ARIANELa fatigue finit par être plus forte que le tourment. Une torpeur lourde, épaisse comme du goudron, m’engloutit. Je me glisse sous les draps froids de notre lit , non, du lit , dos tourné au côté qui fut le sien. Le sommeil n’est pas un refuge, c’est un effondrement. Je sombre sans rêves, dans un néant bienvenu.Mon réveil n’est pas progressif. C’est une rupture violente.Un poids sur mes chevilles. Une pression serrée, mordante. Puis sur mes poignets. Ma conscience, encore engluée, se débat. Je tente de bouger, de me redresser. Impossible. Mes bras sont tirés au-dessus de ma tête, attachés aux barreaux en fer forgé de la tête de lit. Mes chevilles sont liées aux montants au pied.Je cligne des yeux dans la pénombre. La lueur de l’aube, bleutée et froide, filtre à travers les volets. Elle dessine une silhouette assise au bord du matelas.Auracio.Il n’a pas l’air fou. Il n’a pas l’air en colère. Il est d’un calme terrifiant, les épaules droites, les mains posées sur ses cuisses
Last Updated : 2026-01-15 Read more