Elias La notaire s'appelle Fatoumata Diallo. Cinquante-trois ans, études de droit à Dakar, installation à Abidjan il y a vingt ans. Spécialiste des successions, des héritages, des testaments. Une prospérité bâtie sur le malheur des autres. Elle rédige des faux testaments en échange de pots-de-vin, spolie des veuves, déshérite des orphelins avec la complicité de juges corrompus. Chaque liasse de billets qu'elle empoche correspond à une famille brisée, à un enfant jeté à la rue, à une vieille femme privée de sa maison. Une vieille femme comme Mame Adja, peut-être. Je l'épie depuis deux semaines. Deux semaines à noter ses horaires, ses habitudes, ses vanités. Elle vit seule dans une villa de la Zone 4, une bâtisse coloniale rénovée avec goût, jardin de bougainvilliers, piscine à débordement. Elle conduit une BMW grise, toujours propre, toujours rutilante. Elle porte des tailleurs de chez le couturier du Plateau, des bijoux discrets mais réels. Et au poignet, une Jaeger-LeCoultre Re
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