LOGINCHAPITRE 2
MASON
La voiture s’arrêta devant chez moi. Je détachai ma ceinture tandis que Keron coupait le moteur. Sa maison n’était qu’à quelques rues de la mienne. Depuis notre enfance, nous avions grandi dans ce même quartier, au point que nos deux maisons étaient devenues presque comme une extension l’une de l’autre. Je regardai Keron.
– Merci pour le trajet.
– Tu plaisantes ? C’est moi qui t’ai demandé d’aller chercher ma sœur.
Je souris légèrement.
– Justement. Tu me dois bien ça.
Keron leva les yeux au ciel.
– Va chez toi, Mason.
– Quel accueil chaleureux.
– On se voit demain.
J’ouvris la portière.
– À demain.
Je sortis de la voiture et refermai la portière avant de me diriger vers la maison. À peine avais-je franchi la porte que j’entendis la voix de ma mère.
– Mason ?
Je retirai mes chaussures.
– Oui, maman.
Elle apparut dans le couloir, un torchon dans les mains.
– Enfin rentré.
– Oui.
Elle me regarda quelques secondes.
– Alors ? Comment s’est passée la rentrée ?
Je haussai les épaules.
– Comme toutes les rentrées.
Elle sourit.
– C’est-à-dire ?
– Beaucoup de monde. Des professeurs qui répètent les mêmes choses chaque année. Des étudiants qui se racontent leurs vacances comme s’ils ne s’étaient pas vus depuis dix ans…
Je marquai une pause.
– Et Daisy.
Ma mère croisa les bras.
– Qu’est-ce qu’elle a encore fait ?
Je laissai échapper un petit rire.
– Ce n’est pas elle qui a fait quelque chose.
Je m’appuyai contre le mur.
– Aujourd’hui encore, j’ai dû venir à son secours.
Ma mère secoua doucement la tête.
– Encore ?
– Oui.
– Qu’est-ce qui s’est passé ?
– Un garçon l’embêtait.
Son expression changea immédiatement.
– Il lui a fait quelque chose ?
– Il lui parlait depuis l’année dernière. Aujourd’hui, il l’a bloquée dans le couloir et lui a attrapé le poignet.
Ma mère fronça les sourcils.
– Et tu étais là ?
– Oui.
– Heureusement.
Je haussai les épaules.
– Je lui ai simplement demandé de partir.
– Et Daisy ?
Je laissai échapper un rire sans joie.
– Elle m’a remercié à sa manière.
Ma mère sourit.
– C’est-à-dire ?
– Elle m’a dit qu’elle n’avait pas besoin de mon aide.
Ma mère éclata doucement de rire.
– Cette petite…
– Elle n’est jamais reconnaissante.
– Mason.
Je regardai ma mère.
– Quoi ?
– C’est ton rôle de la protéger.
Je soupirai.
– Je le sais.
Je passai une main dans mes cheveux.
– Mais elle est trop faible.
Ma mère me regarda sérieusement.
– Ne dis pas ça.
– C’est vrai.
– Elle est simplement différente de toi.
– Justement.
Je me redressai.
– Elle évite les problèmes. Elle ne sait pas répondre aux gens. Elle préfère toujours se taire plutôt que de se défendre. Aujourd’hui encore, elle était incapable de faire comprendre à ce type qu’il devait la laisser tranquille.
– Elle lui avait pourtant dit non.
– Oui, mais…
Je m’arrêtai. Ma mère attendit.
– Mais quoi ?
– Ça m’énerve de la voir comme ça.
Je soufflai.
– Si elle continue ainsi, beaucoup d’hommes vont profiter d’elle.
Le visage de ma mère se fit plus doux.
– Ça n’arrivera pas.
Je fronçai les sourcils.
– Comment ça ?
– Parce que tu es là.
Je ris légèrement.
– Maman…
– Tu la protègeras toujours.
Je secouai la tête.
