TARALe jour se lève, gris et sale, derrière les persiennes closes de la chambre d’amis. Il s’infiltre en lames minces, coupantes, et vient se poser sur mes bras couverts d’hématomes. Des souvenirs en violet et en bleu. Des empreintes. Les siennes. Celles de l’étreinte, de la lutte, de la possession. Je les touche du bout des doigts. Une douleur sourde, familière.Je n’ai pas dormi. J’ai observé la lumière changer, du noir profond à ce gris délave. J’ai écouté les bruits de la maison. Ses pas lourds descendant vers la cuisine. Le chuintement de la machine à café. Puis plus rien. Un silence tendu à se briser.Mon corps est un étranger. Un territoire conquis et ravagé. Il y a une douleur entre mes cuisses, un rappel cuisant de la sauvagerie de la nuit. Mais il y a pire. Une chaleur résiduelle, une traîtrise des nerfs, une mémoire cellulaire du plaisir volé dans la violence. C’est cela qui me dégoûte le plus. Mon propre corps qui a capitulé, qui a répondu à la haine par un écho trouble.
Last Updated : 2026-02-05 Read more