LOGINJe perds totalement la notion du temps.
Les lignes de chiffres défilent sur mon écran, mais je ne les vois plus vraiment comme des données abstraites. Je vois une ville. Un quartier. Une implantation stratégique. Une succursale qui pourrait fonctionner. Qui doit fonctionner. Je retravaille encore une projection, ajuste un paramètre, modifie un détail logistique. Chaque décision est réfléchie. Calculée. Je veux que ce projet soit irréprochable. Parce que je n’ai pas le droit à l’erreur. Parce que Black Corp n’est pas une entreprise qui tolère l’approximation. Autour de moi, le bureau s’est calmé. Les conversations se sont éteintes. Léna tape encore sur son clavier devant moi, mais même elle semble ralentir. Je sens vaguement que l’heure avance, que quelque chose m’échappe… mais je l’ignore. Encore cinq minutes. Juste cinq. Puis, sans bruit, l’air change. Je ne l’entends pas arriver. Je le sens. Une présence dans mon dos. Trop proche. Trop dense pour être anodine. Mon corps réagit avant mon esprit. Mes épaules se tendent imperceptiblement, un frisson me traverse la colonne vertébrale. Puis sa voix tombe. Grave. Posée. Calme. — Je suppose que vous avez une excellente raison de me faire attendre, mademoiselle Layne. Mon cœur rate un battement. Monsieur Black. Je reste immobile une seconde de trop. Comme si bouger confirmait sa domination sur l’espace. Son dos est collé au mien. Pas franchement. Juste assez pour que je sente la chaleur de son corps à travers le tissu de mes vêtements. Ses mains se posent sur le bureau. De chaque côté de mon clavier. Il m’encercle sans me toucher directement. Je respire lentement avant de relever la tête. — Excusez-moi, Monsieur Black. J’étais absorbée par un dossier. Ma voix est plus calme que je ne l’aurais cru. Je m’en félicite intérieurement. Il ne répond pas tout de suite. Son regard est fixé sur mon écran. Je le sens analyser, décortiquer, comprendre très vite ce qu’il a sous les yeux. Il ne bouge toujours pas. Sa proximité est oppressante. Calculée. — Manifestement, dit-il enfin. Je serre légèrement les doigts contre mes cuisses. — C’est le projet de la future succursale, repris-je. J’ai revu l’implantation et optimisé les coûts de transport. Quinze pour cent de réduction sans impact sur la productivité. Un silence. Lourd. Je sens son souffle régulier derrière moi. Puis il se penche encore un peu plus, son torse frôlant mon dos. Mon corps se crispe malgré moi. Je déteste cette réaction. Je déteste qu’il ait cet effet. — Vous avez pris des initiatives sans validation, constate-t-il. Ce n’est pas un reproche. C’est un fait. — Oui, Monsieur Black. Mais tout est documenté. Et entièrement réversible. Il se redresse légèrement. Juste assez pour me laisser respirer. Juste assez pour que je comprenne qu’il contrôle aussi cette distance. — Tournez-vous. Mon estomac se noue. Je pivote lentement sur ma chaise pour lui faire face. Il est grand. Trop. Son regard bleu me transperce avec une froideur clinique. Aucun sourire. Aucune émotion lisible. — Vous étiez attendue en réunion il y a dix minutes, dit-il. — Je m’en rends compte maintenant. Je soutiens son regard. Pas par défi. Par nécessité. — Vous estimez que le travail justifie le retard ? Je redresse légèrement le menton. — J’estime que la qualité justifie l’investissement, Monsieur Black. Un battement de silence. Quelque chose passe dans son regard. Fugace. Insaisissable. — Nous jugerons cela ensemble. Il se détourne, s’éloigne d’un pas, puis ajoute sans se retourner : — Prenez votre dossier. Maintenant. Je me lève immédiatement. J’attrape mes documents, consciente du regard de Léna dans mon dos, même si elle ne dit rien. Avant de quitter mon espace, Monsieur Black se penche une dernière fois vers moi, suffisamment pour que sa voix ne soit audible que pour moi. — Ne me faites pas attendre une seconde fois. Puis il s’éloigne, déjà en mouvement vers la salle de réunion. Je reste figée une fraction de seconde. Ma peau brûle encore là où son corps était si proche. Mon cœur bat trop vite, et je déteste ne pas savoir pourquoi. Je prends une inspiration profonde. Puis je le suis. Parce que dans cet endroit, on ne fait pas attendre Monsieur BlackJe reste là, silencieuse, fascinée malgré moi. Mon souffle se coupe. Il relève la tête et nos regards se croisent. Ses yeux bleus s’adoucissent légèrement.— Tu es réveillée, dit-il simplement.— Oui… je… je croyais que tu étais parti, murmurai-je, la voix faible.Il s’approche, sa présence imposante me réchauffe. Son corps encore chaud diffuse une énergie presque électrique.— Je ne pars pas comme ça, bébé, me dit-il, un petit sourire qui fait battre mon cœur un peu plus vite.Le surnom m’électrise et me fait rougir. Je sens mes joues brûler, et pourtant, une chaleur rassurante m’envahit.— Tu as bien dormi ? demande-t-il, sa voix basse et posée.— Oui… très bien, souffle-je, incapable de décrocher mes yeux des siens.Il pose une main douce sur ma joue, un geste tendre et protecteur. Je me surprends à fermer les yeux et à apprécier le contact, comme si tout ce qui avait eu lieu hier soir me rattrapait maintenant, avec la sécurité de sa présence.Mon esprit bouillonne de questions, de