– Je ne serai pas définitivement là.
Ma mère me regarda avec attention.
– Et qu’est-ce que tu en sais ?
Je ne répondis pas.
– Daisy est encore très jeune, continua-t-elle.
– Non.
Je regardai ma mère.
– Elle va avoir dix-huit ans.
Un petit sourire apparut sur son visage.
– Tu vois ?
– Quoi ?
– Tu la connais plus que tu ne veux l’admettre.
Je fronçai les sourcils.
– Je la connais depuis qu’elle est toute petite. C’est normal.
– Tu sais même quand elle aura dix-huit ans bientôt .
– Parce que j’ai grandi avec elle.
Ma mère eut un petit rire.
– Bien sûr.
Je soupirai.
– Quoi ?
– Rien.
Elle se retourna vers la cuisine.
– Va prendre quelque chose à manger.
– Je n’ai pas faim.
– Mason.
Je levai les mains.
– D’accord.
Je me dirigeai vers la cuisine lorsque mon téléphone vibra dans ma poche. Je le sortis. Le prénom de ma petite amie s’afficha sur l’écran. Je regardai ma mère.
– Je vais répondre.
– Vas-y.
Je montai dans ma chambre. À peine avais-je fermé la porte derrière moi que je décrochai.
– Allô ?
– Enfin ! J’essaye de te joindre depuis tout à l’heure.
Je m’allongeai sur mon lit.
– J’étais à l’université.
– Je sais. C’était ta rentrée.
– Exactement.
– Et tu ne pouvais pas m’appeler ?
– Je viens juste de rentrer.
Un silence.
– Tu m’as manqué aujourd’hui.
Je fixai le plafond.
– Ah.
– C’est tout ?
Je souris légèrement.
– Qu’est-ce que tu veux que je dise ?
– Je ne sais pas. Que je t’ai manqué aussi.
Je passai une main sur mon visage.
– Tu m’as manqué.
Le mensonge sortit facilement. Je savais exactement comment parler aux filles. Je savais quoi leur dire, quand sourire, quand être distant, quand revenir.
C’était devenu presque naturel. Je n’étais pas amoureux d’elle. Je ne l’avais jamais été. Elle le savait probablement. Ou peut-être qu’elle préférait ne pas le savoir. Notre relation fonctionnait parce qu’elle ne me demandait pas trop de comptes et que je ne lui promettais jamais rien de sérieux. Après quelques minutes, nous raccrochâmes. Je posai mon téléphone sur la table de nuit. Mon regard se posa alors sur un cadre photo. Je le pris. La photo avait été prise plusieurs années auparavant. Keron était au milieu.Moi à côté de lui. Et Daisy… Daisy avait à peine deux ans. Elle était assise devant nous, avec ses petites joues rondes et ses cheveux attachés maladroitement. Elle souriait à l’objectif tandis que Keron et moi faisions les idiots derrière elle.
Je souris.Je me souvenais parfaitement de cette époque.Daisy nous suivait partout.Elle pleurait lorsqu’on s’éloignait trop longtemps. Elle voulait toujours savoir où nous étions. Et dès qu’elle avait peur, elle venait se cacher derrière l’un de nous.
Je reposai doucement le cadre.
– Tu as toujours été peureuse et fragile.
Je souris intérieurement. Même aujourd’hui, rien n’avait vraiment changé. Elle avait grandi, évidemment. Mais dans ma tête, elle restait encore cette petite fille qui courait derrière son frère. Mon téléphone vibra de nouveau. Un message de Keron.
Keron : Maman a préparé ton plat préféré. Tu viens ?
Je souris. Évidemment. Je tapai rapidement une réponse.
Moi : J’arrive tout de suite.
Je me levai. Je pris une douche rapide, enfilai des vêtements propres puis redescendis. Ma mère était dans la cuisine.
– Tu ressors ?
– Oui.
– Encore ?
