LOGINLe scandale éclata un mardi matin.
Elara l'apprit par un appel de Moreau à sept heures, sa voix inhabituellement tendue, presque paniquée pour un homme qui gardait toujours son sang-froid. « Elara, vous devez voir ça immédiatement. »
Marcus retrouva Maëva dans le même café discret, cette fois avec une expression légèrement différente, moins de cette satisfaction tranquille des premières rencontres, davantage cette impatience qu'il maîtrisait mal quand les choses ne progressaient pas à son rythme.« Le planning que vous m'avez donné, » dit-il sans préambule, « c'était utile. Mais insuffisant. »Maëva sentit son estomac se nouer, cette peur qu'elle avait appris à contrôler devant lui mais qui ne la quittait jamais complètement. « Qu'est-ce que vous voulez de plus ? »« Les termes exa
Elara reçut un message de Darius en fin de matinée, quelques jours après le dîner tendu avec Chloé.J'ai une surprise pour toi ce soir. Sois prête à dix-sept heures.Elle sourit en lisant ces mots, sentant cette légèreté revenir après les tensions des derniers jours, entre les révélations sur Sarkand et la confrontation avec Chloé qui continuait de peser sur elle malgré ses efforts pour l'oublier.Elle arriva à l'appartement des hauteurs à l'heure dite, trouvant Darius déjà habillé, plus élégant que d'habitude, une nervosité inhabi
Le dîner eut lieu au manoir, dans la petite salle à manger qu'Elara avait choisie précisément pour son intimité, loin de la grandeur écrasante de la salle principale.Hortense avait préparé un festin simple mais généreux, et l'ambiance, dès les premières minutes, se révéla bien différente de tout ce qu'Elara avait connu avec cette famille depuis son arrivée au manoir. Dorian arriva le premier, portant une bouteille de vin qu'il avait choisie lui-même, fier de sa sélection. Sébastien suivit peu après avec Maëva à son bras, cette relation qui s'était visiblement épanouie ces dernières semaines. Julien arriva avec des dossiers sous le bras qu'Elara lui confisqua immédiate
Elara attendit trois jours avant d'en parler à Darius.Trois jours pendant lesquels elle avait retourné la question dans tous les sens, pesant le poids de cette information contre le danger de l'impliquer dans quelque chose qui touchait peut-être à des forces bien plus anciennes et bien plus dangereuses que Marcus. Mais elle avait fini par comprendre que le silence, dans ce cas précis, ne la protégeait pas, elle, ni lui.Elle lui raconta tout un soir, dans l'appartement des hauteurs, la photographie, l'inscription au dos, R.M., les menaces que son père avait reçues avant sa mort, le doute qu'Auguste avait toujours gardé sur la version officielle de cet accident.
Delacroix arriva au manoir à neuf heures précises, comme il le faisait toujours, avec cette ponctualité qui trahissait un homme habitué à respecter scrupuleusement ses engagements.Hortense le fit entrer dans le bureau d'Auguste où Elara l'attendait déjà, son café refroidissant devant elle, ayant à peine touché à son petit-déjeuner tant l'attente de cette conversation l'avait tenue éveillée une partie de la nuit.« Merci d'être venu, » dit-elle en le voyant entrer, refermant la porte derrière lui avec un soin particulier.« Je vous dois cette conversation depuis
Elara resta un long moment dans la bibliothèque, le carnet ouvert sur ses genoux, cette page manquante fixant un vide qu'elle ne parvenait pas à combler.Elle feuilleta le reste du carnet méthodiquement, cherchant d'autres mentions de Sarkand, de son père, de cette rupture mystérieuse. Elle trouva quelques passages qui parlaient de Julien avec une tendresse évidente, des souvenirs de conversations, de projets communs pour l'avenir du groupe. Mais rien qui n'expliquait directement ce qui s'était passé avec cette compagnie pétrolière.Elle referma le carnet et prit son téléphone.« Delacroix. J'ai besoin de vo







