LOGINPoint de vue — Damon
La réunion commence avec dix minutes de retard. Pas à cause de moi. Je suis debout près de la baie vitrée de l’open space exécutif. D’ici, la ville s’étend sous les vitres sans cadre, impeccable, ordonnée. Trop lisse pour être honnête. Comme toujours. Derrière moi, les membres de la direction prennent place autour de la table vitrée. Peu de voix. Peu de gestes. Ils savent comment cela fonctionne ici. On attend. On observe. On ne parle pas pour meubler. La porte s’ouvre. Je n’ai pas besoin de me retourner pour savoir que c’est elle. Je l’ai perçue plus tôt dans l’open space : le changement de rythme, la retenue dans la démarche, cette façon très précise qu’elle a de reprendre le contrôle quand elle pense être observée. Je me tourne enfin. Mademoiselle Layne s’avance entre les postes de travail, dossier serré contre elle. Posture droite. Regard stable. Elle a effacé toute trace visible de tension, mais pas complètement. Il reste quelque chose. Un résidu. Une concentration plus aiguë. — Asseyez-vous, dis-je simplement. Elle obéit sans un mot. Pas d’excuse. Pas de justification. Je prends place en bout de table. — Nous allons commencer. Les chiffres défilent. Rapports, projections, indicateurs. Rien qui mérite plus qu’une attention partielle. Mon esprit reste accroché à un point précis. Elle. Quand vient son tour. — Mademoiselle Layne. Elle relève immédiatement les yeux vers moi. — Présentez-nous votre projet. Elle inspire, discrètement. Puis elle commence. Voix claire. Structurée. Elle ne récite pas. Elle maîtrise. Elle explique les choix, anticipe les objections, pose ses hypothèses sans s’excuser. Je l’interromps volontairement. — Ce coût logistique est optimiste. — Il est basé sur une mutualisation régionale, pas locale. Les partenaires sont déjà identifiés. Réponse immédiate. Stable. — Et si le marché fluctue ? — Les marges restent absorbables sur dix-huit mois sans impact sur la trésorerie. Un silence s’installe autour de la table. Je le laisse s’étirer. — Vous avez travaillé seule sur ce dossier ? — Oui, Monsieur Black. — Sans validation préalable. — Parce que je savais que vous attendriez des résultats. Pas des intentions. Quelques regards se détournent. D’autres se figent. Je m’adosse légèrement à mon siège. — Très bien. Nous en reparlerons. La réunion s’achève sans commentaire supplémentaire. Ils quittent la table rapidement. Elle aussi. Mais je note son pas. Plus assuré qu’à l’entrée. Quand l’open space retrouve son rythme, Silas s’approche. — Tu es exigeant, aujourd’hui. — Je suis constant. Il esquisse un sourire. — Elle est solide. — Je le sais. — Tu comptes faire quoi ? Je regarde l’espace où elle a disparu. ⸻ Une heure plus tard, je fais appeler Mademoiselle Layne. Depuis mon bureau vitré, je la vois traverser l’open space. Elle ne ralentit pas. Elle ne presse pas le pas. Elle s’arrête devant la porte, frappe une fois. — Entrez. Elle s’installe face à moi, droite, attentive. Je ne fais pas durer. — Votre projet sera lancé en test réel. Un battement de silence. — Budget validé. Équipe réduite. Délais serrés. Elle ne sourit pas. Son regard se précise. — Vous me placerez sous votre supervision directe, poursuit-elle calmement. Ce n’est pas une question. — Exact. — J’aurai besoin d’autonomie complète. Je la fixe un instant. — Accordée. Sa respiration se stabilise, imperceptiblement. — Vous rendrez compte uniquement à moi, nous allons travailler en étroite collaboration, j espère que cela ne vous sera pas désagréable. — Je m’y attendais. Je ferme le dossier posé devant moi. — Ne cherchez pas à me satisfaire, Mademoiselle Layne. Prouvez-moi que je ne me suis pas trompé. Elle se lève. — Je n’ai jamais travaillé autrement. Elle quitte mon bureau sans se retourner. Je reste seul, derrière la vitre. Mademoiselle Layne n’a pas cherché à me plaire, Elle éveil quelque chose en moi. Elle n’a pas peur de moi, elle a un certain caractère, c’est intriguant.Je reste là, silencieuse, fascinée malgré moi. Mon souffle se coupe. Il relève la tête et nos regards se croisent. Ses yeux bleus s’adoucissent légèrement.— Tu es réveillée, dit-il simplement.— Oui… je… je croyais que tu étais parti, murmurai-je, la voix faible.Il s’approche, sa présence imposante me réchauffe. Son corps encore chaud diffuse une énergie presque électrique.— Je ne pars pas comme ça, bébé, me dit-il, un petit sourire qui fait battre mon cœur un peu plus vite.Le surnom m’électrise et me fait rougir. Je sens mes joues brûler, et pourtant, une chaleur rassurante m’envahit.— Tu as bien dormi ? demande-t-il, sa voix basse et posée.— Oui… très bien, souffle-je, incapable de décrocher mes yeux des siens.Il pose une main douce sur ma joue, un geste tendre et protecteur. Je me surprends à fermer les yeux et à apprécier le contact, comme si tout ce qui avait eu lieu hier soir me rattrapait maintenant, avec la sécurité de sa présence.Mon esprit bouillonne de questions, de