– Keron m’a envoyé un message. Ta cuisine n’a rien contre ça, j’espère.
Elle sourit.
– Va donc.
Je pris mes clés.
– Je risque de dormir chez eux.
– Encore ?
– Oui. Comme ça, demain, je pars directement à l’université avec Keron.
Ma mère secoua la tête.
– Vous êtes vraiment inséparables.
– C’est son problème.
– Bien sûr.
Je souris.
– À demain, maman.
– À demain, mon fils.
Je sortis de la maison. Quelques minutes plus tard, j’arrivai devant celle des Lynn. Je n’avais même pas besoin de sonner. J’avais passé tellement de temps dans cette maison que je connaissais presque chaque recoin. Je poussai la porte après avoir frappé rapidement.
– Je suis là !
– Dans le salon ! cria Keron.
Je retirai mes chaussures et avançai dans le couloir.
Comme d’habitude, mes pas me conduisirent presque automatiquement vers l’escalier. Je montai. La chambre de Keron était au bout du couloir.
Mais avant d’y arriver, je passai devant celle de Daisy.
Je ne sais même pas pourquoi. C’était devenu une habitude. Depuis des années, quand j’arrivais chez les Lynn, je passais toujours par sa chambre pour l’embêter. Je posai la main sur la poignée. Et j’ouvris.
Je me figeai. Daisy était là.
Elle venait probablement de sortir de la douche. Elle portait une petite tenue légère et était occupée à chercher quelque chose sur son lit. Je restai complètement immobile. Pendant quelques secondes, mon cerveau sembla s’arrêter. Je n’avais jamais pensé la voir comme ça. Jamais. Ma bouche s’entrouvrit légèrement. Daisy leva les yeux. Nos regards se croisèrent. Elle ouvrit de grands yeux.
– Mason !
Je me réveillai immédiatement.
– Merde !
Elle attrapa le premier coussin qu’elle trouva et me le lança en plein visage. Je reculai et refermai immédiatement la porte.
– Désolé !
– Sors de là !
– C’est bon !
Je partis rapidement dans le couloir. J’entendis sa voix derrière la porte.
– Espèce d’idiot !
Je secouai la tête avant d’entrer dans la chambre de Keron. Il me regarda.
– Qu’est-ce que tu as ?
– Rien.
– Pourquoi tu as cette tête ?
– Je n’ai aucune tête particulière.
Keron plissa les yeux.
– Mason…
– J’ai simplement ouvert la mauvaise porte.
Il éclata de rire.
– Tu es encore allé embêter Daisy ?
– Je ne savais pas qu’elle était là.
– Et alors ?
Je ne répondis pas. Keron me regarda quelques secondes avant de sourire.
– Attends…
– Quoi ?
– Qu’est-ce que tu as vu ?
Je lui lançai un regard noir.
– Rien.
– Tu mens.
– Ferme-la.
Keron éclata de rire.
– Je veux juste savoir pourquoi tu es aussi perturbé.
– Je ne suis pas perturbé.
– Bien sûr.
Je m’assis sur son lit.
– On peut parler d’autre chose ?
– Très bien.
Il leva les mains.
– Comme tu veux.
Je regardai ailleurs . Mais malgré moi, l’image de Daisy me revint à l’esprit. Je fronçai les sourcils. Pourquoi est-ce que je pensais encore à ça ? C’était Daisy. La petite sœur de mon meilleur ami. La fille que je connaissais depuis toujours. Rien de plus. Je chassai cette pensée. Quelques heures plus tard, nous étions tous réunis autour de la table. Les parents de Daisy étaient présents. Daisy était assise en face de moi.
Je mangeais tranquillement lorsque je me rappelai soudain quelque chose.Son anniversaire. Je levai les yeux vers elle.
– Alors, Coccinelle …
Elle releva la tête. C’est l’un des milles et une surnom que je lui avais donné.
