FAZER LOGINIl finit de me déshabiller. Je fais de même pour lui. Nos corps nus se retrouvent, se reconnaissent, se saluent.
Ses mains sur ma peau sont lentes. Attentives. Comme s'il apprenait encore, comme s'il réapprenait toujours.
— J'aime tes mains, d
Je sens les larmes monter. Je ne les retiens pas. Elles coulent sur mes joues, silencieuses.— Elle est belle, dis-je. Terriblement belle.— Oui, dit Léo. Terriblement belle.Eléna nous regarde. Ses yeux sont humides aussi.— Je voulais vous dire... que je suis désolée. Pour tout. Pour le mal que je vous ai fait. Pour être venue chez vous. Pour avoir failli tout briser.— On a tous notre part, dit Léo. Toi. Moi. Camille. On a tous fait des choix.
Je bouge plus vite. Nos souffles s'accélèrent. Nos regards dans le miroir ne se lâchent pas.— C'est ça, l'amour, dis-je. Pas l'absence de tentation. La force d'y résister.— Oui.— Pas l'absence de pensée pour les autres. Le choix de rester.— Oui.— Pas la perfection. La fidélité du choix.— Oui.L'orgasme monte. Je le sens dans mon ventre, dans mes cuisses, dans tout mon corps. Lui aussi, je le vois dans le miroir –
CamilleIl y a des aveux qui libèrent. Et d'autres qui pèsent.Ce soir-là, après le dîner, Léo est étrange. Distant. Préoccupé. Il tourne sa cuillère dans sa tasse de thé depuis dix minutes sans boire.— Qu'est-ce qu'il y a ? je demande.— Rien.— Léo.Il pose sa cuillère. Il me regarde. Ses yeux sont sombres, habités par quelque chose qu'il retient depuis trop longtemps.&m
Je continue mon mouvement. Régulier. Précis. Je connais son corps par cœur. Je sais exactement quand il est proche, quand il va basculer.— Qu'est-ce que tu imagines avec elle ?— Rien de précis. Des images floues. Son corps contre le mien. Sa bouche. Ses mains.— Tu bandes en pensant à elle ?— Parfois.Ma main s'arrête net. Juste avant l'orgasme. Il gémit de frustration.— Pourquoi tu t'arrêtes ?— Parce que c'est le jeu. La
CamilleJe ne l'ai pas vue venir.C'est un jeudi soir. Léo rentre du travail, pose sa veste, m'embrasse distraitement sur la joue. Rien d'anormal. Sauf que...Sauf qu'il y a quelque chose dans son regard. Une lueur que je ne connais pas. Ou plutôt que je connais trop bien pour l'avoir eue moi-même, il y a des mois, quand je rentrais de chez Eléna.— Bonne journée ? je demande.— Oui. Chargée. Le projet avance.— Avec qui tu travailles en ce moment ?
Il finit de me déshabiller. Je fais de même pour lui. Nos corps nus se retrouvent, se reconnaissent, se saluent.Ses mains sur ma peau sont lentes. Attentives. Comme s'il apprenait encore, comme s'il réapprenait toujours.— J'aime tes mains, dis-je.— J'aime ta peau.— J'aime tes yeux quand tu me regardes comme ça.— J'aime ta bouche quand tu souris.On se parle. On se dit des choses simples, des choses vraies. On ne cherche pas l'orgasme. On







