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CHAPITRE 67 – Rebecca et le plan

Autor: L'encre
last update Data de publicação: 2026-07-25 15:22:09

Elle raccrocha doucement et rangea son téléphone. Le paysage avait changé autour d’elles : les pommiers avaient laissé place à des pâturages qui descendaient en pente douce vers la mer, et au loin, perchée sur une falaise battue par les vents, une maison de verre scintillait dans la lumière grise du matin.

Amir Kane était là. Quelque part derrière ces murs transparents, un homme attendait. Un homme qui avait perdu la femme qu’il aimait. Un homme qui savait peut-être comment faire tomber ceux qu
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  • Sœurs de sang, Sœurs de lit   CHAPITRE 236 – La mort du père

    Éléonore hocha la tête, même si l’avocate ne pouvait pas la voir. Ainsi donc, le grand Charles Delcourt, le patriarche tout-puissant, le bâtisseur d’empire, avait fini ses jours seul, dans une chambre stérile, enchaîné à un lit d’hôpital comme un vulgaire détenu. Il n’y avait pas de gloire dans cette mort. Pas de panache. Juste le silence et l’oubli.— Ce n’est pas tout, reprit Maître Moreau. Avant de mourir, il a dicté un testament à son avocat. Un dernier geste de défiance, si vous voulez mon avis.— Quel genre de testament ?— Il déshérite publiquement ses deux filles. Vous et Isaora. Il lègue l’intégralité de ce qui reste de sa fortune à une fondation politique, créée pour l’occasion, destinée à « défendre les valeurs de la famille et de l’entreprise ».Éléonore ne put retenir un rire amer.— Les valeurs de la famille. Venant de lui, c’est cocasse.— Comme vous dites. Mais il y a un détail qui a dû lui échapper : la justice avait déjà ordonné la saisie de tous ses biens dans le ca

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    Elle le regarda, surprise.— Qu’est-ce qui commence ?— Le reste de notre vie. Tout ce qu’on n’a pas pu vivre jusqu’ici. Tout ce qu’on nous a volé, tout ce qu’on s’est refusé. Les matins tranquilles, les soirées devant un feu de bois, les disputes pour des broutilles, les réconciliations au petit-déjeuner. Les voyages qu’on fera, les livres qu’on lira, les amis qu’on recevra. Les jours ordinaires. Les jours précieux. La vie, Éléonore. La vie commence.Elle sentit les larmes lui monter aux yeux, mais cette fois, c’étaient des larmes de joie. Elle posa sa main sur celle d’Amir, qui tenait le volant, et la serra doucement.— La vie, répéta-t-elle. J’aime ce mot.— Moi aussi.Rebecca, assise à l’arrière, sourit sans rien dire. Elle regardait ses deux amis, ces deux survivants qui s’étaient trouvés au milieu des ruines, et elle se dit qu’elle avait bien fait de répondre à cet appel, ce soir de septembre, quand Éléonore lui avait envoyé un message désespéré. Elle avait bien fait de tout qui

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    Les portes du palais de justice s’ouvrirent devant eux dans un grondement sourd, et la lumière du dehors les enveloppa comme une vague. Éléonore cligna des yeux, éblouie par le soleil de janvier qui se reflétait sur les façades haussmanniennes. Elle n’était pas entrée dans ce bâtiment depuis plus de quinze ans – la dernière fois, c’était pour signer son contrat de mariage avec Jacques, dans une salle anonyme du deuxième étage. Elle se souvenait de la robe qu’elle portait ce jour-là, une robe blanche trop serrée à la taille, et du sourire satisfait de son père quand elle avait signé le registre sans lire les clauses. Aujourd’hui, elle sortait de ce même palais en femme libre, et le symbole ne lui échappait pas.La foule des journalistes s’agglutinait au pied des marches, derrière les barrières métalliques installées par les forces de l’ordre. Il y avait là des dizaines de caméras, des micros tendus comme des lances, des visages avides de capter une réaction, une larme, un cri de victoi

  • Sœurs de sang, Sœurs de lit   CHAPITRE 233 – Le père condamné

    La lecture du verdict se poursuivit dans un silence de cathédrale. Après avoir énoncé la peine de Jacques Servin, le président se tourna vers Charles Delcourt. Le vieil homme n’avait pas bougé depuis le début de l’audience. Il était assis, les mains croisées sur sa canne, le regard fixé sur un point invisible quelque part devant lui. Il semblait déjà absent, comme si son esprit avait quitté la salle bien avant que son corps ne soit emmené.— Charles Delcourt, dit le président d’une voix grave, vous avez été reconnu coupable de complicité de corruption, de recel d’abus de biens sociaux, de subornation de témoins, et de complicité de meurtre sur la personne de Clara Moreau. En répression, la cour vous condamne à une peine de douze années de réclusion criminelle.Un murmure parcourut la salle. Douze ans. À son âge, c’était une condamnation à perpétuité déguisée. Charles Delcourt ne sortirait probablement jamais de prison. Il mourrait derrière les barreaux, loin de son manoir provençal, l

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    Puis ce fut au tour de Jacques Servin et de Charles Delcourt d’être introduits. Jacques portait le même costume gris que la veille, mais sa cravate était de travers, comme s’il l’avait nouée à la hâte. Ses traits étaient tirés, ses yeux cernés, et il semblait avoir vieilli de dix ans en une nuit. Charles Delcourt, lui, s’appuyait lourdement sur sa canne, le dos voûté, le regard vide. Le patriarche tout-puissant n’était plus qu’un vieillard fragile, terrifié à l’idée de ce qui allait suivre.— L’audience est ouverte, annonça le président. La cour va rendre son verdict.Le silence se fit plus profond encore, comme si la salle entière avait cessé de respirer. Le président déplia la feuille que lui avait remise le greffier et commença à lire d’une voix solennelle.— Sur la question de la culpabilité de Jacques Servin, concernant les chefs d’accusation de corruption, d’abus de biens sociaux, de faux et usage de faux, la cour répond oui, à la majorité absolue.Un frémissement parcourut l’as

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    Il se rassit, visiblement satisfait de sa plaidoirie. Mais dans la salle, personne n’était dupe. Les arguments qu’il avait avancés étaient les mêmes que ceux que Jacques répétait depuis le début de l’affaire. Des arguments usés jusqu’à la corde, que les témoignages et les preuves avaient réduits en miettes.L’avocat de Charles Delcourt prit ensuite la parole. Sa plaidoirie fut plus sobre, plus technique. Il ne tenta pas de nier l’évidence – les preuves étaient trop accablantes – mais il plaida les circonstances atténuantes. L’âge de son client. Sa santé fragile. Son passé d’entrepreneur respecté. Les services rendus à la collectivité.— Charles Delcourt n’est pas un criminel, conclut-il. C’est un vieil homme qui a commis des erreurs, certes, mais qui a aussi beaucoup donné à la société. Je vous demande de faire preuve de clémence.Puis ce fut au tour de l’avocat de Lambert. Sa tâche était plus facile – son client avait collaboré avec la justice, il avait avoué ses crimes, il avait exp

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