– Arrête de m’appeler ainsi Grenouille.
– Tu as prévu quelque chose pour ton anniversaire ?
Elle me regarda quelques secondes. Je savais déjà qu’elle savait que je n’oubliais jamais sa date d’anniversaire. Depuis des années, je lui souhaitais son anniversaire. Même lorsque nous nous disputions. Même lorsqu’elle refusait de me parler pendant une journée entière. Je n’avais jamais oublié.
– Pourquoi tu demandes ? répondit-elle.
– Parce que je suis curieux.
– Tu n’es jamais curieux de rien me concernant.
– C’est faux.
– Depuis quand ?
Keron se mit à rire.
– Vous allez encore commencer.
Je regardai Daisy.
– Alors ?
Elle haussa les épaules.
– Je ne sais pas.
– Tu ne sais pas ?
– Non.
– Ton anniversaire est bientôt.
– Je sais.
– Et tu n’as rien prévu ?
– Non.
Je souris.
– Ça ne m’étonne pas.
Elle fronça les sourcils.
– Qu’est-ce que ça veut dire ?
– Rien.
Ses parents échangèrent un regard amusé. Sa mère prit la parole.
– De toute façon, cette année sera spéciale.
Daisy tourna la tête vers elle.
– Pourquoi ?
– Parce que tu vas avoir dix-huit ans.
Son père sourit.
– Et pour tes dix-huit ans, tu pourras demander ce que tu veux.
Les yeux de Daisy s’illuminèrent.
– Vraiment ?
– Vraiment.
– Tout ce que je veux ?
– Dans la limite du raisonnable, précisa son père.
Elle sourit.
– Alors je vais réfléchir.
Je la regardai quelques secondes. Elle avait l’air réellement heureuse. Et, sans comprendre pourquoi, je souris aussi. Je détournai rapidement les yeux. Depuis quelques minutes, je me surprenais à lui jeter de petits coups d’œil. Elle parlait avec ses parents, souriait parfois et semblait avoir complètement oublié l’incident de l’après-midi.
Moi, je n’arrivais pas à l’oublier. Je secouai légèrement la tête. Ridicule. C’était ridicule. Après le dîner, nous nous installâmes dans le salon. Comme lorsque nous étions enfants. Keron prit la télécommande et lança un film. Daisy s’installa dans un coin du canapé. Je pris place dans le fauteuil.
– Tu choisis toujours les films les plus nuls, dis-je à Keron.
– Alors choisis toi-même la prochaine fois.
– Je te laisse ce privilège.
– Merci.
Daisy ne disait rien. Elle regardait l’écran. Quelques minutes passèrent. Puis sa tête commença progressivement à tomber contre le dossier. Je la regardai.
– Elle dort ?
Keron tourna les yeux vers elle.
– Oui.
– Déjà ?
– Daisy s’endort toujours devant les films.
Je souris.
– Ça n’a pas changé.
Keron continua de regarder l’écran.
– Tu te souviens quand elle était petite ?
– Évidemment.
– Elle s’endormait toujours sur le canapé.
Je regardai Daisy.
– Et l’un de nous devait la porter jusqu’à sa chambre.
– Oui.
Un sourire apparut sur le visage de Keron.
– Cette fois, c’est toi.
Je le regardai.
– Pourquoi moi ?
– Parce que j’ai la flemme.
– Tu es son frère.
– Et toi, tu es son protecteur officiel.
Je ris.
– N’importe quoi.
– Allez.
Je me levai finalement. Je m’approchai de Daisy.
Elle dormait profondément. Je me penchai.
– Daisy.
Aucune réaction.
– Daisy, réveille-toi.
Elle bougea légèrement sans ouvrir les yeux. Je soupirai.
– Très bien.
