Elias Marrakech est un piège à ciel ouvert. Je le comprends dès le premier soir, quand je manque de me faire égorger dans une ruelle de la médina. La ville est un dédale de passages voûtés, d'impasses obscures, de cours secrètes où bruissent des fontaines. Les murs sont en pisé rouge, épais comme des forteresses. Les toits sont plats, en terrasses, reliés par des passerelles branlantes. Un labyrinthe conçu pour perdre les envahisseurs, pour engloutir les étrangers, pour protéger ceux qui savent et dévorer ceux qui ignorent. Ma cible est un antiquaire du souk, un certain Hassan Belkacem, spécialiste des horloges anciennes. Un homme riche, corrompu, qui vend des mécanismes volés dans les palais et les riads, qui arnaque les touristes avec des copies chinoises, qui prête à des taux usuraires et ruine les artisans honnêtes. Je l'observe depuis trois jours, notant ses horaires, ses trajets, ses habitudes. Ce soir, je comptais frapper. Minuit, comme d'habitude. Le fil d'acier, la signa
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