LOGINTraquée par le gouvernement, Kaïra vit dans l’ombre depuis des années, fuyant ceux qui veulent la capturer. Élevée dès l’enfance dans une organisation secrète dirigée par son père, elle n’a jamais connu ni l’innocence, ni l’amour. Sa seule réalité : les missions. Les cibles. Le sang. Puis Nicolas entre dans sa vie. Pour la première fois, Kaïra découvre l’inconnu : l’amour. Une émotion qu’on ne lui a jamais enseignée. Cette rencontre bouleverse tout et la pousse à disparaître. Après avoir tenté de fuir ce monde pour vivre une vie normale en Italie avec Nicolas et leur fils Brayan, Kaïra comprend qu’on n’échappe jamais vraiment à une organisation aussi puissante. De retour à New-York pour affronter l’organisation qui l’a créée, Kaïra découvre la plus grande trahison de sa vie : Nicolas, l’homme qu’elle aimait, n’est en réalité qu’une taupe de son père. Prise entre la trahison de l’homme qu’elle aimait et la traque du gouvernement, elle doit choisir : fuir ou se lancer dans une guerre pour détruire l'organisation. Pour y parvenir, elle serait prête à s’allier à n’importe qui, même au diable. Peut-on vraiment échapper à une organisation qui tire les ficelles dans l’ombre du pouvoir ? Kaïra parviendra-t-elle à se faire des alliés et à détruire le réseau qui l’a façonnée avant qu’il ne la détruise elle-même ? Et que reste-t-il d’une femme façonnée pour être une arme ?
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Il sonnait exactement neuf heures lorsqu’une voiture noire s’arrêta devant un supermarché. Son occupante, une jeune femme belle et élégante dans la quarantaine, observa son visage dans le rétroviseur central.
Elle ajusta sa coiffure, passa du rouge à lèvres, puis ouvrit la portière.
D’un pas pressé, elle entra dans le supermarché. À quelques mètres, elle tomba sur un monsieur en costume.
— Kaïra, tu es en retard, fit-il en consultant sa montre.
— Excusez-moi monsieur, j’étais en train de m’occuper de mon fils.
— Toujours ton fils ? Ne t’ai-je pas dit de le confier à une ménagère ?
— Non, les femmes de ménage ne m’inspirent pas confiance. Je préfère les garderies.
— Tu finiras par perdre ce boulot.
— Ça n’arrivera pas.
Kaïra se rendit directement dans la salle du personnel. Elle ouvrit son casier, enfila son blouson et ressortit.
— Enfin, tu es là Kaïra, dit la caissière.
— Excuse-moi, je m’occupais de Brayan.
— Je m’en doutais. Bon, à ce soir.
— Merci pour ta patience, je t’en revaudrai ça.
La caissière se contenta de sourire avant de s’éclipser.
Toute la journée, Kaïra resta à la caisse, accueillant les clients les uns après les autres.
À vingt heures, l’heure de rentrer, elle retira son blouson, fit quelques achats, prit sa voiture et se mit en route.
Sur le chemin du retour, elle remarqua quelque chose : une voiture noire ne cessait de la suivre. Elle accéléra, l’autre fit de même.
— Ce n’est pas vrai, s’énerva-t-elle, ils m’ont retrouvée.
Elle s’engagea dans une ruelle avec fracas ; la voiture derrière elle en fit autant. Chaque virage, chaque coin devenait une tentative d’échappatoire. Grâce à sa parfaite connaissance du quartier, elle réussit à les semer.
De retour à la maison, elle trouva son homme en train de jouer avec leur petit garçon.
— Bon retour, chérie. Comment s’est passée ta journée ?
Kaïra ne répondit pas tout de suite. Elle se précipita vers la fenêtre, écarta légèrement le rideau et regarda dehors.
— Qu’est-ce qui se passe ? demanda son mari.
— Excuse-moi Nicolas, tu disais quoi ?
— Depuis quand tu m’appelles par mon prénom ? Tu es sûre que ça va ?
— Oui, ça va, mentit-elle. Comment s’est passée ta journée au boulot ?