Je passai un bras sous ses jambes et l’autre derrière son dos. Je la soulevai. Elle était plus lourde que dans mes souvenirs. Évidemment. Elle avait grandi. Je la portai dans le couloir. Sa tête reposait contre mon épaule. Je montai les escaliers lentement. Arrivé devant sa chambre, j’ouvris la porte. Je la déposai doucement sur son lit. Je tirai légèrement la couverture sur elle. Je restai quelques secondes debout à côté du lit. Et, malgré moi, mon regard se posa sur son visage endormi. Je repensai à l’après-midi. À la porte que j’avais ouverte. À ce que j’avais vu. Je fronçai les sourcils. Pourquoi ces images me revenaient-elles encore ? Je n’en savais rien. Je regardai Daisy.
– Tu es toujours aussi peureuse et fragile.
Elle ne bougea pas. Je souris. Puis, sans vraiment réfléchir, je me penchai et déposai un baiser rapide sur son front. Je me redressai aussitôt. Un rire silencieux me traversa. Si elle me voyait faire ça éveillée, elle aurait probablement vomi. Je remontai correctement la couverture sur elle. Puis je sortis de la chambre en refermant doucement la porte derrière moi.
Je redescendis rejoindre Keron.
À SUIVRE…………………..
CHAPITRE 20VOIX EXTERNE– Je veux demander ta sœur en mariage.Le silence qui suivit cette phrase sembla durer une éternité. Mason était toujours assis près du lit de Keron. Il avait parlé avec une assurance qu’il ne ressentait pourtant pas complètement. Parce que, pour la première fois depuis qu’il connaissait Daisy, il avait peur. Pas de la réponse de Daisy. Il savait ce qu’elle ressentait pour lui. Il avait peur de la réponse de son meilleur ami. Keron le regardait sans dire un mot. Mason attendit. Quelques secondes. Puis une minute. Toujours rien. Il finit par baisser légèrement les yeux.– Je sais que tu as besoin de temps pour répondre.Keron resta silencieux. Mason inspira profondément.– Et si tu refuses… je ne vais pas te mentir, ça me fera mal.Il releva les yeux vers lui.– Mais même si tu refuses, je ne laisserai pas Daisy.Keron fronça légèrement les sourcils.– Tu tiens autant à ma sœur ?Mason eut un petit sourire.– Plus que tu ne peux l’imaginer.Keron continua de le
CHAPITRE 19VOIX EXTERNEAprès avoir parlé à Keron, Mason était finalement rentré chez lui. La journée avait été longue. Entre l’hôpital, les cours, les inquiétudes et toutes les émotions qu’il avait dû contenir, il sentait son corps réclamer du repos. Pourtant, malgré la fatigue, une seule chose occupait encore son esprit. Keron. Il avait beau lui avoir dit qu’il serait là pour lui, Mason savait que les choses ne redeviendraient pas normales du jour au lendemain. Il fallait du temps. Beaucoup de temps. Lorsqu’il arriva chez lui, sa mère était dans le salon.– Tu es déjà rentré ?Mason lui adressa un sourire fatigué.– Oui.Sa mère le regarda quelques secondes avant de remarquer son air épuisé.– Tu as passé la journée à l’hôpital ?– Oui. Je suis resté avec Keron.Elle hocha doucement la tête.– Comment va-t-il ?– Il va mieux. Il est rentré chez lui.Sa mère soupira de soulagement.– C’est une bonne nouvelle.Mason acquiesça avant de monter dans sa chambre.Il prit une longue douche
