LOGINTESSALe lundi matin a un goût particulier.Pas celui du renouveau, ni même celui de la reprise classique après un week-end trop court. Non. Celui d’un retour sur une scène où tout le monde connaît déjà une partie de l’histoire… sauf moi.Je sors de l’ascenseur, badge à la main, et je le vois tout de suite.Noah.Il est debout près de l’accueil, en train de parler avec quelqu’un du service administratif. Costume impeccable, posture droite, visage fermé. Il ne me regarde pas. Pas une seconde. Pas même ce regard furtif, presque réflexe, que nous avons eu pendant des semaines malgré la rupture.Il m’ignore. Vraiment.Et puis il y a cette pensée qui me traverse sans prévenir.Je le sais.Je sais qu’il vient à l’appartement quand je n’y suis pas.Je l’ai compris en retrouvant des choses déplacées. Subtiles. Presque invisibles. Une veste qui n’était pas là le matin et qui a disparu le soir. Une odeur de parfum différente, fugace, dans l’entrée. La salle de bain utilisée, sans qu’il reste vr
NOAHMon week-end commence mal et s’enfonce très vite.Vendredi soir, je reste à l’hôtel. Encore. Je pourrais rentrer à l’appartement, affronter le vide autrement, mais je n’en ai pas envie. Ici, au moins, le silence a une excuse. Il fait partie du décor. Je pose mes affaires, enlève ma veste, défais ma chemise sans allumer la lumière. J’ai l’impression d’être déjà en retard sur quelque chose, sans savoir quoi.Je me sers un verre.Je ne suis pas du genre à picoler sans raison. Je bois rarement seul, encore moins pour me donner une contenance. Mais ce soir, le verre descend trop vite. Je m’en resserre un autre, puis un troisième. Pas pour oublier. Pour ralentir. Pour faire taire ce brouhaha constant dans ma tête.Ça ne marche pas.Je pense à elle. Évidemment. À ce qu’elle fait. À qui elle voit. À cette facilité nouvelle qu’elle a à avancer sans moi. Je m’assieds sur le canapé, télé allumée sans le son, images qui défilent sans que je les regarde vraiment.Je me dis que c’est mieux com
TESSALe week-end arrive plus vite que je ne l’aurais cru.Vendredi soir, je ferme la porte de l’appartement derrière moi et le silence me frappe de plein fouet. Pas le silence apaisant d’un endroit calme, non. Celui qui résonne. Celui qui rappelle que personne ne m’attend, que personne ne va entrer derrière moi en posant ses clés sur la console.C’est mon premier week-end vraiment seule.Je dépose mon sac, enlève mes chaussures, fais quelques pas dans le salon sans but précis. Je me surprends à regarder l’heure, par réflexe, comme si quelque chose devait commencer. Puis je me rends compte que non. Rien ne commence. Rien ne se termine non plus.Je respire lentement.Je refuse de rester enfermée avec mes pensées.Alors j’appelle un ami. Pas pour parler de Noah. Pas pour analyser. Juste pour être entourée. Pour entendre des voix normales, des rires, des discussions qui n’ont rien à voir avec ce que je traverse.Nous nous retrouvons dans un bar que je connais bien. L’ambiance est simple,
NOAHJe comprends que j’ai perdu l’ascendant à un moment précis.Pas quand je les vois ensemble. Pas quand je la sens distante. Pas même quand elle m’ignore volontairement. Non. Je le comprends quand je réalise que tout ce que je fais n’a plus aucun effet réel sur elle.C’est en fin de journée, presque par hasard.Je sors de mon bureau pour aller chercher un document, et je la vois au bout du couloir. Elle parle avec Dario. Rien de déplacé. Rien d’ambigu. Juste deux personnes penchées sur un écran, concentrées sur quelque chose de concret. Du travail. Encore.Je ralentis sans m’en rendre compte.Elle rit doucement à quelque chose qu’il dit, puis reprend son sérieux aussitôt. Elle est à l’aise. Stable. Elle n’a pas ce regard hésitant que je lui connaissais quand elle cherchait encore à me comprendre, à s’adapter à mes silences.Et surtout… elle ne me voit pas.Ou plutôt : elle me voit, mais je ne compte pas.Elle continue sa conversation, ne modifie ni son ton ni sa posture. Je ne pro
TESSACe n’est pas la rupture qui me fait le plus mal.Je m’en rends compte un soir, en rangeant des papiers sans importance, des factures, des contrats, des choses que je laisse traîner quand je n’ai pas envie de penser. Je tombe sur un carnet ancien, glissé entre deux dossiers. Je l’ouvre machinalement. Ce n’est pas un journal. Juste quelques notes, des listes, des phrases écrites à la va-vite.Et tout remonte.La première fois.Je revois exactement où j’étais quand il m’a quittée la première fois. Le décor est différent, mais la sensation est la même. Ce vertige. Cette incompréhension. Cette impression que le sol se dérobe alors que je n’ai rien vu venir.À l’époque, j’avais cherché des raisons. Des excuses. Des circonstances atténuantes.Je m’étais dit qu’il avait paniqué. Qu’il avait peur de l’engagement. Qu’il avait besoin de recul. J’avais attendu. J’avais laissé de la place. J’avais même fini par me demander ce que moi j’avais mal fait.Quand il est revenu, j’ai accepté.Pas
NOAHJe commence à regretter la rupture à des moments absurdes.Pas quand je suis seul dans le silence, pas quand je repense clairement à elle, non. Ça arrive quand je fais des choses banales. Quand je ferme une porte trop fort. Quand je cherche un dossier que je sais exactement où il est. Quand je bois un café qui a le même goût que tous les autres.Des détails. Toujours les détails.Je suis dans mon appartement à l’hôtel, encore. J’ai pris l’habitude sans vraiment la choisir. Ici, personne ne me rappelle ce que j’ai perdu. Pas de trace de vie partagée, pas d’odeur familière, pas de présence diffuse dans les pièces. Tout est net, impersonnel, parfaitement sous contrôle.C’est ce que je voulais.Et pourtant, ce soir, ce contrôle m’écrase.Je fais les cent pas, téléphone en main, sans but précis. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai regardé l’écran noir sans l’allumer vraiment. Je sais qu’il n’y aura rien. Elle ne m’écrit pas. Elle ne me demande rien. Elle applique exactement c







