VincenzoJ’étais à des milliers de kilomètres de Naples, de mon soleil, et surtout, d’Ava. L’air de Moscou n’était pas seulement froid ; il était hostile. Un air tranchant, métallique, qui ne caressait pas mais pénétrait. Il s’insinuait sous le cachemire de mon manteau sur mesure, sous la soie de mon costume, comme un rappel de ma propre vulnérabilité, me dénudant jusqu’à l’os. C’était le froid du vide, de l’immensité glacée, et il m’offrait un contraste cruel avec la seule chaleur dont j’avais besoin : celle que je venais de quitter.Mon avion privé avait craché son ombre sur le tarmac quelques heures plus tôt. Maintenant, à l’intérieur du convoi blindé, les reflets des lampadaires russes glissaient sur la tôle, rapides et insaisissables, comme des ombres furtives. Dehors, la ville s’étirait, une succession de blocs de béton brutaliste et d’arbres squelettiques, dressant une prison de pierre et de glace.Matteo était à mes côtés, silencieux, une statue de vigilance. Son visage était
Last Updated : 2025-12-13 Read more