LOGINChapitre 36
Yséa
Le contrat est posé entre nous, épais, noir sur blanc, chargé de clauses que j'ai lues et relues une dizaine de fois. La lumière du bureau de Dante Valeri est tamisée, presque irréelle, et l'odeur du cuir se mêle à celle, plus subtile, de son parfum. Je suis assise face à lui, les jambes croisées, le dos droit, et je m'efforce de respirer lentement, de garder mon visage impassible, de ne
Chapitre 58DanteJe la regarde, debout près de la fenêtre, la lumière pâle de l'aube dessinant les contours de son visage. Elle est belle, fragile, forte. Elle vient de me dire qu'elle m'aime. Elle vient de s'ouvrir à moi, de me livrer ses peurs, ses blessures, son cœur. Et moi, je sais ce que je dois faire. Je le sais depuis des semaines, depuis des mois peut-être. Mais maintenant, c'est une évidence.— Yséa, dis-je en m'approchant d'elle.Elle tourne la tête vers moi, et je vois dans ses yeux une lueur d'inquiétude, comme si elle craignait ce que je vais dire. Je prends ses mains dans les miennes, et je les serre doucement.— Je ne vais pas te faire de grandes promesses, dis-je, et ma voix est grave, posée. Je ne vais pas te promettre une vie tranquille. Parce que ma vie n'est pas tranquille. Elle est dangereuse, imprévisible, pleine d'ennemis et de
Chapitre 59YséaSes mots flottent encore dans l'air, suspendus entre nous comme une promesse fragile. Je veux essayer. Oui, je veux essayer. Mais avant de m'abandonner à cet amour, je dois poser une condition. Une seule. Celle qui, si elle n'est pas respectée, brisera tout.— Je vais te dire oui, dis-je en m'écartant légèrement pour le regarder dans les yeux. Mais à une condition.Il ne cille pas. Il attend, le visage grave, les mains toujours posées sur mes hanches.— Laquelle ?— Tu respectes ma liberté. Toujours. Tu ne m'enfermes pas. Tu ne décides pas pour moi. Tu ne me contrôles pas. Je ne serai pas ta chose, Dante. Je ne serai pas ta propriété. Je serai ta femme, ton égale, ta partenaire. Mais jamais ta prisonnière.Le silence s'étire, et je guette sa réaction. Je m'attends à une h&eacut
Chapitre 57YséaJe me réveille en sursaut, le cœur battant, la peau moite. La chambre est plongée dans une pénombre douce, et je cherche Dante du regard, mais il n'est plus là. Le lit est froid à côté de moi, et je sens un vide s'ouvrir dans ma poitrine. Où est-il ? Pourquoi est-il parti ? Et pourquoi cette absence me fait-elle si mal ?Je me redresse, les draps glissant sur ma peau nue, et je pose les pieds sur le sol froid. Mes jambes tremblent légèrement, et je dois m'appuyer au mur pour avancer. Je traverse le couloir, le salon, la cuisine. Rien. La porte d'entrée est fermée, mais je vois une lumière dans le bureau. Je m'approche, le souffle court, et je le trouve là, debout près de la fenêtre, le téléphone à la main, le visage fermé.— Dante ?Il se retourne, et je vois dans ses yeux une
Chapitre 56DanteJe la regarde s'endormir, sa tête posée sur l'oreiller, ses cheveux noirs étalés sur la taie blanche. Elle a pleuré longtemps, après m'avoir tout raconté. Sa douleur, sa honte, sa colère, tout est remonté à la surface, et je l'ai écoutée, immobile, silencieux, les poings serrés. Maintenant, elle dort. Son souffle est lent, régulier, et son visage, débarrassé des larmes, semble presque paisible. Je pourrais rester là, à la contempler des heures. Mais quelque chose me ronge de l'intérieur.Je l'aime. Je l'aime profondément, viscéralement, irrémédiablement. Cette vérité, je la savais déjà, mais ce soir, elle m'a frappé avec une violence nouvelle. En l'écoutant raconter son humiliation, sa solitude, sa reconstruction, j'ai compris que cette femme &ea
Chapitre 55YséaLa nuit est avancée, et nous sommes assis sur mon canapé, les lumières éteintes, seuls les lampadaires de la rue jettent une lueur pâle sur nos visages. Dante ne dit rien. Il attend. Il attend depuis des heures, patiemment, sans insister, sans me presser. Et cette patience, plus que tout, me donne envie de parler.— Tu veux savoir ce qui s'est passé ce soir-là ? demandé-je, la voix basse.Il tourne la tête vers moi, et je vois dans ses yeux une douceur qui me désarme.— Seulement si tu veux me le raconter.Je ferme les yeux, et je laisse les souvenirs remonter. Ils sont là, intacts, brûlants, comme s'ils attendaient leur heure depuis des années.— Ce soir-là, tout avait été préparé. La table, les fleurs, les familles réunies. Je portais une robe ivoire, celle qu'il
Chapitre 54DanteJe la trouve dans le jardin, loin de la salle de réception, assise sur un banc de pierre, les épaules secouées par des sanglots silencieux. La lune jette une lumière pâle sur son visage ravagé, et je sens mon cœur se serrer à en mourir. Elle ne m'a pas entendu arriver. Elle ne sait pas que je suis là. Et pourtant, je ne bouge pas. Je reste en retrait, à quelques mètres, à la regarder pleurer. Les mains dans les poches, la mâchoire serrée, et une rage sourde qui monte en moi contre tous ceux qui l'ont blessée.Je pourrais m'approcher, lui demander ce qui s'est passé, exiger des explications, jouer au protecteur. Mais quelque chose me retient. Une voix intérieure, plus sage que mon instinct, me murmure de me taire. De ne pas envahir son espace. De ne pas ajouter ma présence à sa douleur. Alors j'attends. Immobile. Sile







