif dans sa main avec un sourire satisfait.— Enfin.Il le leva devant lui.— Tu vois, Éléna ? Ce n'était pas si compliqué.Je ne répondis pas.Je gardais ma main fermée.Le vrai pendentif était toujours là.Nathan me regardait.Il avait compris.Philippe aussi.Mais personne ne devait montrer quoi que ce soit.Victor se tourna vers mon père.— Antoine, tu aurais dû savoir qu'elle finirait par me le donner.Mon père serra les poings.— Tu ne sais rien d'elle.Victor sourit.— Je la connais depuis sa naissance.Il regarda ensuite l'écran de son téléphone.Ma mère était toujours attachée.Je sentis une boule dans ma gorge.— Laisse-la partir.— Pas encore.— Tu as le pendentif.— Oui.— Alors laisse-la partir.Victor s'approcha.— Tu crois vraiment que je vais respecter ma parole ?Je savais qu'il mentait.Mais je devais gagner du temps.Je regardai Philippe.Il fit discrètement un signe.Trois doigts.Puis deux.Puis un.Je compris.Il allait agir.Victor comm
Je regardais la personne devant moi sans réussir à bouger.Mon cœur battait tellement fort que j'avais l'impression qu'il allait sortir de ma poitrine.Je connaissais ce visage.Je connaissais cette voix.Et pourtant, mon cerveau refusait d'accepter ce que mes yeux voyaient.— Non...Nathan se plaça immédiatement devant moi.— Éléna, recule.La personne avança de quelques pas.— Tu as toujours été trop curieuse.Je sentis mes mains trembler.— Pourquoi ?Il ne répondit pas.Je regardai mon père.Il avait le visage fermé.Mon grand-père, lui, semblait savoir exactement ce qui allait arriver.— Vous le connaissiez depuis le début ?Mon père hocha lentement la tête.— Oui.Je le regardai avec colère.— Alors pourquoi personne ne m'a rien dit ?— Parce que nous voulions te garder en vie.Je ris nerveusement.— Vous utilisez toujours cette excuse.La personne devant nous sourit légèrement.— Ton père t'a toujours menti.Nathan serra les poings.— Ferme-la.— Tu ne comprends même pas ce qui