— Ça a été, chérie. Et toi ?
— Comme d’habitude.
Elle s’approcha de Brayan, qui jacassait depuis son arrivée. Elle le prit dans ses bras et le berça.
— Mon prince, comment s’est passée ta journée ? Je t’ai manqué ?
Soudain, une voiture s’arrêta devant la maison. Alertée par le bruit, Kaïra se dépêcha de regarder à nouveau par la fenêtre.
La scène qui s’offrait à elle la glaça sur place : quatre hommes venaient de sortir du véhicule, chacun tenant un pistolet.
Elle se tourna vers Nicolas, qui ne l’avait pas quittée des yeux.
— Chéri, tu dois te cacher avec Brayan. J’ai quelque chose à régler rapidement.
— Quoi ? Qu’est-ce qui se passe ?
— Je t’expliquerai après. Prends Brayan.
Elle lui donna l’enfant et se dirigea vers un coin du séjour. Elle déplaça un tableau ; un déclic se fit entendre et une pièce secrète s’ouvrit. Des armes. De toutes les marques.
Nicolas resta figé.
— C’est quoi tout ça ? s’intrigua-t-il.
— Cache-toi avec Brayan, je t’en supplie. Quoi que vous entendiez, ne sortez jamais.
Au même moment, des coups de feu éclatèrent.
— Vas-y Nicolas !
Sans un mot de plus, il monta les escaliers et se réfugia dans la chambre avec Brayan.
Kaïra se positionna derrière le canapé du salon. Les hommes tirèrent encore un moment avant d’enfoncer la porte et d’entrer. Dès qu’ils franchirent le seuil, elle surgit de sa cachette et ouvrit le feu.
Les détonations résonnaient de tous côtés. Kaïra courait à travers le salon, enchaînait des mouvements incroyables pour esquiver les balles ennemies. Chaque angle favorable devenait une occasion d’en abattre un.
Le salon s’était transformé en véritable champ de bataille. Elle avait réussi à mettre trois d’entre eux hors d’état de nuire. Il n’en restait plus qu’un. Après avoir tiré dans tous les sens, il avait vidé son chargeur.
Il tenta de recharger, mais trop tard. Kaïra se tenait déjà devant lui.
— N’essaie même pas. Dépose ton arme et pousse-la vers moi, ordonna-t-elle.
L’homme ne discuta pas. Il déposa l’arme et la poussa vers Kaïra, qui la fit glisser loin derrière elle.
— Le couteau que tu as sur toi, dépose-le aussi.
— Comment as-tu su que j’avais un couteau ?
— Ne me pose pas de question. Exécute simplement ce que je te dis, c’est tout.
L’homme s’abaissa et retira un couteau qu’il jeta vers elle.
— Ce que tu as derrière aussi.
Il le retira à son tour.
— Maintenant, nous allons discuter, dit Kaïra. Je ne te ferai aucun mal si tu me dis qui vous a envoyés.
— Kaïra, tu es une femme morte, se moqua-t-il.
— Comment connais-tu mon nom ?
— À ton avis ?
L’homme bondit sur elle avec un couteau qu’il venait de retirer. Kaïra tira deux balles. Il s’écroula à ses pieds. Elle se pencha vers lui.
— Qui t’envoie ? demanda-t-elle.
— Va te faire voir. Tu crois qu’on te laissera t’en tirer comme ça ? Tu sais très bien comment ça se passe. Tu peux aller où tu veux, ils te traqueront, ils te trouveront. Tu es une femme morte.
— Pourquoi ? Pendant cinq ans, je n’ai jamais causé de tort à l’organisation.
— Tu en sais trop pour qu’on te laisse libre.
L’homme tenta encore de faire le malin, mais Kaïra l’acheva d’une balle dans la tête.
Elle monta les marches jusqu’à la chambre. Dès qu’elle ouvrit la porte, Nicolas bondit sur elle avec un bâton.
— C’est moi, chéri, c’est moi !
Il laissa tomber le bâton.
— Vous n’avez rien ?
— Qui es-tu, Kaïra ? Qu’est-ce que je viens de voir ? Tu es une tueuse à gages ?
