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Chapitre 9 : Derrière la vitre

Auteur: Déesse
last update Date de publication: 2026-06-24 22:12:26

Jamais une larme. Jamais une émotion qui déborde. Jamais une faille dans cette armure de politesse et de distance.

Et là, pour elle, en une seconde, tout craque. Tout cède. Tout s’ouvre. L’armure tombe, la distance s’effondre, la politesse vole en éclats. Pour elle, il est capable de pleurer. Pour elle, il est capable de trembler. Pour elle, il est capable d’être humain, vulnérable, vrai.

Et moi ? Moi je n’ai eu droit qu’à une copie conforme. Un mari en carton-pâte. Un homme qui faisait les ges
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  • TRENTE JOURS , PAS UN DE PLUS    Chapitre 149 — La clochette tinte

    Lya La clochette tinte, un après-midi d'été. Je lève les yeux de mon registre. Une jeune fille entre, timide, les cheveux bruns attachés en queue de cheval. Elle a l'air d'avoir seize ou dix-sept ans, un sac en bandoulière sur l'épaule, un regard curieux et inquiet. — Bonjour, dis-je. — Bonjour, madame. — Tu cherches quelque chose ? — Oui. Je cherche un livre sur la mer. — Un roman ? Un essai ? Un recueil de poèmes ? — Je ne sais pas. Quelque chose sur la mer. Sur les vagues, les marées, les tempêtes. Quelque chose qui me fasse rêver. Je sors de derrière le comptoir, je m'approche d'elle. — Tu aimes la mer ? — Oui. Enfin, je crois. Je viens d'arriver en ville, je ne la connais pas encore. Mais je la regarde, de loin, et elle me fascine. — Elle est belle, dis-je. Elle est vivante, changeante, éternelle. Elle peut être douce ou violente, calme ou déchaînée. Elle est comme nous, au fond. Pleine de contradictions. La jeune fille m'écoute, attentive. Je l'emmène vers le rayon

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    Adrien Il y a des jours où le passé revient, sans prévenir, comme un écho lointain. Un mot, une odeur, une chanson, et tout remonte. Les visages, les lieux, les souffrances. Tout remonte, et il faut apprendre à vivre avec. Nous avons appris. Lya et moi, nous avons appris à accueillir ces échos, à les écouter, à les laisser passer. Nous ne les combattons plus, nous ne les fuyons plus. Nous les regardons, nous les nommons, nous les acceptons. Le passé est là, en nous, autour de nous. Il ne disparaîtra jamais tout à fait. Il est dans les cicatrices, dans les silences, dans les regards. Il est dans le carnet de cuir, dans le classeur noir, dans le livre que nous avons publié. Il est dans la pluie, dans la mer, dans les jonquilles. Mais il ne nous gouverne plus. Il ne nous fait plus peur. Il est devenu un écho, un souvenir, une mémoire. Et cette mémoire, nous l'avons transformée en force. — Tu penses encore à elle ? demande parfois Lya. — À Séléna ? — Oui. — Parfois. Moins qu'avan

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    Lya Je me réveille en douceur, un matin de juin, avec cette impression étrange d'avoir voyagé pendant la nuit. Adrien dort encore à côté de moi, le visage paisible, la respiration régulière. La lumière filtre à travers les rideaux, légère, dorée. La mer, au loin, murmure. Je reste immobile, les yeux ouverts, à contempler le plafond. Le rêve est encore là, précis, vivant, comme une image gravée dans ma mémoire. J'étais dans une bibliothèque. Une immense bibliothèque, aux murs couverts de livres du sol au plafond. Des échelles en bois glissaient le long des rayonnages, des lampes vertes éclairaient des tables sombres, des silhouettes silencieuses se penchaient sur des pages. Il y avait une odeur de papier ancien, de cire, de poussière. Une odeur de savoir, de mémoire, de temps. Et il pleuvait. Pas dehors, non. Dedans. La pluie tombait à l'intérieur de la bibliothèque, une pluie fine, douce, tiède. Elle tombait sur les livres, sur les tables, sur les lecteurs. Elle glissait le long

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