CHAPITRE 18VOIX EXTERNEQuelques minutes seulement après l’accident, les secours arrivèrent sur les lieux. Les sirènes résonnaient dans la rue tandis que plusieurs secouristes se précipitaient vers le véhicule accidenté.– Monsieur, vous m’entendez ?Keron ouvrit difficilement les yeux. Il avait du mal à respirer correctement.– Ne bougez surtout pas.Un secouriste posa une main près de sa tête afin de maintenir son cou immobile. Un autre examina rapidement ses jambes.– Il a probablement plusieurs fractures.– On le sort doucement.Les portières furent ouvertes avec précaution. Keron grimaça de douleur lorsque les secouristes commencèrent à le déplacer. Il tenta de parler.– Ma… famille…– On va prévenir votre famille. Ne vous inquiétez pas.Quelques minutes plus tard, Keron fut placé dans l’ambulance. Les secours repartirent immédiatement vers l’hôpital. Pendant ce temps, les parents de Keron et Daisy étaient chez eux. Ils ne savaient encore rien. Jusqu’à ce que le téléphone du pèr
CHAPITRE 17VOIX EXTERNELe soir était déjà bien installé lorsque Mason arriva devant la maison des Lynn. Depuis quelques minutes, Daisy était assise dans le salon avec ses parents et Keron. Personne ne parlait vraiment.Daisy avait les mains posées sur ses genoux et jetait parfois un regard vers son frère. Keron, lui, était installé dans un fauteuil, les yeux rivés sur son téléphone. Il semblait complètement absorbé par son écran. Pourtant, Daisy savait qu’il n’était pas réellement concentré sur ce qu’il faisait. Depuis que leurs parents avaient annoncé qu’ils voulaient parler à Mason, l’atmosphère était devenue particulièrement lourde . Daisy savait que cette soirée allait changer beaucoup de choses. Elle ignorait seulement dans quel sens. Quelques minutes plus tard, on frappa à la porte. Le père de Daisy se leva.– Je vais ouvrir.Il traversa le salon et ouvrit. Mason se tenait devant la porte. Il avait l’air calme, mais son regard trahissait une certaine tension.– Bonsoir.– Bons
CHAPITRE 16VOIX EXTERNELe silence qui venait de tomber dans la chambre de Daisy était presque irréel. Keron se tenait devant la porte. Ses yeux étaient fixés sur Mason. Puis sur Daisy. Puis de nouveau sur Mason. Il venait de voir son meilleur ami embrasser sa petite sœur. La personne qu’il considérait comme son frère depuis leur enfance. L’homme à qui il avait confié les plus grandes choses de sa vie. Et sa petite sœur. Daisy sentit son cœur s’arrêter. Elle connaissait son frère.Elle savait exactement de quoi il était capable lorsqu’il était en colère. Sans réfléchir, elle se plaça immédiatement devant Mason, comme si son propre corps pouvait empêcher Keron de s’en prendre à lui.– Keron…Ce n’est pas ce que tu crois.Sa voix tremblait. Keron eut un rire froid.– La ferme.Daisy se figea.– Keron, laisse-moi t’expliquer…– Je t’ai très bien vue !Sa voix résonna dans la chambre. Mason fit un pas en avant.– Keron, laisse-moi t’expliquer.– LA FERME !Keron s’avança brusquement.Daisy
CHAPITRE 15VOIX EXTERNELa matinée passa rapidement. Daisy était assise dans sa salle de cours, concentrée sur les explications de son professeur. Elle prenait quelques notes, relevait parfois la tête pour regarder le tableau, puis replongeait dans son cahier. À quelques bâtiments de là, Mason suivait également son cours avec Keron. Pourtant, contrairement à Daisy, Mason avait beaucoup de mal à rester concentré. Depuis leur conversation de la veille, il avait cette sensation étrange de ne plus vouloir perdre une seule occasion de la voir.Il repensait à son sourire. À leur appel. À la façon dont elle avait ri lorsqu’il l’avait appelée Coccinelle.Il souriait parfois sans même s’en rendre compte. Keron, assis à côté de lui, finit par le remarquer.– Pourquoi tu souris tout seul ?Mason tourna la tête.– Je ne souris pas.– Si.– Concentre-toi sur le cours.Keron secoua la tête avec amusement.– Tu es bizarre ces derniers temps.Mason ne répondit pas. La sonnerie finit par retentir.Le