— Écoute, chéri, nous devons partir maintenant.
— Partir où ? Pourquoi devrions-nous partir ? Dois-je te rappeler que m’installer dans cette ville n’a pas été facile ? Et tu veux déjà qu’on parte ? Non, je ne vais nulle part.
— Je t’en supplie, c’est une question de vie ou de mort. Je ne me le pardonnerai jamais s’il vous arrivait quelque chose à tous les deux.
— Après ce que je viens de voir, je ne pense pas te suivre, même pas avec mon fils. J’ai du mal à croire que nous vivions dans cet appartement depuis quatre ans avec des armes cachées.
— Je suis désolée, chéri. Je te promets de tout expliquer une fois en lieu sûr. Chaque minute est précieuse. Maintenant qu’ils ont trouvé ma cachette, ils ne tarderont pas à envoyer plus d’hommes.
— Qui sont-ils ? Pourquoi te traquent-ils ? Qu’as-tu fait ?
— Il y a des secrets qu’il vaut mieux ignorer. Je ne veux pas te mettre en danger.
— En danger ? Tu ne vois pas que ces hommes auraient pu nous tuer tout à l’heure ? Imagine un instant que tu sois restée au supermarché. Quel aurait été notre sort à nous deux ? La mort, sûrement. Je ne vois plus quel secret tu veux me cacher.
— Très bien, je te dirai tout, mais en route. Nous devons quitter cet endroit, je t’en supplie.
— Qu’est-ce que tu ne comprends pas ? Je ne te suivrai jamais sans savoir pourquoi tu es traquée ni dans quoi tu es impliquée.
— Je vois que, quoi que je dise, ça ne servira à rien si je ne t’explique pas tout.
Kaïra, Brayan dans les bras, s’assit sur le lit.
— D’accord, je vais te dire ce que tu veux savoir. Mais promets-moi une chose : de me suivre une fois que tu sauras qui est vraiment Kaïra.
— Je ne te promets rien.
Kaïra respira lentement. Ce qu’elle s’apprêtait à révéler à Nicolas n’était pas anodin. C’était un secret lourd, un secret pour lequel elle était peut-être traquée.
— Je suis une ex-tueuse du gouvernement, confia-t-elle.
— Quoi ? cria Nicolas en écarquillant les yeux.
Le juge eut un moment de doute. Le stress qu'il venait de subir le hantait encore, et à cela s'ajoutait ce que Kaïra lui avait confié sur l'organisation. Il se leva et croisa les mains, comme s'il allait y trouver son courage.— Pourquoi ne pas appeler la police tout de suite pour leur parler de ça ?— C'est dangereux. Du moment où votre concurrent a essayé de passer par là, vous devriez comprendre que ce n'est pas une petite organisation, cela appartient au gouvernement.— Tous ces meurtres, c'était donc eux ?— Oui, c'est ça. Vous devez m'aider.Il hésita encore et encore.— Je vous en supplie, vous me devez au moins cela.— Laissez-moi réfléchir.— L'heure n'est pas à la réflexion, monsieur. S'ils apprennent qu'elle vous a raté, ils enverront d'autres personnes pour vous tuer.— À vrai dire, je n'ai pas le choix ?— Vous avez le choix : mourir ou les faire périr. Et pour cela, vous aurez besoin de moi, comme moi j'ai besoin de vous.Il n'avait plus le choix. S'il voulait vraiment r
À travers les petites ouvertures des rideaux, elles pouvaient voir la jeune demoiselle discuter avec le juge sur le canapé. Les deux tenaient un verre rempli de vin.— Je vais entrer. Assure mes arrières, dit Kaïra. Si j'ai besoin de ton aide, je te ferai signe. Je vais essayer de voir s’il y a une entrée derrière.— D’accord.Kaïra se leva, traversa la cour et se rendit à l’arrière de la maison. Là-bas, elle trouva une porte. Elle essaya de l’ouvrir, mais c’était fermé. Elle sortit quelques outils de sa poche et les inséra dans la serrure. Elle tourna plusieurs fois jusqu’à ce que la porte s’ouvre.Elle entra à l’intérieur et referma la porte derrière elle.Elle marcha sur la pointe des pieds jusqu’au séjour où se trouvaient les deux.À peine avait-elle franchi le seuil que la jeune demoiselle passa à l’action. Elle commença à caresser le juge, qui se plongea aussitôt dans son monde. Les yeux fermés, il l’encourageait sans le vouloir à aller plus loin.— Ça suffit ! cria Kaïra.Les d
