ADRIELLa marche est lente, douloureuse, interminable. La meute se traîne plutôt qu'elle ne marche, les blessés soutenus par ceux qui tiennent encore debout. Je porte Alba, refusant toute aide, toute relève. Elle est ma charge, ma responsabilité, mon cœur entre mes mains.Ses parents marchent derrière moi, silencieux, épuisés, mais ils tiennent. Ils tiennent parce qu'elle est devant, parce que chaque pas les rapproche d'un endroit où elle pourra peut-être, enfin, ouvrir les yeux.La forêt morte cède la place à des bois plus vivants, puis à des collines, puis à une vallée que je connais par cœur. Le territoire de ma meute. Notre territoire. Notre maison.Et là, au creux de la vallée, protégée par des collines et des bois, notre ville.Pas une ville humaine. Une ville de loups. Une ville construite par nos ancêtres, agrandie par nos parents, entretenue par nous. Des maisons de pierre et de bois, des rues pavées, des jardins, des fontaines. Et au centre, dominant tout, la demeure de l'Al
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