Le rythme s’intensifie, nos corps parfaitement accordés. Chaque souffle, chaque mouvement nous rapproche de notre point culminant. Un frisson puissant traverse tout mon être, mêlant désir et possession. Nous atteignons finalement ce point culminant ensemble, haletants, nos cœurs battant à l’unisson, suspendus dans cette intensité partagée.Point de vue de DamonJe sens la chaleur de son corps contre le mien, son souffle encore rapide, ses muscles tremblants sous mes mains. Son odeur, son goût, tout d’elle m’a consumé, m’a poussé au bord de mes propres limites. Quand nous atteignons ce point culminant, je ne peux pas m’empêcher de la serrer encore plus fort contre moi, comme si la laisser respirer librement serait la perdre.Ses bras s’accrochent à moi, son dos heurte ma poitrine, et je sens mon cœur battre furieusement. Serena… son nom résonne dans ma tête, et je réalise à quel point je me suis laissé emporter par elle, par ce jeu, par cette tens
Damon s’écarte légèrement et, d’un ton neutre mais ferme :— La salle de bain est à l’étage, deuxième porte à gauche au fond du couloir. Tu peux te laver, te rafraîchir.Je hoche la tête, les joues brûlantes, incapable de détacher mon regard de lui. Mes mains sont encore tremblantes après tout ce qui s’est passé.— Merci… murmurai-je, presque inaudible.Je pousse la porte, et l’air chaud et humide de la douche m’accueille. Chaque geste est mécanique, le corps encore secoué par nos précédents moments de tension. Mes pensées s’embrouillent, je revois ses yeux, la pression de ses mains, le souffle contre ma nuque… impossible de chasser ces images.La salle de bain est immense, une vaste douche à l’italienne où l’eau tombe en pluie fine depuis le plafond. La vapeur s’élève, embrume l’air et rend chaque mouvement plus sensuel, chaque geste plus chargé. Je sens Damon entrer derrière moi, et un frisson me parcourt instantanément. Sa présence seu
Les portes de l’ascenseur s’ouvrent dans un léger ding feutré. Je cligne des yeux. Puis je le vois. — Simba… ? Mon chat est là. Assis au milieu du palier, parfaitement calme, la queue enroulée autour de ses pattes, comme s’il m’attendait. Il relève la tête, me fixe de ses grands yeux, puis se lève tranquillement et miaule. Je reste figée. Mon cœur rate un battement. — Mais… qu’est-ce que…? Je me détache doucement de Damon et fais quelques pas, incrédule. Je m’accroupis devant Simba, mes mains tremblent quand je le touche pour vérifier qu’il est bien réel. Il ronronne immédiatement. — Qu’est-ce qu’il fait ici…? murmuré-je, encore sous le choc. Je me redresse lentement et me tourne vers Damon, complètement perplexe. Il me regarde, immobile, parfaitement maître de lui-même. Mais je vois cette lueur dans ses y
Point de vue de DamonJe n’ai pas cessé d’y penser depuis que nous avons quitté le parking.À elle.À ce qui s’est passé.À ce qui aurait pu ne jamais arriver… et qui pourtant est arrivé. Mon esprit est ailleurs. Pour la première fois depuis longtemps, une pensée parasite s’infiltre, persistante, presque dérangeante.Et si elle regrettait ?L’idée me tend. Pas de colère. Pas de contrôle. Quelque chose de plus inconfortable encore. Je renforce ma prise sur le volant, mes jointures deviennent blanche. Une incertitude que je n’ai pas l’habitude de tolérer.Je garde pourtant le visage fermé, la posture droite. Je ne laisse rien transparaître.L’immeuble apparaît enfin. Le penthouse domine la ville, silencieux, immuable. Un refuge que je contrôle.Je coupe le moteur.Je descends le premier, contourne la voiture et lui tends la main. Lorsqu’elle la prend, ses doigts sont légèrement froids. Ce détail
Je sens encore sa chaleur contre moi alors qu’il se retire légèrement. Ses mains attrapent ma jupe et la font glisser doucement sur mes jambes, puis remontent pour l’ajuster parfaitement. Chaque geste est précis, presque cérémonial, et je frissonne malgré moi. Il attrape ensuite mon chemisier, replace les épaules et referme les boutons un à un avec soin, ses mains effleurant ma peau à chaque mouvement. Je sens son corps contre le mien — encore nu — et chaque frôlement fait remonter un frisson incontrôlable. Sa présence est écrasante, impossible à ignorer. — Reste immobile, murmure-t-il, sa voix basse et profonde. Je le regarde, fascinée et troublée à la fois, tandis qu’il s’assure que tout est en place. Ses yeux bleus plongent dans les miens, brûlants, captivants, et je sens que l’attraction entre nous n’a fait que croître, même après ce que nous venons de partager. Lorsqu’il recule enfin, juste assez pour me laisser respir