Le juge se tut un instant avant de trancher.— Voici ce que nous allons faire. Pour le moment, je suis en train de travailler sur un dossier. Si vous avez gardé le certificat de mariage, vous allez le déposer chez ma secrétaire. Je jetterai un coup d’œil là-dessus et je vous rappellerai demain soir pour vous dire comment nous allons procéder.— Merci monsieur, dit-elle en caressant la main du juge.Elle se leva lentement, s’approcha de lui, lui caressa légèrement la tête, puis glissa sa main dans son pantalon et saisit son sexe. Le juge, qui ne comprenait rien à ce qui se passait, l’arrêta aussitôt.— Qu’est-ce que vous faites ? demanda-t-il. Ici, c’est mon bureau.— Je le sais, murmura-t-elle d’une voix envoûtante. C’est ma façon de vous remercier, monsieur.— Vous pouvez laisser tomber. Je n’aime pas cette façon de remercier.— Laissez-vous aller, vous allez aimer.Elle passa sa langue derrière l’oreille du juge. Celui-ci devint comme un enfant : il avait oublié la notion du temps.
Vincenzo se leva de son siège.— C’est là le problème. Elle sait déjà que c’est toi qui veux assurer la mission. Changer de personne serait une très bonne idée.— Et qui comptes-tu mettre sur la tâche ?— J’ai une recrue compétente pour ça. Elle s’appelle Alexiane. Elle va s’occuper de lui. Elle le fera très bien.— Puisque tu insistes, je n’ai pas le choix que d’accepter.— Merci. Tout à l’heure, Alexiane passera te voir. Tu lui diras ce que tu as prévu de faire, histoire de voir si cela l’arrange.— C’est compris. On fera comme ça.Luc sortit et Julie entra.— Julie, tu sais que normalement je devrais te tuer ? demanda Vincenzo en reprenant sa place.— Oui, je le sais, répondit-elle en baissant la tête.Elle tremblait.— Calme-toi. Je ne te ferai rien de grave. Néanmoins, j’aimerais te confier une mission.— Si cela peut me faire me racheter, je le ferai.— Tu es la meilleure hackeuse. Peux-tu essayer de traquer Olivia ? Je sais que tu le fais déjà, mais j’aimerais que tu redoubles
Le cœur de Nicodème battait déjà violemment dans sa poitrine.— Votre mari n’arrête pas d’aider tout le monde, mentit-elle. C’est lui qui veut tout faire pour tout le monde. Il ne refuse rien à personne, même quand on lui fait du mal, il est prêt à aider. Je lui disais qu’il était temps que vous so
Nicodème déposa rapidement sa fille dans les bras de sa femme et se dépêcha d’aller voir de qui il s’agissait.— Claudia, appela-t-il.Elle se leva, puis enleva ses lunettes. Nicodème resta figé un instant. Il avait l’impression de voir un fantôme.Avant que sa femme ne les rejoigne, elle remit déj
Kaïra se leva tout doucement et descendit du lit, elle marcha lentement jusqu'à la fenêtre puis se tourna vers les autres qui la regardaient droit dans les yeux.— Écoutez, j'ai un plan et pour ça, j'aurai besoin de vous deux.— Nous deux ? demandèrent-elles simultanément.— Oui, répondit Kaïra.—
Kaïra n'eut même pas le temps de terminer sa phrase lorsqu'elle remarqua quelque chose.— Baissez-vous ! cria-t-elle en sautant sur Boris.Au même moment, deux tirs retentirent, les frôlant tous les deux et brisant la vitre du restaurant. Les autres clients se mirent à crier tout en sortant du res
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