LOGINChapitre 32
Damien
Elle a failli s'évanouir dans mes bras. J'ai vu la terreur brute, et ça m'a fendu en deux.
Ce n'était pas une peur ordinaire, une angoisse vague, un malaise passager comme on en a dans les espaces confinés ou les foules trop denses. C'était une terreur primitive, viscérale, une terreur qui venait du fond des âges, du fond des entrailles, du fond de l'âme, et
Chapitre 62ArielleJe n'arrive plus à le regarder. Il m'a volé ma mémoire, il m'a volé ma colère d'avant.Chaque fois que mes yeux se posent sur lui, chaque fois que je croise son visage de marbre et ses yeux gris d'orage, je vois non plus seulement l'homme qui m'a enfermée, qui a vidé mon atelier, qui a traqué mes gestes, mais l'homme qui m'a poursuivie sur cette route de montagne, qui a provoqué mon accident, qui a effacé mon passé d'un coup de tôle froissée. Et cette vision m'est insupportable, elle me brûle la rétine, elle me tord l'estomac, elle me donne envie de hurler et de vomir en même temps. Je ne peux plus le regarder sans voir le ravin, sans entendre le bruit du verre brisé, sans sentir la pluie glacée sur mon visage et la terreur qui m'a saisie quand j'ai compris que je ne pouvais plus
Chapitre 61DamienJe lui ai dit la vérité. Son regard s'est vidé.C'était comme si une lumière s'éteignait derrière ses yeux, comme si une porte se fermait quelque part dans les profondeurs de son âme, comme si tout ce qui restait d'espoir, de tendresse, de possibilité de pardon, s'évaporait d'un coup pour ne laisser qu'un vide immense et glacé. Elle m'a regardé, elle m'a regardé sans me voir, ou peut-être me voyait-elle enfin, pour ce que j'étais vraiment, pour ce que j'avais toujours été malgré mes efforts pour le cacher : un traqueur, un prédateur, un homme qui avait failli tuer la femme qu'il prétendait aimer. Et dans ce regard vide, dans ces prunelles bleues éteintes, j'ai vu ma condamnation, j'ai vu la haine qui montait, une haine froide et calme, plus terrible que tous l
Chapitre 60Arielle« Pourquoi l'accident ? »La question est sortie de ma bouche dans le silence de la chambre, après les larmes, après les supplications, après que je l'ai relevé et qu'il s'est tenu debout devant moi, vulnérable et brisé, les épaules affaissées, le visage encore ruisselant de pleurs. Il y avait quelque chose d'irréel dans cet instant, quelque chose de suspendu, comme si le temps s'était arrêté entre nous, comme si la chambre tout entière retenait son souffle en attendant la réponse. Je ne savais pas pourquoi je posais cette question maintenant, après tout ce qui venait de se passer, après sa fuite à moi et sa fuite à lui, après les cris et les aveux et les larmes. Peut-être parce que je ne pouvais plus vivre dans l'ignorance, peut-être parce que la
Chapitre 59ArielleLe voir à genoux, en larmes, m'a presque tuée.Il était là, effondré sur le parquet de notre chambre, le grand Damien Ashford, le maître de l'empire, l'homme qui avait vidé mon atelier, traqué mes gestes, brûlé ma lettre, provoqué mon accident, et il pleurait comme un enfant, à mes pieds, les mains tendues vers moi, le visage baigné de larmes, la voix brisée par des sanglots que je ne lui avais jamais entendus. J'aurais dû être triomphante, j'aurais dû savourer cette revanche, j'aurais dû me réjouir de le voir enfin réduit à l'état de suppliant, de le voir enfin payer pour tout ce qu'il m'avait fait. Mais non, il n'y avait pas de triomphe en moi, il n'y avait que de la douleur, une douleur immense et déchirante qui me serrait la gorge et me faisait
Chapitre 61DamienJe lui ai dit la vérité. Son regard s'est vidé.C'était comme si une lumière s'éteignait derrière ses yeux, comme si une porte se fermait quelque part dans les profondeurs de son âme, comme si tout ce qui restait d'espoir, de tendresse, de possibilité de pardon, s'évaporait d'un coup pour ne laisser qu'un vide immense et glacé. Elle m'a regardé, elle m'a regardé sans me voir, ou peut-être me voyait-elle enfin, pour ce que j'étais vraiment, pour ce que j'avais toujours été malgré mes efforts pour le cacher : un traqueur, un prédateur, un homme qui avait failli tuer la femme qu'il prétendait aimer. Et dans ce regard vide, dans ces prunelles bleues éteintes, j'ai vu ma condamnation, j'ai vu la haine qui montait, une haine froide et calme, plus terrible que tous les cris, plus définitive que toutes les larmes.Maintenant elle sait que je l'ai traquée, que ma course folle a fini en tôle froissée. Elle sait que cette nuit-là, je n'étais pas resté à la maison à attendre qu
Chapitre 58DamienDans notre chambre, je me suis effondré. Je me suis jeté à genoux, j'ai pleuré, supplié.C'était après le retour, après la voiture-tombeau, après le silence lourd qui avait rempli l'habitacle pendant tout le trajet, après qu'elle fut montée dans notre chambre sans un mot, sans un regard, sans un signe de vie. Je l'ai suivie, je ne pouvais pas ne pas la suivre, je ne pouvais pas la laisser seule, je ne pouvais pas laisser ce vide s'installer entre nous sans tenter de le combler. Elle se tenait debout près de la fenêtre, le dos tourné, les bras croisés sur sa poitrine, et la lumière grise de l'aube naissante dessinait les contours de sa silhouette comme un halo funèbre. Elle n'a pas bougé quand je suis entré, elle n'a pas tourné la tête, elle n'a pas prononcé un mot.Et puis mes jambes ont cédé. Je me suis effondré, littéralement effondré, mes genoux ont heurté le parquet avec un bruit sourd qui a résonné dans le silence de la chambre, et je me suis retrouvé à ses pie