Le rythme s’intensifie, nos corps parfaitement accordés. Chaque souffle, chaque mouvement nous rapproche de notre point culminant. Un frisson puissant traverse tout mon être, mêlant désir et possession. Nous atteignons finalement ce point culminant ensemble, haletants, nos cœurs battant à l’unisson, suspendus dans cette intensité partagée.Point de vue de DamonJe sens la chaleur de son corps contre le mien, son souffle encore rapide, ses muscles tremblants sous mes mains. Son odeur, son goût, tout d’elle m’a consumé, m’a poussé au bord de mes propres limites. Quand nous atteignons ce point culminant, je ne peux pas m’empêcher de la serrer encore plus fort contre moi, comme si la laisser respirer librement serait la perdre.Ses bras s’accrochent à moi, son dos heurte ma poitrine, et je sens mon cœur battre furieusement. Serena… son nom résonne dans ma tête, et je réalise à quel point je me suis laissé emporter par elle, par ce jeu, par cette tens
Damon s’écarte légèrement et, d’un ton neutre mais ferme :— La salle de bain est à l’étage, deuxième porte à gauche au fond du couloir. Tu peux te laver, te rafraîchir.Je hoche la tête, les joues brûlantes, incapable de détacher mon regard de lui. Mes mains sont encore tremblantes après tout ce qui s’est passé.— Merci… murmurai-je, presque inaudible.Je pousse la porte, et l’air chaud et humide de la douche m’accueille. Chaque geste est mécanique, le corps encore secoué par nos précédents moments de tension. Mes pensées s’embrouillent, je revois ses yeux, la pression de ses mains, le souffle contre ma nuque… impossible de chasser ces images.La salle de bain est immense, une vaste douche à l’italienne où l’eau tombe en pluie fine depuis le plafond. La vapeur s’élève, embrume l’air et rend chaque mouvement plus sensuel, chaque geste plus chargé. Je sens Damon entrer derrière moi, et un frisson me parcourt instantanément. Sa présence seu
Les portes de l’ascenseur s’ouvrent dans un léger ding feutré. Je cligne des yeux. Puis je le vois. — Simba… ? Mon chat est là. Assis au milieu du palier, parfaitement calme, la queue enroulée autour de ses pattes, comme s’il m’attendait. Il relève la tête, me fixe de ses grands yeux, puis se lève tranquillement et miaule. Je reste figée. Mon cœur rate un battement. — Mais… qu’est-ce que…? Je me détache doucement de Damon et fais quelques pas, incrédule. Je m’accroupis devant Simba, mes mains tremblent quand je le touche pour vérifier qu’il est bien réel. Il ronronne immédiatement. — Qu’est-ce qu’il fait ici…? murmuré-je, encore sous le choc. Je me redresse lentement et me tourne vers Damon, complètement perplexe. Il me regarde, immobile, parfaitement maître de lui-même. Mais je vois cette lueur dans ses y
Point de vue de DamonJe n’ai pas cessé d’y penser depuis que nous avons quitté le parking.À elle.À ce qui s’est passé.À ce qui aurait pu ne jamais arriver… et qui pourtant est arrivé. Mon esprit est ailleurs. Pour la première fois depuis longtemps, une pensée parasite s’infiltre, persistante, presque dérangeante.Et si elle regrettait ?L’idée me tend. Pas de colère. Pas de contrôle. Quelque chose de plus inconfortable encore. Je renforce ma prise sur le volant, mes jointures deviennent blanche. Une incertitude que je n’ai pas l’habitude de tolérer.Je garde pourtant le visage fermé, la posture droite. Je ne laisse rien transparaître.L’immeuble apparaît enfin. Le penthouse domine la ville, silencieux, immuable. Un refuge que je contrôle.Je coupe le moteur.Je descends le premier, contourne la voiture et lui tends la main. Lorsqu’elle la prend, ses doigts sont légèrement froids. Ce détail
Je sens encore sa chaleur contre moi alors qu’il se retire légèrement. Ses mains attrapent ma jupe et la font glisser doucement sur mes jambes, puis remontent pour l’ajuster parfaitement. Chaque geste est précis, presque cérémonial, et je frissonne malgré moi. Il attrape ensuite mon chemisier, replace les épaules et referme les boutons un à un avec soin, ses mains effleurant ma peau à chaque mouvement. Je sens son corps contre le mien — encore nu — et chaque frôlement fait remonter un frisson incontrôlable. Sa présence est écrasante, impossible à ignorer. — Reste immobile, murmure-t-il, sa voix basse et profonde. Je le regarde, fascinée et troublée à la fois, tandis qu’il s’assure que tout est en place. Ses yeux bleus plongent dans les miens, brûlants, captivants, et je sens que l’attraction entre nous n’a fait que croître, même après ce que nous venons de partager. Lorsqu’il recule enfin, juste assez pour me laisser respir







