LOGINChapitre 47 : La chasseAlessandroJe n'ai pas fermé l'œil de la nuit. Les premières lueurs de l'aube m'ont trouvé assis dans mon canapé, le regard fixé sur le Tage qui scintillait faiblement sous le ciel gris, les doigts crispés sur un verre de whisky vide. À sept heures précises, je me suis levé, j'ai enfilé un costume sombre, j'ai noué ma cravate avec des gestes mécaniques, et j'ai appelé mon chauffeur. Pas de petit-déjeuner, pas de jogging matinal dans le parc du domaine, pas de réunion avec les actionnaires. Aujourd'hui, tout peut attendre. Aujourd'hui, je n'ai qu'une seule priorité : retrouver cette serveuse.La voix qui a prononcé mon secret résonne encore dans ma tête, obsédante, entêtante, comme une mélodie dont on ne peut pas se débarrasser. « Le médaillon vous va bien, Rafael. » Ce n'était pas une menace, pas une accusation, pas une demande de rançon. C'était pire. C'était une confidence, presque intime, comme si cette femme me connaissait depuis toujours, comme si elle sav
Chapitre 46 : La panique du milliardaireAlessandroJe ne parviens pas à dormir. Cela fait trois heures que je suis rentré du gala, trois heures que je tourne en rond dans mon penthouse de Lisbonne, incapable de trouver le sommeil, incapable de calmer les battements de mon cœur, incapable de chasser de mon esprit cette voix. Cette voix de femme, calme, posée, presque douce, qui a prononcé mon secret comme on énonce une évidence. « Le médaillon vous va bien, Rafael. »Rafael. Personne ne m'a appelé ainsi depuis deux ans. Personne, sauf elle. La fille du Labyrinthe. Cette étudiante timide aux yeux verts et au médaillon mystérieux. Cette inconnue que j'ai séduite, que j'ai emmenée au palace, que j'ai abandonnée au petit matin avec un mot lâche et un bijou volé. Solène. Elle s'appelait Solène. Comment ai-je pu l'oublier ?Je me sers un whisky, le troisième de la nuit, et je m'assois dans le canapé face à la baie vitrée. Lisbonne scintille à mes pieds, le Tage dessine un ruban d'argent sou
Chapitre 45 : La confrontation silencieuseSolèneJe reste cachée derrière la colonne de marbre, le plateau vide serré contre ma poitrine comme un bouclier. Mon cœur bat si fort que je suis sûre que les invités à trois mètres de moi peuvent l'entendre, ce tambourinement sourd qui résonne dans mes tempes, qui pulse dans mes poignets, qui fait trembler mes doigts. Pourtant, extérieurement, je suis parfaitement calme. Luna Ferreira ne tremble pas, ne transpire pas, ne montre aucun signe de faiblesse. Luna Ferreira est une professionnelle aguerrie, une ombre silencieuse, une employée modèle qui fait son travail sans attirer l'attention. Mais sous le masque de Luna, Solène jubile. Solène savoure sa première victoire. Solène vient de frapper, et le coup a porté.Alessandro est resté figé au milieu de la salle pendant de longues secondes, sa coupe de champagne à la main, ses yeux sombres balayant la foule avec une intensité fébrile. Il cherche. Il ne sait pas qui a parlé, ni d'où venait la v
Chapitre 44 : L'entrée dans l'arèneSolèneLe jour du gala se lève sur Lisbonne dans une explosion de lumière dorée. Le soleil, comme s'il voulait me narguer, brille plus fort que d'habitude, incendiant les façades d'azulejos, faisant scintiller le Tage comme un ruban de diamants. Une journée magnifique, radieuse, insolente, qui contraste cruellement avec le tumulte qui fait rage dans ma poitrine. Je me lève à l'aube, après une nuit presque sans sommeil, et je passe les premières heures de la matinée à m'occuper des jumeaux, à leur donner le bain, à les nourrir, à jouer avec eux sur le tapis du salon.Margot arrive en milieu d'après-midi, les bras chargés de provisions et de jouets. Elle a pris son rôle de marraine très au sérieux, et elle compte bien occuper les enfants jusqu'à mon retour, même si cela doit durer toute la nuit. Elle les connaît par cœur maintenant, leurs habitudes, leurs caprices, leurs doudous préférés, leurs berceuses pour s'endormir. Elle sait que Gabriel a besoin
Chapitre 43 : Les adieux silencieuxSolèneLa veille du gala. Ces quatre mots tournent dans ma tête comme un mantra, comme une prière, comme une condamnation. La veille du gala, et je ne tiens plus en place. Mes mains tremblent quand je prépare le dîner des enfants, ma voix chevrote quand je leur chante leur berceuse, mon cœur bat si fort que je l'entends pulser dans mes tempes, et ce n'est pas de peur, non, c'est d'impatience, une impatience féroce, presque sauvage, qui me consume de l'intérieur comme un feu couvant sous la cendre.Gabriel et Raphaël sentent que quelque chose ne va pas. Les enfants ont ce sixième sens que les adultes ont perdu, cette capacité à percevoir les émotions derrière les mots, les tensions derrière les sourires. Raphaël est plus grognon que d'habitude, il refuse de manger sa purée, repousse la cuillère d'un geste autoritaire, ses sourcils froncés, sa fossette qui se creuse dans une moue boudeuse. Gabriel, lui, est plus calme, mais il s'accroche à moi comme u
Chapitre 42 : Le plan d'infiltrationSolèneTrois semaines. C'est le temps qui me sépare du gala de charité de la fondation Marques, et chaque journée qui passe est une oscillation entre l'excitation fébrile et la terreur absolue. Je passe mes nuits à peaufiner les détails de mon plan, à imaginer tous les scénarios possibles, à préparer des réponses pour chaque question qu'on pourrait me poser. Le jour, je m'occupe des jumeaux, je joue avec eux, je les nourris, je les berce, mais mon esprit est ailleurs, déjà dans cette salle de bal luxueuse, déjà en train de croiser le regard d'Alessandro Marques.Mon ancien camarade d'université, celui qui m'a obtenu ce poste de serveuse, s'appelle Miguel. Nous avons étudié ensemble en première année, avant qu'il n'abandonne l'histoire de l'art pour se lancer dans la restauration et l'événementiel. Il est grand, maigre, nerveux, toujours en mouvement, toujours à parler de dix choses à la fois. Quand je l'ai contacté il y a un mois, je ne savais pas







